
Fabrice Coffrini (AFP). « Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme Zeid Ra’ad Al Hussein lors d’une conférence de presse à Genève le 16 octobre 2014 »
Les représentants de 126 Etats, réunis mercredi en conférence à Genève, ont rappelé mercredi l’obligation de respecter le droit international humanitaire en Cisjordanie, y compris Jerusalem-Est, un message jugé biaisé par Israël.
La déclaration, adoptée par consensus, énonce les principes fondamentaux du droit international humanitaire que tous les membres signataires de la quatrième Convention de Genève doivent respecter en ce qui concerne la protection des personnes civiles en temps de guerre, souligne un communiqué de la Suisse, organisatrice de la Conférence.
La déclaration souligne que ces principes s’appliquent également aux acteurs non étatiques. « Les points avancés concernent particulièrement la force occupante et les éléments armés », a expliqué Paul Fivat, diplomate suisse et ambassadeur spécial pour les Conventions de Genève. « Les parties ne peuvent se prévaloir de ne pas respecter ces droits si l’autre partie ne le fait pas non plus (…) Il est illicite au regard du droit international de prendre des populations civiles en otage », a-t-il insisté devant les journalistes.
Israël, l’un des 196 signataires des Conventions, avait boycotté cette conférence, de même que les Etats-Unis. L’Etat hébreu a dénoncé « une manœuvre politique dont le seul but est (…) d’attaquer Israël » tandis que pour Washington, cette conférence risquait de « politiser les Conventions de Genève ».
« Que la réunion de cette conférence soit le résultat d’une pression arabe, d’une fausse interprétation des Conventions de Genève, du désir de faire pression sur Israël en cédant à un diktat politique ou pour tout autre motif, cela ne servira qu’à protéger davantage des groupes terroristes visant des civils et utilisant leurs propres civils comme boucliers humains », a réagi le gouvernement israélien dans un communiqué.
Plus tôt dans la journée, Ibrahim Khraishi, l’envoyé spécial de l’Autorité palestinienne, devenue membre des quatre Conventions de Genève en avril dernier, avait dit espérer « un message fort sur le respect du droit humanitaire ». « J’espère que cela sera utile de rappeler aux Israéliens leurs obligations de respecter les Conventions de Genève », avait-il ajouté avant avant d’assister à cette réunion à huis clos.Evan Vucci (Pool/AFP)

Evan Vucci (Pool/AFP). « US Secretary of State, John Kerry (L) meets with Israel Prime Minister Benjamin Netanyahu at Villa Taverna, on December 15, 2014 in Rome »
La Suisse, en sa qualité de dépositaire des Conventions de Genève, avait annoncé la semaine dernière la convocation de cette conférence, après avoir mené des consultations auprès des membres signataires, suite à une recommandation de l’Assemblée générale des Nations Unies formulée le 5 novembre 2009.
Interrompues depuis 2011, ces consultations avaient été reprises par la Suisse fin juillet dernier.
Reconnaissance de « l’Etat de Palestine » par le Parlement luxembourgeois
Les députés luxembourgeois ont voté mercredi deux motions visant la reconnaissance d’un « Etat palestinien ». Le Grand-Duché rejoint ainsi la France, la Grande-Bretagne et l’Irlande, dont les parlements ont pris des initiatives similaires.
Dans cette motion, les députés invitent le gouvernement à « reconnaître formellement l’Etat de Palestine dans les frontières de 1967 uniquement modifiées moyennant accord des deux parties, au moment qui sera jugé le plus opportun ».
Le texte demande aussi au gouvernement de « contribuer aux efforts de l’UE pour soutenir le processus de paix en vue d’une solution définitive et globale respectant les aspirations légitimes de paix, sécurité et prospérité pour les deux peuples ».
Résolution palestinienne à l’ONU
Par ailleurs, les Palestiniens s’apprêtent à soumettre mercredi au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution pour accélérer leur accession à un Etat indépendant, malgré le veto américain, annoncé mardi soir par John Kerry.

Saul Loeb (AFP/Archives). « Réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, le 24 septembre 2014 à New York »
Lors de plusieurs entretiens, les Palestiniens ont prévenu le secrétaire d’Etat américain qu’ils ne modifieraient pas le texte initial.
Le chef de la diplomatie américaine, qui a rencontré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou lundi, espérait alors encore dissuader les Palestiniens de déposer, via la Jordanie, leur projet de résolution devant les Nations-Unies réclamant la fin de la présence israélienne dans les Territoires dans un délai de deux ans.
Adhésion à la CPI
Toutefois, si les Etats-Unis font effectivement usage de leur veto, les Palestiniens demanderont aussitôt leur adhésion à une série d’organisations et de conventions internationales, parmi lesquelles la Cour pénale internationale, a répondu M. Erakat à M. Kerry, selon un haut responsable proche des discussions entre Palestiniens et M. Kerry.
Les Etats-Unis sont fermement opposés à ce que les Palestiniens rejoignent la Cour pénale internationale. Une telle adhésion leur permettrait de poursuivre Israël pour crimes de guerre.
De manière plus générale, Washington s’oppose aux initiatives unilatérales qu’on essaierait d’imposer à Israël sans passer par des discussions bilatérales.
Mais « nous en avons assez » des discussions bilatérales, a déclaré Mohammad Chtayyeh, proche du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
On ignore cependant quel texte les Palestiniens entendent soumettre au Conseil de sécurité.

Robin Utrecht (ANP/AFP/File). « A woman walks up to the offices of the International Criminal Court in the Hague on July 1, 2002 »
Les Palestiniens ont entamé leur démarche avec un texte en forme d’ultimatum réclamant « la fin de l’occupation israélienne » sous deux ans.
Consciente qu’une telle démarche allait au-devant d’un veto américain, la France a travaillé à un texte se voulant plus rassembleur.
« Nous avons fusionné » le texte initial et le texte français, a déclaré M. Chtayyeh. « Il n’y a qu’un seul texte. Nous avons accepté avec joie les modifications » apportées au cours de discussions avec les Français, a-t-il ajouté devant des journalistes près de Ramallah, en Cisjordanie.
M. Chtayyeh a indiqué que la France, qui préconisait un délai de deux ans pour la fin de nouvelles négociations (et non pas de « l’occupation israélienne ») avait procédé à des arrangements à la proposition palestinienne initiale, sans préciser lesquels.
Mais Washington n’est au fond pas intéressé par cette discussion, a-t-il ajouté. « Les Etats-Unis ne nous demandent pas d’apporter des modifications au texte. Les Etats-Unis disent: peut-être serait-il plus sage de votre part d’attendre après les élections israéliennes », a-t-il dit, faisant référence aux législatives anticipées du 17 mars qui décideront si le Premier ministre Benyamin Netanyahou est ou non reconduit.
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EN EFFET L’UNION EUROPEENNE EST ANTISEMITE DEPUIS TOUJOURS.
IL EST ETONNANT DE LE DECOUVRIR AUJOURD’HUI !