Eisenkot promet de former un gouvernement d’urgence

Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a officiellement reçu le mandat de former un gouvernement en Israël, lors d’une cérémonie à la résidence présidentielle avec le président Isaac Herzog. Cette désignation intervient après des consultations parlementaires où Eisenkot a obtenu le soutien majoritaire, avec 67 recommandations contre 46 pour le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu. Eisenkot dispose désormais de 28 jours, renouvelables de 14 jours, pour constituer une coalition viable.

Le contexte politique reste néanmoins complexe. Aucun bloc n’a obtenu la majorité absolue des 61 sièges au sein de la Knesset. Le bloc de Netanyahu détient 53 sièges, tandis que l’opposition en regroupe 48. Les partis arabes Ra’am et la Liste conjointe ont remporté un total record de 19 sièges, et ont recommandé Eisenkot sans pour autant s’engager formellement à rejoindre sa coalition.

Face à cette impasse, Eisenkot a appelé à la formation d’un « gouvernement d’urgence nationale », soulignant que la situation d’Israël est critique et proche d’un point de non-retour. Il a insisté sur la nécessité de mesures politiques « créatives et non conventionnelles » pour sortir de la crise. Le leader de Yashar a également évoqué un changement de posture, notamment en ouvrant la porte à des négociations avec les partis haredim (ultra-orthodoxes), alors que ceux-ci étaient auparavant exclus de ses alliances.

Cette évolution intervient alors que certains partis ultra-orthodoxes, historiquement alliés à Netanyahu, montrent des signes de tension avec lui. Le parti United Torah Judaism (UTJ), par exemple, s’est abstenu de recommander un candidat pour le poste de Premier ministre, un geste qui profite indirectement à Eisenkot.

Le président Herzog a souligné l’urgence d’établir un gouvernement stable, appelant à l’unité nationale et à la coopération entre les partis. Il a rappelé que, malgré la position dominante du Likud de Netanyahu en termes de sièges, la majorité des membres de la Knesset ont manifesté leur confiance en Eisenkot pour mener la prochaine coalition.

Si Eisenkot échoue à former un gouvernement dans le délai imparti, la loi israélienne prévoit que le président peut confier la tâche à un autre député, ou, en dernier recours, dissoudre la Knesset et organiser de nouvelles élections. Cette situation reflète la profonde division politique actuelle en Israël, avec des scénarios possibles allant d’une coalition d’unité nationale à un gouvernement minoritaire ou à un nouveau scrutin.

Dans ce contexte, Eisenkot a lancé un appel à tous les partis, y compris ceux du Likud et du Parti sioniste religieux, pour qu’ils rejoignent ses efforts sous les principes qu’il a définis, insistant sur la nécessité d’une gouvernance inclusive qui mette fin au sentiment d’exclusion ressenti par certains Israéliens. Le pays reste donc dans l’attente d’une résolution politique qui garantisse stabilité et sécurité dans une période jugée critique par ses dirigeants.

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