L’ancienne cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, inculpée pour « fraude »
Mogherini appellait à reconnaître la Palestine
Federica Mogherini, l’ancienne chef de la diplomatie européenne, qui plaidait pour un Etat palestinien indépendant se trouve inculpée pour « fraude ».
Après avoir été placés en garde à vue mardi 2 décembre, Federica Mogherini et deux autres hauts responsables européens ont été inculpés dans une affaire présumée de favoritisme, autour d’un appel d’offres remporté par le Collège d’Europe. Cette nouvelle affaire secoue le cœur de la diplomatie de l’UE.

« Des perquisitions ont été menées [mardi 2 décembre] au Service européen pour l’action extérieure (SEAE) à Bruxelles ainsi qu’au prestigieux Collège d’Europe à Bruges – l’équivalent de l’ENA pour les diplomates européens« , relève Le Point. Au terme de ce coup de filet de la police belge, trois personnes d’abord placées en garde à vue ont été inculpées ce mercredi, selon le Parquet européen, « un organe indépendant de l’UE chargé de lutter contre la fraude aux fonds de l’Union » [Le Soir].
Le Monde précise l’identité des trois protagonistes : « Federica Mogherini, l’actuelle rectrice du Collège d’Europe, à Bruges, qui a occupé le poste de cheffe de la diplomatie européenne et de vice-présidente de la Commission de 2014 à 2019 ; Stefano Sannino, l’ancien secrétaire général du SEAE, et un manageur du Collège d’Europe, un conseiller de la rectrice« .
Ces révélations touchant des acteurs haut placés secouent les institutions européennes. « La nouvelle a fait quinze fois le tour du rond-point Schuman à Bruxelles depuis ce mardi matin« , ironise Le Point. « Si elles s’avéraient fondées, ces allégations déclencheraient le plus grand scandale à avoir touché Bruxelles depuis la démission collective de la Commission Jacques Santer en 1999, suite à des accusations de mauvaise gestion financière« , affirme de son côté Politico.
De « forts soupçons » du Parquet européen
« L’enquête cible des soupçons de favoritisme et une possible concurrence déloyale dans l’attribution par le SEAE au prestigieux Collège d’Europe d’un programme de formation de neuf mois destiné aux futurs diplomates européens« , résume Le Soir. Actuellement dirigé par Federica Mogherini, cet établissement scolaire « fondé en 1949 à Bruges, a servi de centre de formation postuniversitaire à d’innombrables fonctionnaires et diplomates de l’UE« , rappelle The Guardian.
Les faits remontent à 2021. Le Collège d’Europe ou ses représentants sont alors soupçonnés « d’avoir eu connaissance préalable d’un appel d’offres public lancé par le SEAE pour accueillir [cette] nouvelle académie diplomatique de l’UE. L’appel d’offres, qui a été attribué au Collège d’Europe en 2022, était ouvert aux établissements d’enseignement supérieur de toute l’Europe« , précise Euractiv.
« Le timing interroge« , souligne Le Point. À la même période, « alors qu’il traverse des difficultés financières, le Collège d’Europe achète un immeuble à Bruges pour 3,2 millions d’euros. Peu après, le SEAE publie un appel d’offres pour héberger la nouvelle académie diplomatique de l’UE – et l’une des conditions pour candidater est justement de disposer d’un hébergement pour les stagiaires. Le collège remporte le marché et obtient 654 000 euros de financement européen« .
Dans son communiqué, le Parquet européen déclare « avoir de ‘forts soupçons’ quant au caractère équitable de l’appel d’offres lancé en 2021-2022. […] Si ces soupçons s’avéraient fondés, les faits pourraient constituer ‘une fraude dans le domaine des marchés publics, de la corruption, un conflit d’intérêts et une violation du secret professionnel’« .
« L’UE a eu du mal à se débarrasser d’une série de scandales de corruption depuis le début de cette décennie« , note Politico. Le média basé à Bruxelles souligne que la nouvelle affaire arrive peu de temps après le scandale du « Qatargate », « lorsque l’État du Golfe a été accusé de chercher à influencer les eurodéputés par le biais de pots-de-vin et de cadeaux« , ainsi que « l’enquête de corruption de cette année sur les activités de lobbying du géant chinois de la technologie Huawei en Europe« .
Plusieurs médias s’inquiètent des répercussions pour les institutions européennes et leur image. « Les perquisitions menées à l’aube au sein du service diplomatique de l’UE et du Collège d’Europe renforcent les craintes que la corruption ait atteint les plus hauts échelons de l’appareil de politique étrangère de l’Union« , indique par exemple Euractiv.
Pour Politico, cette nouvelle affaire « intervient alors que les partis eurosceptiques, populistes et d’extrême droite surfent sur une vague de mécontentement des électeurs et à un moment où l’UE fait pression sur les pays tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du bloc au sujet de leurs propres scandales de corruption« . Ironie du sort, les législateurs européens ont conclu hier soir « un accord sur la première loi européenne visant à lutter contre la corruption », relate le média dans un autre article.
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ELLE A ÉTÉ À BONNE ÉCOLE AVEC LES PALESTINIENS POUR FRAUDER ET DÉTOURNER . BELLE MENTALITÉ .