GAZA: DONALD TRUMP REÇOIT BENJAMIN NETANYAHOU À WASHINGTON POUR ÉVOQUER UN POSSIBLE CESSEZ-LE-FEU

Alors qu’il s’est montré particulièrement optimiste quant à la possibilité d’un cessez-le-feu à Gaza, Donald Trump reçoit ce lundi Benjamin Netanyahou à la Maison Blanche. L’occasion pour le président américain de capitaliser sur le succès de la guerre en Iran en ouvrant des pourparlers sur les conditions d’un éventuel accord de paix au Moyen-Orient.

Vers un ultime cycle de négociations ? S’il a déclaré vendredi dernier qu’il «pourrait y avoir un accord sur Gaza la semaine prochaine», Donald Trump reçoit dès ce lundi 7 juillet à Washington le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qui veut «déraciner» le Hamas et le président américain réclame un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Cette rencontre sera déterminante pour l’avenir du territoire palestinien et où il sera aussi question de l’Iran.

Il s’agit, de manière tout à fait inhabituelle, de la troisième rencontre à Washington en six mois entre le Premier ministre israélien et le président américain qui entretiennent une relation étroite.

Le dirigeant israélien sous pression au sein de son gouvernement de coalition, pourrait bien accepter de temporiser, tout en plaidant pour une sortie graduelle de la guerre, en parallèle avec un effort de normalisation avec des partenaires régionaux comme l’Arabie saoudite.

«UNE TRÊVE DE 60 JOURS»

Donald Trump a assuré qu’Israël avait accepté de finaliser les termes d’un cessez-le-feu. Selon une source palestinienne proche des discussions, la proposition «comprend une trêve de 60 jours» pendant laquelle le Hamas relâcherait la moitié des otages israéliens encore en vie en échange de la libération de prisonniers palestiniens détenus par Israël.

De son côté, l’organisation terroriste islamiste a annoncé vendredi soir être prêt à «engager immédiatement et sérieusement un cycle de négociations sur le mécanisme de mise en œuvre» d‘une proposition de trêve parrainée par Washington et transmise par la médiation du Qatar et de l’Égypte. Une position accueillie positivement par le président des Etats-Unis. «C’est bien. Nous devons en finir avec cela. Nous devons faire quelque chose pour Gaza», dévasté par près de 21 mois de guerre, a en effet affirmé Donald Trump.

Le Jihad islamique, principal mouvement palestinien allié du Hamas, a quant à lui soutenu le principe des négociations. Dans un communiqué, il a dit vouloir «aller vers un accord» tout en demandant des «garanties supplémentaires» permettant d’assurer qu’Israël «ne reprendra pas son agression» une fois les otages libérés.

Mettre fin à la guerre à Gaza

Alors que Netanyahou s’apprêtait à se rendre à la Maison Blanche, une équipe de négociation israélienne se rendait au Qatar pour des négociations de cessez-le-feu visant à restituer les 20 otages encore vivants et les 30 corps détenus par le Hamas à Gaza. Le Hamas continue de détenir des otages, et des centaines de ses membres armés continuent d’attaquer les soldats israéliens et les travailleurs humanitaires américains, tout en terrorisant leur propre population. Pourtant, ils ne constituent plus une force dirigeante. À ce stade, personne ne l’est.

La chaîne de commandement supérieure du Hamas a été dévastée, tout comme son commandement intermédiaire. Il n’existe plus de structure organisationnelle. Le Hamas n’est plus une force militaire. Et une grande partie de Gaza, piégée par le Hamas, a été rasée. Les Gazaouis, qui ont faussement revendiqué le statut de réfugié pendant des décennies, sont désormais contraints de mettre en pratique ce qu’ils prêchent. Israël est donc prêt à crier victoire.

Les États-Unis exercent une forte pression sur le Qatar pour qu’il pousse le Hamas à capituler, à libérer les otages et à mettre fin à la guerre. Celle-ci devrait se terminer en deux phases : un cessez-le-feu temporaire de 60 jours, au cours duquel dix otages vivants et dix-huit corps seront restitués à Israël, suivi d’un accord de cessation des hostilités.

Réinstallation des réfugiés de Gaza

Lors de leurs rencontres, Trump et Netanyahou aborderont les deux questions les plus pressantes qui planent sur la bande de Gaza d’après-guerre : qui gouvernera cette bande déchirée par la guerre ? Et un pays, où qu’il soit au monde, ouvrira-t-il ses frontières aux Gazaouis comme il le ferait aux réfugiés de n’importe quel autre pays ?

Lors de la première rencontre Trump-Netanyahou à la Maison Blanche en février, Trump a insisté sur le fait que les Gazaouis seraient relocalisés, éventuellement en Jordanie ou en Égypte. Si les deux pays se sont jusqu’à présent refusés à accueillir des Gazaouis, l’Amérique dispose d’un important levier économique sur ces deux pays. D’autres pays, dont la Libye, ont été évoqués comme lieux d’accueil possibles pour les Gazaouis prêts à quitter la bande de Gaza. Tout porte à croire que près de la moitié des Gazaouis seraient disposés à reconsidérer leur relocalisation si une option se présentait.

Relancer les accords d’Abraham

Trump et Netanyahou s’efforceront également de créer les incitations et les formules nécessaires à la conclusion d’accords de normalisation avec les voisins d’Israël et les pays à majorité musulmane du monde entier. Le fleuron de cette démarche serait un accord de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite.

Nombreux sont ceux qui ont suggéré qu’avec l’Iran désormais affaibli et hors jeu, l’Arabie saoudite n’avait plus besoin d’une relation sécuritaire avec Israël. Or, c’est tout le contraire. Israël s’est désormais imposé comme la superpuissance régionale et le garant militaire. Ce faisant, il a gagné le respect des nations de la région.

Et si l’Amérique a participé à la grève, la politique intérieure peut évoluer rapidement dans une démocratie qui organise des élections tous les quatre ans. Si Trump s’est révélé être une force constructive et un symbole de la puissance américaine, rien ne garantit que les futurs présidents en feront autant.

L’aile progressiste du Parti démocrate et l’aile isolationniste du Parti républicain pourraient toutes deux accéder au pouvoir dans les années à venir. Si tel est le cas, les pays du Moyen-Orient ne pourront pas compter sur l’aide économique et militaire des États-Unis. Si les États-Unis ne se mobilisent pas pour protéger les intérêts d’une région instable, les alliances régionales avec Israël pourraient s’avérer très efficaces.

Des pays comme l’Arabie saoudite ont pu constater qu’Israël est capable d’agir pour protéger ses intérêts en matière de sécurité, même au péril de sa vie.

La normalisation avec l’Arabie saoudite a été ouvertement évoquée avant le 7 octobre. De fait, le Hamas et l’Iran ont tous deux reconnu que les atrocités commises ce jour-là avaient été commises au moins en partie pour empêcher un tel accord. Le plus grand dénouement de cette guerre acharnée de près de deux ans sera la concrétisation de la normalisation que les acteurs malveillants de la région ont tenté de saboter.

Liban et Syrie : des ennemis devenus alliés ?

De plus, la guerre a créé des opportunités de normalisation qui semblaient impossibles avant le 7 octobre. Lorsque le Hezbollah était militairement retranché au Sud-Liban et qu’Assad dirigeait la Syrie – tous deux soutenus par l’Iran – il semblait impossible que l’un ou l’autre pays soit disposé à se réconcilier avec Israël.

Mais l’Iran n’est plus aujourd’hui un intermédiaire puissant. Le Hezbollah a été considérablement affaibli, au point de ne pas avoir tiré une seule roquette durant les douze jours d’opération militaire israélienne contre l’Iran. Assad a été destitué de son poste de président et s’est exilé à Moscou. La Syrie et le Liban pourraient désormais offrir à Israël des perspectives de normalisation.

D’autres pays à majorité musulmane, du Moyen-Orient à l’Asie du Sud-Est, pourraient également être candidats à la normalisation.

La vision économique du corridor IMEC

En travaillant main dans la main avec Netanyahou, Trump tentera de créer les conditions nécessaires pour que des nations qui n’auraient jamais pensé pouvoir reconnaître Israël signent des accords de normalisation.

De tels accords pourraient également offrir des avantages économiques considérables. Afin de contrer la domination commerciale de la Chine, Trump cherche à établir une alternative à l’initiative chinoise « la Ceinture et la Route ». Il œuvre à la promotion du corridor Inde-Moyen-Orient (IMEC), qui établirait une route commerciale alternative reliant l’Extrême-Orient à l’Europe. L’Arabie saoudite et Israël sont des plaques tournantes clés le long de cette route.

Établir une alternative viable à la Chine nécessite de contourner les points d’étranglement critiques, dont le canal de Suez. Cela exige également la stabilité régionale au Moyen-Orient. Cette stabilité régionale exige de vaincre les terroristes et de promouvoir la normalisation avec les acteurs modérés.

Aider Israël donne la priorité à l’Amérique

Netanyahou et Trump devraient discuter de leurs relations économiques bilatérales. Lors de sa dernière visite en Israël, les droits de douane étaient au cœur des discussions. Un programme d’aide militaire devrait également être évoqué.

Les partisans de l’Amérique d’abord n’ont guère compris comment l’aide à Israël et la défaite de l’Iran pourraient contribuer à établir la domination américaine dans une guerre commerciale avec la Chine. Pour Trump, la vision économique est au cœur de son programme politique. La vision de Netanyahou pour un nouveau Moyen-Orient l’aidera à la concrétiser.

Aider Israël a peut-être été bénéfique pour le président américain. Immédiatement après avoir bombardé Fordow, Trump a fait adopter son « Big, Beautiful Bill » par une seule voix au Sénat. L’aide de Trump a sans aucun doute été bénéfique pour Israël, et particulièrement pour Netanyahou.

En revanche, lorsque Trump et Netanyahou ont présenté le soi-disant « accord du siècle » qui aurait offert aux Palestiniens une voie vers un État sur de vastes étendues de Judée et de Samarie, et ont ensuite manqué à leurs promesses d’appliquer la souveraineté israélienne dans la vallée du Jourdain, Trump et Netanyahou se sont tous deux retrouvés temporairement hors de leurs fonctions.

La réunion de lundi devrait contribuer à renforcer et à enhardir les deux dirigeants et à rapprocher la nouvelle vision Netanyahu-Trump du Moyen-Orient de la réalité.

Source: CNEWS et jns

Le président américain Donald Trump salue le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 7 avril 2025. Photo de Daniel Torok/Maison Blanche.

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