Le nouveau mandataire de l’Iran: le Soudan

par Peter Hoekstra

L’Iran, qui vient de voir ses deux principaux mandataires, le Hamas et le Hezbollah, sérieusement affaiblis, semble vouloir se doter d’un nouveau mandataire, « prix de consolation », pour l’utiliser comme base d’opérations supplémentaire : le Soudan.

La stratégie de l’Iran consistant à soutenir et à infiltrer d’autres pays et groupes terroristes – comme elle l’a fait en Irak, en Syrie, à Gaza, au Liban, au Venezuela et au Yémen – apparaît comme une nouvelle extension de sa stratégie consistant à s’implanter dans des territoires aux gouvernements faibles ou instables pour étendre son influence dans tout le Moyen-Orient, créer de nouveaux fronts pour sa campagne visant à détruire Israël et à faire tomber l’ordre mondial dirigé par l’Occident.

Un port majeur et une tête de pont au Soudan permettraient à l’Iran d’atteindre deux de ses objectifs : continuer à encercler Israël dans un « anneau de feu » en ouvrant un autre front à partir duquel attaquer la petite nation juive depuis le sud-ouest, et contrôler davantage toute la navigation internationale dans la mer Rouge.

Les forces armées soudanaises, dirigées par [le général soudanais Abdel Fattah] Al-Burhan… bien qu’invitées [aux négociations de paix], n’étaient pas représentées. « Nous n’irons pas à Genève », avait alors déclaré Al-Burhan aux journalistes à Port Soudan ; « nous nous battrons pendant 100 ans. »

Al-Burhan s’est pourtant rendu récemment à l’ONU pour demander des pourparlers. Pourquoi n’a-t-il pas respecté l’offre des États-Unis et de la communauté internationale lorsqu’ils lui en ont donné l’occasion à Genève ? Cet incident pourrait-il être le signe d’un manque de franchise ?

Mais la menace ne s’arrête pas à Israël : la cible ultime de l’Iran est clairement les États-Unis. « Mort à Israël » et « Mort à l’Amérique » sont les aspirations que prône le régime iranien depuis que l’ayatollah Ruhollah Khomeini a renversé le Shah par la révolution islamique de 1979. [1]

Affirmant ouvertement son ambition de dominer le Moyen-Orient – ​​et de chasser les forces américaines de la région, sans doute pour faciliter cette tâche – l’Iran cherche depuis 40 ans, par la force et l’intimidation, à dominer ses voisins du Moyen-Orient, non seulement Israël, mais aussi l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Les milices et les mandataires de l’Iran ont également ouvert le feu sur les installations américaines dans la région, plus de 160 fois au cours de la seule année dernière, sans pratiquement aucune réponse de la part des États-Unis. L’Iran a également étendu son influence en Afrique, notamment grâce à la collaboration croissante de deux puissants alliés : la Chine et la Russie.

L’influence de l’Iran ne se limite pas à une région particulière. L’Iran a par exemple « exporté la révolution » vers l’hémisphère occidental, et notamment, comme nous l’avons déjà dit, vers le Venezuela, base idéale pour harceler le  surtout lorsque l’Iran disposera d’armes nucléaires, dont il semblerait qu’elles soient sur le point d’être « rendues publiques ».

Cette nouvelle tentative d’accaparement de territoires par l’Iran, en collaboration avec la Russie et la Chine, constitue une nouvelle menace sérieuse pour la sécurité non seulement d’Israël, mais aussi de toute la région et des États-Unis. Il faut espérer que le gouvernement américain, et quel que soit le vainqueur des élections de novembre, accordera une attention urgente à ce nouveau point chaud.

Peter Hoekstra est membre éminent du Gatestone Institute. Il a été ambassadeur des États-Unis aux Pays-Bas sous l’administration Trump. 

JForum.fr avec www.gatestoneinstitute.org

[1] 11 février 1979 (selon Dilip Hiro dans The Longest War p.32) p.108 d’ extraits de discours et messages de l’imam Khomeini sur l’unité des musulmans.

Sur la photo : Al-Burhan arrive pour prendre la parole à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 26 septembre 2024. (Photo de Leonardo Munoz/AFP via Getty Images)

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1 Commentaire
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Asher Cohen

Hier, j’ai écrit sur Jforum, au sujet du bombardement du port d’Hodeida au Yémen, à 1800 km d’Israël, que je ne croyais pas au ravitaillement en plein vol, des avions de combat sur une aussi longue distance, et donc que je suspectais une escale, probablement en Arabie Saoudite, sous entendant l’accord des autorités locales.

Ce matin, le Times of Israël s’empresse de publier une vidéo de Tsahal, montrant le ravitaillement d’un F35 par un Boeing 707. Je ne sais pas si c’est la vérité pour le bombardement d’Hodeida, mais manifestement Israël a besoin de faire croire qu’il a la capacité à bombarder l’iran, sans escale, comme il vient de montrer, par l’élimination de nasrallah, qu’il a la capacité à détruire les bunkers souterrains par des tonnes de bombes perforantes.

Même s’il n’y aurait pas eu d’escale, l’Arabie Saoudite a au moins permis le survol de son espace aérien par les avions israéliens de combat.

Dans tous les cas, je maintiens que la présence d’un porte-avions israélien, dans le Golfe Persique face à l’iran, en Mer Rouge face au Yémen, et même en Méditerranée face à la Turquie ou l’Égypte, avec 40 avions de combat sur la plateforme, et une escadre de navires équipés de lanceurs de missiles à longue portée, porteurs de charges conventionnelles ou nucléaires, serait extrêmement dissuasif pour tous ceux qui menacent Israël a distance.

L’on m’a objecté les 10 à 15 milliards de dollars du coût du porte-avions. Je crois donc utile de rappeler que déjà un an de guerre à gaza à coûté plus de 50 milliards de dollars, soit plus de 10% du PIB annuel d’Israël, avec leurs conséquences sur l’économie du pays et la dégradation de la note de confiance notamment. Avec ces 50 milliards de dollars, probablement dépensés en pure perte, Israël aurait eu largement de quoi construire, non pas un mais trois porte-avions. et ce alors qu’il n’en a même-pas un seul! Avec un porte-avions, l’indépendance d’Israël augmente, puisqu’il n’a même plus à mendier le survol d’espaces aériens de pays voisins pas toujours amicaux.

Je ne fais que répéter que déjà un an de guerre à gaza, pour des motifs évidents de sécurité, coûte très cher à Israël du fait de la nullité de l’armée de terre, et qu’il est impératif de tirer la chasse d’eau dans l’armée et mettre des gens responsables conscients des conséquences de leurs décisions et actions militaires pour Israël en entier.