Éoliennes dans un champ de blé, Mesnil-Raoul, juillet 2020.©Robin Letellier/SIPA Numéro de reportage :00974101_000030
Quand Aquilon en appelle à Jupiter
La covid n’est pas seule à donner la fièvre
Fallait-il qu’ils soient fébriles, pour que certains des grands magnats de l’éolien national, appuyés par des responsables politiques régionaux, en appellent d’urgence au président de la République, surtout dans la période actuelle, toute tournée vers d’autres urgences ?
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Dans une lettre ouverte, ils lui demandent son appui, pour sauvegarder un business florissant, qu’ils jugent en péril. En vérité, ils craignent bien peu, car se réclamant d’une légitimité écologique, inscrite dans l’officielle Programmation Pluriannuelle de l’énergie (2019-2028). Le texte prévoit qu’à l’échéance, 40% de l’électricité sera produite par des sources renouvelables (dont l’hydraulique). Une Bible que la Ministre en charge convoque à chaque occasion et qui ne stipule pas moins qu’un triplement des capacités éoliennes sur la période.
Mais ces opérateurs industriels, en réalité des hommes d’affaires, ne peuvent tolérer qu’un tel boulevard (tracé façon Haussmann, par nos gouvernants) soit encombré de chicanes, les barricades n’étant pas encore à l’ordre du jour.
Nos promoteurs et défenseurs de la cause du vent, s’inquiètent en effet de la multiplication des recours des riverains, auxquels on a pourtant coupé les ailes, en limitant drastiquement les possibilités de contestation, mais qui parviennent néanmoins à freiner (pouvant rarement s’opposer, in fine), la profitable dynamique économico-financière.
Ces entraves insupporteraient des pionniers audacieux qui prétendent avoir pris force risques au service d’une grande cause, au point d’appeler Jupiter à la rescousse.
Ils affichent d’emblée que les protestations qui iraient à l’encontre d’un consensus national, sont forcément illégitimes, surtout mises en regard de la maîtrise d’enjeux planétaires, dans laquelle le développement de l’éolien, en France, serait partie prenante ; rien de mieux pour convaincre que d’élever ainsi le débat !
Un vent mauvais (1) s’est-il levé ?
Malgré une présentation des projets éoliens les parant de tous les avantages, dont la redynamisation économique du tissu rural (un argument qui en effet, laisse pantois) et qui prétend que toute difficulté est soluble dans une discussion apaisée, une contestation foncière s’est en effet instaurée dans le pays.
Elle tente de faire pièce à l’envahissement de nos contrées par des forêts de mats éoliens, de plus en plus démesurés, car devant aller chercher, toujours plus haut, le souffle sporadique et souvent poussif d’Aquilon.
Ainsi, cette fuite en hauteur permet-elle de déclarer « venteuses », des régions qui ne le sont guère et d’étendre encore, voire de généraliser, les implantations. Il n’est que de parcourir le pays (même si c’est moins facile ces derniers temps…) pour le constater et pour s’en désoler, plus un lieu n’est à l’abri, plaines et crêtes sont également frappées.
Dans leur supplique, les acteurs de ce déploiement (et leurs influents soutiens politiques) feignent de s’étonner qu’ici et là, partout en réalité, des fourches se lèvent. Certains que les arguments chevauchés balaieraient tous les obstacles, les uhlans des moulins, n’avaient pas auguré que le bon peuple serait un peu plus défiant et irait regarder derrière le paravent…
En particulier, alors qu’est mise en exergue la problématique des déchets nucléaires, bien qu’une solution pérenne existe, à laquelle on ne sait opposer que des arguments irrationnels et surtout des principes, s’inquiète-t-on suffisamment du réel impact écologique de ces technologies, dites vertes ? Lire la suite
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