Il est temps pour Benny Gantz de dévoiler son jeu
Personne n’a aucune idée des positions politiques de l’ancien chef de Tsahal, mais il est clair que ceux qui lui donneraient 16 sièges à la Knesset sont impatients d’entendre ce qu’il a à dire, et rester sur le seuil ne peut fonctionner que jusqu’à un certain point.
Un nouveau sondage publié cette semaine en Israël montre très clairement que la politique intérieure est plus fluide qu’elle n’y paraît. En effet, si des élections étaient organisées aujourd’hui, un parti jusqu’alors inconnu, dirigé par l’ancien chef de Tsahal, Benny Gantz, obtiendrait 16 sièges à la Knesset, ce qui en ferait la deuxième plus grande entité politique du parlement.
Mais nous ne savons toujours pas où se situe Gantz. A ce jour, il n’a encore exprimé aucune position. Est-il en faveur de la solution à deux États? Qu’en est-il des concessions offertes (ou pas) aux Palestiniens? Quelle serait sa politique vis-à-vis de Gaza? Est-il pour ou contre l’expansion des implantations? Et que dire de la séparation unilatérale à l’égard des Palestiniens, tout en maintenant le contrôle sur la sécurité, comme suggéré par nombre de ses amis du mouvement « Commandants pour la sécurité d’Israël« ? Quelle serait sa politique socio-économique? À l’heure actuelle, nous n’en avons aucune idée.
Est-il même en train de concourir ou laisse t-il les autres s’essouffler? Il a les lèvres serrées, mais les signes (rumeurs de réunions de haut niveau, commentaires vagues à l’étranger, par exemple) laissent clairement présager une probable entrée en scène.
Les centristes sont l’avenir, comme en témoigne la remontée du chef de file de Yesh Atid, Yair Lapid, dans les sondages, à mesure qu’il se rapproche du centre. En effet, tant la gauche que la droite comportent des centristes à la recherche d’un foyer politique. La gauche a connu une scission ces dernières années, entre le centre et ceux d’une tendance plus idéologique, et – plus important encore – un tiers des électeurs du Likoud ne soutiennent pas les positions de la plupart des députés du parti, alors qu’ils se tendent progressivement un peu plus vers le droite.
Ce tiers d’électeurs est la clé du changement politique en Israël. La gauche sioniste n’a absolument pas réussi à les attirer et c’est l’une des principales raisons pour lesquelles les électeurs les abandonnent au profit du Likoud. Ce n’est pas par amour du chef du Likoud, Benjamin Netanyahu, c’est un refuge, pour le moins qu’on puisse dire, des défenseurs sionistes contre ceux qui font campagne contre Israël.
Netanyahu aobteint de nets succès sur la scène internationale à son actif, mais perd le soutien des Juifs américains. Sur le front palestinien, tant au sud qu’à l’est, le gel diplomatique n’améliore pas la situation d’Israël sur la scène mondiale. Les partisans de l’expansion des implantations montrent que Netanyahu est sensible aux pressions, ce qui dément son image de dur à cuire. Cette malléabilité ne lui permettra pas de gagner beaucoup de sympathie chez de cette partie significative des électeurs du Likoud, et la flambée attendue du coût de la vie (apparition soudain de « Gilets Jaunes » israéliens) ne fait qu’alimenter le feu de la déception à l’égard du Premier ministre.
Ces circonstances créent une opportunité de changement. Et bien que nous n’ayons pas entendu un mot de la bouche de Gantz, il est clair que ceux qui voudraient lui donner 16 sièges à la Knesset sont impatients d’entendre ce qu’il a à dire. Ils attendent des vents de changement. Ils veulent une pensée originale et l’homme dont la forme stoïque imposante a conduit l’armée israélienne à travers la guerre et la paix pourrait livrer cette marchandise aussi précieuse que rare. Lorsque Gantz ouvrira enfin la bouche, il est prudent de présumer que certains de ses partisans l’abandonneront au moment de déposer le bulletin dans l’urne (puisqu’il agrège les déçus du Likoud), mais s’il se comporte correctement, d’autres se rangeront à ses côtés.
Le centre politique risque fort de décider des élections de 2019 ; il peut y avoir beaucoup de critiques, mais c’est l’endroit le plus important de la carte politique.
Il y a une répartition normale des opinions en Israël — un peu en marge, beaucoup plus à droite et à gauche, et encore plus au sein du bloc du centre, qui compte des électeurs des deux côtés. Après tout, l’écart entre le Likoud et le parti travailliste concerne un public disposé à faire des compromis tant qu’il mène à la paix. Il y en a une majorité qui en a assez de se soumettre aux exigences des ultra-orthodoxes. Il y a une majorité qui cherche des allocations budgétaires équitables à travers toute la société. Une majorité veut une répartition égale de la charge du service national. Mais grâce à notre système de coalition, nous obtenons une minorité dominante au lieu d’une véritable démocratie. Et on en a marre.
Gantz a-t-il un moyen d’échapper au piège de la victoire de la minorité radicale et de la perte de la majorité saine? Apporte-t-il de nouvelles idées qui diffèrent de celles de Yair Lapid ou d’Avi Gabbay de l’Union sioniste?
La liste de ceux qui le soutiennent annonce-t-elle un changement? Le public n’en a pas le moindre indice. Le soutien que Gantz reçoit dans les sondages est une forme de crédit (chèque en blanc?), et il a eu la possibilité de présenter son plan.
S’asseoir en bordure de la piste ne peut fonctionner que jusqu’à un certain point et nous avons atteint ce point. Maintenant, il est temps de présenter quelque chose d’organisé. Seize sièges représentent beaucoup d’Israéliens et ils ont le droit de chercher des réponses claires à leurs questions fondamentales.
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On a demandé à un égoïste la définition de l’égoïsme.
Il repondit » l’égoïste, c’est celui qui ne pense pas à moi. »
La démocratie est une notion grecque qui gommait la presence de Dieu, et qui institua la république.
Le public roi.
Mais on a vu que les puissants jouent avec le peuple, et finalement s’arrogent le pouvoir, _par ego et/ou profit_et cette notion est à ranger dans les utopies mort-nées, affranchies de l’en-Haut, comme celles rebootées par le Déluge, ou remixées par la confusion des langages, à Babel.
La Cause première n’est point expulsable.
Tout cela n’est pas très sérieux
Un général qui dit aux électeurs: »Je vous ai compris », cela me rappelle quelqu’un.