Le programme spatial israélien regroupe l’ensemble des activités spatiales civiles ou militaires d’Israël.
Il est le résultat de travaux de recherche et de développement de haut niveau dans le domaine militaire et industriel dans les années 1980 qui ont permis avec un budget modeste de devenir en 1988 la huitième nation à placer en orbite un satellite à l’aide d’un lanceur national.
À la suite du Traité de paix israélo-égyptien de 1979, les avions israéliens n’ont plus la possibilité de survoler le Sinaï pour surveiller l’activité militaire égyptienne.
Par ailleurs les autorités israéliennes depuis la guerre de Yom Kippour se méfient de leur allié, les États-Unis, qui ne leur a pas fourni les renseignements satellitaires qu’ils étaient en droit d’espérer avant le déclenchement du conflit.
Aussi le premier ministre Menahem Begin décide en 1983 de créer l’Agence spatiale israélienne ISA (acronyme de l’anglais Israeli Space Agency) qui est placé sous la direction de Yuval Ne’eman.
L’agence spatiale coordonne les développements auxquels participent l’Université de Tel Aviv, l’Académie israélienne des Sciences et des Humanités et l’entreprise aérospatiale Israel Aerospace Industries (IAI).
À l’époque Israël dispose du missile Jericho de moyenne portée qui constitue une bonne base pour le développement d’un lanceur léger.
Mise au point d’un lanceur national et mise en orbite du premier satellite israélien
Cinq ans après la création de l’agence, le premier satellite israélien Ofek-1 est placé en orbite le 19 septembre 1988 par un lanceur Shavit développé avec les ressources locales à partir de la deuxième version du missile Jericho.
Du fait de l’exiguïté de son territoire et des relations tendues avec les pays arabes voisins, les tirs des lanceurs nationaux se font depuis la côte vers l’ouest et placent donc les satellites sur une orbite rétrograde qui réduit les capacités du lanceur (la vitesse de rotation de la Terre vient se soustraire à la vitesse communiqué par le lanceur).
Le deuxième tir qui a lieu le 3 avril 1990 place en orbite un satellite technologique Ofek-2. Il faut attendre le troisième tir effectué le 14 avril 1995 avec un lanceur Shavit-1 un peu plus puissant pour que le premier satellite de reconnaissance opérationnel, Ofek-3 soit placé en orbite. Ce dernier d’une masse de 200 kg est capable de fournir des images avec une résolution de 1,5 m.
Coopération avec l’Afrique du Sud
À la fin des années 1980, Israël engage une politique de coopération dans le domaine spatial avec l’Afrique du Sud pour que ce pays dispose de son propre programme spatial. Le lanceur sud-africain RSA-3développé dans le cadre de ce programme présente des points communs avec le Shavit israélien. Mais en juin 1994, le gouvernement sud-africain qui a abandonné le régime de l’apartheid (en 1991) et réorienté ses priorités budgétaires dans le domaine social, décide de mettre fin au développement d’un lanceur national.
Tentatives de développement d’un lanceur commercial
En 1993-1994 l’IAI tente de commercialiser le lanceur Next, une version à trois étages du Shavit capable de placer 400 kg sur une orbite polaire. Le projet ne débouche pas mais il est à l’origine des versions Shavit-1 et Shavit-2 du lanceur national.
Ces tentatives de commercialisation sont renouvelées par la suite avec l’appui de la société américaine US Coleman Research : une famille de lanceurs baptisée LK est proposée en utilisant commer premier étage le propulseur à propergol solide Castor 120.
Mais cette deuxième tentative n’a pas plus de succès notamment parce que le gouvernement américain s’opposer à l’exportation de matériels considérés comme sensibles sur le plan de la sécurité.
L’échec du lancement d’Ofek 4
Le le satellite Ofeq-4 est lancé mais le tir est un échec à la suite d’une défaillance du deuxième étage de la fusée.
La perte est évaluée à 50 millions US$ (le budget spatial annuel moyen d’Israël est d’environ 80 millions US$). Cet échec donne un coup d’arrêt au programme spatial israélien et le pays se retrouve sans satellite de reconnaissance opérationnel durant plusieurs années.
Ce n’est que le que le troisième lanceur Shavit-1 place le satellite Ofeq-5 sur une orbite rétrograde de 370 x 600 km. Le nouveau satellite d’une masse de 300 kg peut produire des images en couleurs avec une résolution inférieure à 1 mètre.
L’activité spatial scientifique est réalisée principalement en coopération avec d’autres puissances spatiales : l’agence spatiale indienne ISRO (observation de la Terre et télescope spatial) et l’agence spatiale française, le CNES, pour l’étude de l’atmosphère et la surveillance de la végétation.
SpaceIL, une entreprise privée israélienne, a annoncé en 2018 qu’elle projetait de lancer pour la première fois un engin spatial israélien vers la lune en décembre.
Ce vaisseau inhabité de 585 kilos se posera sur la lune le 13 février 2019, si tout se déroule comme prévu, ont indiqué les organisateurs lors d’une conférence de presse.
Il sera lancé avec une fusée de la société SpaceX, de l’entrepreneur américain Elon Musk, et sa mission portera notamment sur l’étude des ondes magnétiques lunaires.
« Conquérir l’espace n’est pas seulement un moyen de prouver ses capacités technologiques mais aussi un besoin urgent pour la race humaine qui dilapide rapidement les ressources naturelles de la Terre », souligne Yossi Weiss, directeur général d’IAI.
« Nous devons penser à des plans de secours, la Terre rétrécit et l’avenir de l’humanité est dans l’espace », estime-t-il.
« Effet Apollo »
Une fois sur la lune, le vaisseau israélien transmettra des données au centre de contrôle d’IAI pendant deux jours avant que son système cesse de fonctionner. La mission est censée stimuler la curiosité scientifique des jeunes Israéliens.
![]() |
![]() |







































Quel gâchis pour quelques ondes magnétiques
Si tout cet argent était destiné à améliorer la vie de 30 % d’Israéliens qui n’arrivent pas à boucler leur budget