Démocratie onusienne : le Hamas incendie, Israël se fait condamner
Le 14 juin 2018, l’Assemblée Générale de l’Onu a adopté une résolution condamnant Israël pour son « usage excessif, disproportionné et indiscriminé de la force par les forces israéliennes contre les civils palestiniens ». Elle a également chargé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guerres, de préparer des propositions en vue d’organiser « un mécanisme de protection internationale des Palestiniens à Gaza », en l’occurrence, mise en place d’une mission d’observation, ou d’une force de maintien de la paix (sic). Inversement, l’amendement soumis par les Etats-Unis, visant à condamner les islamistes du Hamas, n’a pas recueilli le nombre de voix suffisant pour être adopté (62 votes pour, 58 contre, 42 abstentions alors qu’il fallait atteindre les deux tiers des voix). Ragaillardi par le jeu démocratique onusien, le Hamas a, le même jour, annoncé l’envoi sur Israël, de 5 000 objets en feu, depuis la bande de Gaza.
Dans toutes les sociétés démocratiques, le déclenchement d’un incendie volontaire constitue un acte criminel. Autrement dit, le fait pour les palestiniens d’envoyer des cerfs volants en feu sur Israël, justifierait, en France, leur renvoi devant la Cour d’Assise. La question se pose donc de savoir pourquoi les palestiniens du Hamas ont carte blanche pour incendier Israël et tenter de tuer sa population, sans réaction aucune de l’Onu. Celle-ci s’est donc, une nouvelle fois, discréditée par son vote du 14 juin 2018, qui fait, de surcroît, référence à une soit disant « occupation » par Israël de territoires palestiniens. C’est bien évidemment faux. Cette même assemblée a, le 29 novembre 2012, reconnu la Palestine comme Etat non membre de l’Onu. Toutefois, elle ne lui a affecté aucun territoire spécifique. Il résulte de ceci que l’Etat de Palestine ne peut être occupé. Sur ce point, l’Onu manque de cohérence : faute de territoires dépendant d’une souveraineté palestinienne, elle ne peut reprocher à Israël « l’occupation de territoires palestiniens ».
Pire, l’Assemblée exige «d’Israël, puissance occupante, qu’il s’abstienne de tels actes» et qu’il applique la quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949. De qui se moque-t-on? Les palestiniens ont appelé leur manifestation « de marches du retour », qui peut se traduire par « marches de l’invasion d’Israël », puisque les personnes participant à la manifestation n’ont jamais mis les pieds en Israël. Rappelons que le Hamas, organisateur de l’événement, n’a jamais caché sa volonté de détruire Israël : C’est sa raison d’être, parfaitement décrite dans sa Charte fondatrice en 1988.
Le Hamas se définit comme un « mouvement de résistance » qui procède, de façon exclusive, par l’acte terroriste. Il structure la pensée de la population palestinienne dans cette finalité qu’est la destruction d’Israël (qu’il qualifie d’entité sioniste), il incite les palestiniens à poursuivre les actes terroristes, il glorifie les terroristes palestiniens éliminés par Israël, et si, par extraordinaire, des palestiniens refusent de se prêter au jeu macabre de l’organisation, il les utilise comme bouclier humain.
C’est pourtant Israël qui se fait condamner, faute d’accepter le projet criminel du Hamas. L’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, a donc naturellement réagi en dénonçant «une volonté de nous retirer notre droit élémentaire à nous protéger».
Le vote onusien illustre les conséquence perverses du principe démocratique : la Loi ne vient plus du Ciel, mais du nombre. Aussi, les principes et les jugements (qui ne sont, théoriquement, qu’une application de principes fondamentaux et admis par tous, dans une situation donnée), sont dévoyés par la sensibilité des plus nombreux. La norme n’est plus transcendantale, elle est dictée par le poids du plus grand nombre. Ainsi, la question n’est pas celle de l’inviolabilité du territoire israélien (reconnu par l’Onu), mais celle de la proportion des moyens employés par celui qui se défend contre celui qui veut l’envahir.
De façon édulcorée, l’Assemblée s’est bornée à déplorer «les tirs de roquettes qui ont été effectués depuis la bande de Gaza contre des zones civiles israéliennes» alors qu’il s’agit, tout comme l’incendie volontaire, d’actes criminels. L’absence de morts israéliens, ne retire pas à l’envoi de roquettes, son caractère criminel. Si l’assassin rate sa cible, il ne cesse pas d’être un criminel. C’est bien le cas des terroristes palestiniens : si, par chance, les islamistes ne parviennent pas à faire plus de victimes, ils n’en restent pas moins des criminels. Toutefois, et grâce au jeu démocratique, c’est Israël qui est condamné puisqu’une majorité des nations est plus proches de la sensibilité des terroristes palestiniens que d’Israël.
Notons que la résolution onusienne sanctionne Israël en raison de «l’utilisation de balles réelles contre des manifestants civils, y compris des enfants, ainsi que contre le personnel médical et les journalistes», sans rappeler aux palestiniens de Gaza qu’ils n’ont aucun droit de se rendre en Israël, voire qu’ils ont des devoirs à son égard, en l’occurrence celui de respecter son intégrité territoriale. Il est curieux que l’Onu n’invite pas les palestiniens de la bande de Gaza à cesser de s’en prendre à Israël, sauf à prendre un risque en s’attaquant à plus fort que soi.
L’inconvénient résulte de ce que les palestiniens de Gaza refusent de déclarer la naissance de « l’Etat palestinien de Gaza ». Si tel était le cas, l’Onu serait tenu d’en prendre acte et de l’admettre comme nouvel Etat au sein de l’organisation. En effet, les palestiniens disposent d’un territoire, d’un gouvernement, d’institutions administratives leur permettant de fonctionner, et, théoriquement d’un projet national. «L’Etat palestinien de Gaza »pourrait alors normaliser ses relations avec Israël qui se ferait un plaisir de faire de l’enclave côtière, un petit paradis.
Les palestiniens de Gaza en sont toutefois sont empêchés : une telle demande impliquerait la reconnaissance, ipso facto, de l’Etat d’Israël, l’impossibilité de le détruire, l’obligation de renoncer à ce qu’ils appellent « la résistance ». Or, cet inconvénient supplante les avantages, à savoir d’être reconnu comme Etat et de disposer des ressources naturelles comme l’exploitation du gaz et du pétrole en méditerranée, dans la partie dépendantes de ses eaux territoriales.
La création de l’Etat palestinien de Gaza entraînerait, en fait, la disparition du mouvement terroriste : le Hamas a été institué pour détruire Israël, non pas sur un fondement national (comme l’Olp), mais sur un fondement religieux (en somme, une injonction coranique). Si le Hamas normalise ses relations avec Israël, il signera son propre échec, sa propre inutilité, et admettra que son essence est tout aussi absurde, qu’inutile. Le Hamas serait tenu de remettre en cause ses propres fondements, exclusivement structurés à partir des versets d’Allah, avant de s’auto-détruire parce qu’il ne les a pas compris, ou qu’il les a mal interprétés.
La démocratie est un système politique équitable, juste, qui prend en considération la volonté exprimée par la majorité. Ce n’est toutefois pas le nombre de voix qui décide de la norme applicable puisqu’elle n’est pas une notion fluctuante, fonction de la sensibilité des Etats présents à l’Onu. Lorsque l’Onu admettra qu’il n’y a pas de « territoires occupés par Israël », le Hamas cessera de se présenter comme un résistant, et la valeur fondamentale que l’Onu protégera est celle de l’inviolabilité des territoires souverains, et donc du territoire israélien. A défaut, la démocratie onusienne deviendra l’instrument de sa propre disparition.
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