En remportant les élections à Bagdad, l’Iran pourrait récupérer ses pertes résultant des coups portés par les Américains et les Israéliens.

Mais un échec électoral de ses pions irakiens, samedi 12 mai, tomberait comme un nouvelle malchance pour Téhéran, après les revers en séries infligé par les Américains et Israël. Les Iraniens espèrent que les résultats des élections irakiennes retourneront la roue de leurs infortunes, après les coups qu’ils ont reçus sur la tête depuis que le Président américain a annoncé le retrait des Etats-Unis du cadre de l’accord nucléaire, le 8 mai.
Les sanctions américaines qui s’abattent depuis prennent pour cibles les Gardiens de la Révolution, la Banque Centrale et ses exportations de pétrole. Les frappes israéliennes, pendant ce temps éradiquent leurs atouts militaires autour de Damas et du Sud-Syrien. Les dirigeants de l’Iran assisteront avec un grand désarroi à la consécration triomphante de l’Ambassade américaine à Jérusalem, le lundi 14 mai, alors qu’ils attendront avec impatience que la roue tourne en leur faveur, quand les résultats des élections générales en Irak seront publiés le lendemain.
Une victoire du groupe de milices chiites pro-iraniennes dirigées par Hadi al-Amiri serait saluée par des tonalités claironnant la conquête de Bagdad et comme une contre-coup du triomphe israélo-américain à Jérusalem.
La première mesure prise par un gouvernement dirigé par Amiri serait l’annonce devant le nouveau Parlement de ‘ordre d’évacuation immédiate des forces américaines du territoire irakien, rapportent les sources des renseignements. On lui a fourni un calendrier détaillé du retrait américain. Nos sources ajoutent que l’effondrement de la présence militaire américaine en Irak mettrait en grand danger les positions américaines cruciales dans le nord et l’Est de la Syrie. Incidemment, cela offrirait une carte maîtresse au dictateur nord-coréen Kim Jong Un, pour exiger l’évacuation des forces américaines de Corée, quand il rencontrera le Président Trump à Singapour, le 12 juin.
En un mot, la prise de Bagdad par l’Iran, par l’entremise d’une milice supplétive puissante aurait des répercussions très négatives sur la stratégie de Trump pour contenir l’Iran, ainsi que sur la campagne militaire d’Israël visant à démolir totalement les tremplins de Téhéran pour son agression depuis la Syrie. Alors que les forces américaines perdraient leur appui irakien, l’entreprise syrienne de Téhéran remporterait le plein soutien d’un gouvernement et d’une armée irakienne pro-iranienne.
Washington et Téhéran sont, par conséquent, impliqués dans des enjeux conflictuels énormes, dans le cadre des élections irakiennes. Les Etats-Unis, Israël, la Jordanie et l’Arabie Saoudite frissonnent tous à la perspective de se faire coincer par le pantin iranien Al-Amiri à Bagdad et de l’autre côté de la frontière vers l’ouest, en Syrie, entre les griffes du Commandant d’Al Qods, Qassem Suleimani, avec le Liban contrôlé par un autre pion iranien, Hassan Nasrallah.
Lors de la semaine passée, l’Administration Trump et les agents saoudiens ont largué des millions de dollars pour s’aliéner des dirigeants locaux au sein de la communauté chiite et influer sur le vote – soit pour la victoire du parti du Premier Ministre titulaire Haydar al-Abadi, soit pour l’autre challenger dominant d’Al-Amiri, l’alliance du chef religieux chiite populaire Moqtada Sadr. Peu de temps avant l’ouverture du scrutin, on estimait qu’Al-Abadi sortirait en tête, mais ce ne serait pas la première fois que des prévisions bien informées s’avéreraient finalement erronées.
Adaptation : Marc Brzustowski
Donald Trump, Iran nuclear pact, Iraq election, Israel air strikes, Syria, US embassy
By winning Baghdad vote Iran could recoup losses from US-Israeli beatings
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