Tuer un ingénieur peut porter un coup au foyer terroriste malaisien
Analyse : Bien que non étayée, l’allégation du Hamas selon laquelle le Mossad est responsable du meurtre d’un ingénieur palestinien et membre du Hamas Fadi Albatsh n’est pas sans fondement. La Malaisie, un proche allié de l’organisation terroriste de Gaza, a, pendant des années, servi de terrain fertile pour le recrutement et la formation de nouveaux membres appelés à rejoindre les rangs du Hamas.
Alors que la Turquie est devenue, ces dernières années, le siège central du Hamas, la Malaisie a, pendant des années, servi de centre de formation pour les membres de l’aile militaire de l’organisation terroriste qui contrôle la bande de Gaza.
Si l‘élimination de l’ingénieur palestinien et membre du Hamas Fadi Albatsh samedi devait s’avérer un plan orchestré et exécuté par le Mossad, comme le prétend le Hamas, cela pourrait très bien correspondre à une tentative de frapper au cœur le foyer et la base-arrière des activités terroristes du Hamas dans ce pays asiatique, ou d’entraver ces actions à leur stade d’entraînement et de formation initiale.
Ces dernières années, le Shin Bet a découvert un grand nombre de cas dans lesquels des terroristes du Hamas ont été formés en Malaisie et ont reçu une formation militaire régulière dans le cadre de l’accord tacite passé entre le Hamas et l’Etat musulman.
En janvier 2013, quelques mois après l’opération Pilier de défense, le Premier ministre malaisien Najib Razak s’est rendu dans la bande de Gaza. Il a exprimé ses regrets quant à l’assassinat du chef d’état-major du Hamas, Ahmed Jabari, au début de l’opération et a jeté les bases de la reconstruction d’un bâtiment du gouvernement du Hamas détruit lors d’une attaque israélienne.
Un an plus tard, le Shin Bet a arrêté Wassim Kawasma, qui a été recruté avec plusieurs autres Palestiniens pendant leurs études universitaires en Malaisie. Tsahal a arrêté un autre membre de la branche militaire du Hamas à Khan Yunis, qui a reconnu avoir été envoyé par le Hamas en Malaisie avec dix autres apprentis-terroristes pour s’entraîner au parapente et monter une attaque en Israël par-delà la barrière de sécurité.
La formation en Malaisie est menée dans le plus grand secret et n’a été révélée par Israël qu’après l’arrestation de l’un des djihadistes qui y ont pris part et qui a été capturé à Gaza pendant l’Opération Bordure Protectrice.
Le gouvernement malaisien a officiellement et systématiquement nié les allégations israéliennes selon lesquelles il fournirait un sanctuaire aux terroristes du Hamas pour pratiquer sur son territoire, et a affirmé à plusieurs reprises que l’aide malaisienne au Hamas est fournie strictement pour des raisons politiques, morales et humanitaires.
Selon Israël, l’interrogatoire de Kawasma et l’enquête qui a suivi ont révélé que sous la houlette des comités de bienfaisance de l’Université islamique internationale, en Malaisie, des étudiants palestiniens sont secrètement recrutés par l’aile militaire du Hamas, envoyés en Turquie pour suivre un entraînement militaire, qui reçoit de l’argent à cette fin, de la part du groupe terroriste basé à Gaza, et de là, ils continuent en Judée-Samarie pour établir des cellules terroristes.
Le Shin Bet estime que des dizaines d’étudiants ont été recrutés de cette manière en Malaisie ces dernières années pour l’aile militaire du Hamas.
Kawasma a été arrêté par le Shin Bet à son retour de Malaisie via le passage Allenby en février 2015, et plus tard accusé d’avoir reçu des fonds terroristes d’un autre membre du Hamas. L’acte d’accusation contre lui a révélé qu’il avait également pu suivre une formation militaire d’une semaine en Turquie, fait vérifié grâce à la facture établie par le Hamas.
Selon les conclusions de son interrogatoire, son instructeur en Malaisie lui a appris comment se comporter au cas où il serait interrogé après son retour en Israël via la Jordanie.
L’acte d’accusation de Kawasma a également permis de nommer deux agents qui ont été dans le collimateur des services secrets israéliens pendant des années pour avoir été, selon les évaluations, à l’origine du recrutement de nombreux jeunes Palestiniens étudiant en Malaisie : les Dr. Ma’an Khatib et Dr. Radwan al-Atrash.
Ces deux recruteurs, selon le service de sécurité du Shin Bet, ont fait prêter serment à Kawasma quand il a rejoint le Hamas.
Une autre affaire concernait la tentative du Hamas de renverser l’Autorité palestinienne sur la Rive Ouest du Jourdain par un coup d’Etat violent à la mi-2014, dans les mois précédant l’Opération Bordure Protectrice.
Selon le Shin Bet, 93 militants arrêtés dans cette affaire – la moitié d’entre eux par Israël – ont planifié des attaques terroristes contre Israël afin de saper la stabilité dans les territoires concédés et occupés par l’Autorité Palestinienne, dans l’espoir que cela précipiterait la chute du régime de Mahmoud Abbas.
Parmi les principaux putscho-terroristes arrêtés, il y avait des Palestiniens qui étudiaient la chimie et l’ingénierie en Malaisie, ce qui était censé les aider à créer des armes de précision et d’autres armes létales, telles que des charges explosives et des roquettes.
En fin de compte, leur plan a été déjoué et 24 fusils, six pistolets, sept lance-roquettes, de grandes quantités de munitions et 2 millions de Shekels pour l’achat d’armes supplémentaires ont été saisis lors d’un raid massif des forces de sécurité israéliennes.
Adaptation : Marc Brzustowski
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