M. Le Président, c’est notre Terre

 

Rien n’est jamais gratuit. Si les Etats-Unis reconnaissent Jérusalem comme la capitale d’Israël, comme certains reportages prétendent que ce serait imminent, ce serait un événement d’un grande portée historique. Cela représenterait une volte-face bienvenue dans la politique de Washington déjà ancienne de plusieurs décennies, à propos du statut de Jérusalem.

Mais personne ne semble discuter du status-quo que les Etats-Unis exigeront en échange : respecter les restrictions et limitations existantes dans le champ d’application des constructions en Judée et Samarie, dans le Grand Jérusalem et dans Jérusalem elle-même.

L’administratioin du Président Donald Trump est décrite comme celle du Président le plus pro-israélien de toute l’histoire des Etats-Unis. Il peut bien être sur la même longueur d’ondes qu’Israël quand il s’agit de l’Iran et d’autres questions vitales de sécurité et il peut même s’être tenu aux côtés de l’Etat Juif face à l’ONU et avoir fait des déclarations importantes pour montrer sa solidarité avec nous, mais dès qu’il s’agit de la construction dans les implantations, les actions politiques du Président ont à peine varié de celles de son prédécesseur Barack Obama.

Bien que Trump ait poussé la chansonnette sur une tonalité différente, il n’en a pas changé la substance. En outre, l’idée que rien de nouveau ne puisse être bâti en Judée et Samarie sans un feu vert américain est à présent plus ancré que jamais.

L’Administration Trump appelle cela « faire preuve de retenue ». C’est pourquoi les responsables américains examinent scrupuleusement le moindre plan de zonage en Judée et Samarie, aussi modique soit-il.

Ces ingérences continues ont empêché le moindre changement sur le terrain, ont débouché sur une raréfaction des constructions au strict minimum et ont eu pour conséquence une solde migratoire négatif dans certaines implantations de Judée-Samarie, qui n’est seulement compensé que par le taux de natalité élevé.

Je ne parviens pas à me rappeler d’une autre période dans toute l’histoire d’Israël, où nous ayons dû à ce point nous coordonner aussi étroitement avec les Etats-Unis à propos de la construction dans les implantations.

Cette exposition aux tirs alliés n’est pas aussi paralysante qu’elle ne l’a été au cours des attaques incessantes de l’Administration Obama, mais c’est néanmoins un inconvénient majeur.

Quoi que ce soit qu’on bâtisse au-delà de la Ligne Verte nécessite l’approbation de Washington. Mais ce qui est encore plus troublant, c’est que malgré que nous ayons les mains liées, nous prétendions que tout va pour le mieux.

Le quatrième gouvernement Netanyahu, malgré qu’il bénéficie d’une administration Trump amicale, n’a pas pour autant annulé la résolution 150 du premier gouvernement Netanyahu, qui requiert que l’échelon politique signe chacune des cinq étapes d’approbation d’un zonage en Judée et Samarie. Cette résolution n’a jamais fait sens. Qu’est-ce qui clocherait s’il n’y avait qu’une seule phase d’approbation par l’échelon politique? Pourquoi cinq? Une telle procédure a fait de la construction de chaque maison une course d’obstacles très contrariants. Cela n’a eu pour résultat que très peu de constructions, même dans les fameux blocs d’implantation qui bénéficient d’un très large consensus.

Cela s’est traduit par le fait que des dizaines de milliers de résidents juifs aient dû déménager hors de Judée et Samarie, en quête d’un domicile et cela a aussi empêché la construction « quartier-passerelle » qui aurait dû relier Jérusalem à Maaleh Adumim.

Même la capitale elle-même en subit le préjudice : l’administration Trump a empêché la construction de la zone de Givat Hamatos à Jérusalem, qui aurait relié le quartier de Har Homa au reste de la ville.

La conclusion est qu’Israël veut vivre avec l’approche américaine de longue date – qui est partagée par Trump – qui voudrait que toute construction supplémentaire mette des bâtons dans les roues au processus de paix. Un tel lien supposé de cause à effet sape la notion même de souveraineté et en tout cas, il ne devrait pas s’appliquer à tous les niveaux et dans out dossier de construction. Le degré jusqu’auquel Israël doit coordonner la construction de ses implantations est tout autant exaspérante qu’excessive, même pour un pays qui dépend lourdement des Etats-Unis.

N’oublions pas que les contours définitifs de tout accord de paix seront, en définitive, façonnés par la présence d’habitations juives en Judée et Samarie et pas l’inverse. Le Premier Ministre Yitzhak Shamir comprenait bien cela quand il disait au Président d’alors George H.W. Bush, purement et simplement : « De quoi parlez-vous, M.Le Président? Cette Terre est la nôtre ».

Aujourd’hui encore, nous avons absolument le droit de contester et de débattre avec les Etats-Unis.

Nous devons nous assurer que notre ami Trump entende cela de notre part : « Nous n’avons jamais pris de terre qui nous soit étrangère ni saisi de propriété étrangère, mais uniquement l’héritage de nos pères, qui leur a d’abord injustement été pris par nos ennemis »

(1 Maccabées 15:33).

Adaptation : Marc Brzustowski

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

4 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Daniel

Pour discuter de nos droits, on nous reproche d’avoir mis cinq raclées à cette coalition Arabe !

Celui qui gagne la guerre doit imposer ses exigences. Or Israël n’a jamais exprimé la moindre demande extravagante ou humiliante comme savent si bien le faire les Arabes. Tant qu’a être vilipendé, autant l’être pour de bonnes raisons et la meilleure reste la totalité de Jérusalem !!!!!

yacotito

Ixiane
votre raisonnement tient la route. Mais il faut alors annoncer clairement qu’Israel annexera Maaleh Adumim si les US font marche arriere

Soliloque

Excellent article; Je n’ai rien lu de Dore Gold au sujet des implantations, mais c’est tout à fait légitime qu’Israël ne soit pas à la botte des USA pour ce qui concerne les décisions de constructions en Judée-Samarie; Là les USA font complètement fausse route, à cause des juifs américains soi disant » sionistes »;
J’espère que ce n’est qu’une stratégie pour voir comment réagira Abbas.
On fait toute une histoire de la reconnaissance par les USA de Jérusalem comme capitale d’Israël, alors que la Russie l’a fait depuis plusieurs mois ainsi que la Tchequie.

Ixiane

TRUMP un ami ??? UN bout de papier sur lequel est imprimé  » JERUSALEM CAPITALE d’ISRAEL  » contre un Gel de la construction ??? Une arnaque !!
Et BIBI y consent ?? une grave erreur de plus de la part d’ISRAEL !