Au lendemain de l’attentat au camion bélier perpétré contre un groupe de soldats israéliens à Jérusalem, qui a coûté la vie à quatre d’entre eux, le procès controversé du soldat Elor Azaria s’invite dans l’enquête.
En effet, le guide touristique du groupe, qui a tiré sur le terroriste, a déclaré dimanche soir que les soldats présents avaient hésité à tirer, par peur de la condamnation d’Azaria survenue la semaine dernière.
Ils auraient peut-être pu empêcher les blessés et les morts – s’ils avaient ouvert le feu plus tôt, a indiqué Eitan Rund, en contradiction avec les enquêtes préliminaires de l’armée qui montrent que plusieurs soldats ont ouvert le feu après qu’il soit « clair » que l’attaque n’était pas un accident.
Rund a également évoqué la condamnation d’Elor Azaria pour homicide involontaire comme une explication possible à l’hésitation des soldats.
« Les soldats entendent depuis plus de deux semaines de faire attention, prudence, prudence. Ça me fait mal de le dire, mais quelques-uns des blessés les plus graves l’ont été par la marche arrière du camion », a-t-il dit, rapporte Ynet.

AHMAD GHARABLI (AFP) « Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur le site d’une attaque au camion, le 8 janvier 2017 à Jérusalem »
Plusieurs responsables de l’armée et autres témoins de l’attaque ont toutefois rejeté ces allégations.
Moti Almoz, porte-parole de Tsahal a indiqué à la radio israélienne que rien ne démontrait que les soldats ont hésité à tirer en raison d’un quelconque « effet Azaria ».
Par ailleurs, l’une des soldates présente sur les lieux, a également rejeté en bloc ces accusations en publiant un message sur les réseaux sociaux cité par Ynet, dénonçant les propos de Rund.
« Il n’y a aucun lien avec Elor Azaria. Aucun lien. Aucun d’entre vous ne devrait oser comparer un semi-remarque roulant à 100 km/h à un terroriste couché, immobilisé. Personne n’a eu peur de tirer un seul instant, les gens ont eu peur de se faire écraser car il y avait un terroriste possédé au regard assassin (…), a écrit la jeune fille.
« Donc, le guide (sans rien ôter à l’honneur de son geste) peut dire ce qu’il veut aux sites d’information – mais nous nous sommes battus pour nos amis », conclut-elle.
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