Notre nouvel allié : l’Iran
Une telle photo nous en dit long sur l’efficacité de la politique étrangère américaine aujourd’hui.
Human Rights Watch, qui n’est pas spécialement réputé pour être un groupe d’activistes de droite, a remarqué qu’elle semble bien violer les accords internationaux interdisant l’usage de photos ou de vidéos de prisonniers militaires à des fins de propagande. En outre, l’entrée dans les eaux iraniennes (si c’est bien ce qui s’est produit) d’un bateau dérivant dont les moteurs sont en panne est, de toute évidence, « un passage innocent », dans le cadre des lois internationales.
Quoi qu’il en soit, le Secrétaire d’Etat John Kerry a offert une effusion de remerciements à l’Iran.
La nouvelle relation avec l’Iran est au sommet des priorités de son agenda. Le vieux concept éculé « d’alliés » est dépassé. Retenons ceci de l’AP :
Depuis le début de l’année, Kerry et Zarif se sont parlé au moins 11 fois par téléphone, selon le Département d’Etat. Ils se sont focalisés sur les sujets relatifs au domaine nucléaire, sur la rivalité entre l’Arabie Saoudite et l’Iran qui empire et sur les efforts de paix en Syrie.
Par opposition, le plus haut diplomate américain n’a parlé uniquement que deux fois au Ministre saoudien des affaires étrangères, Adel al-Jubeir. Il n’a consulté qu’une fois chacun le Prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, le roi de Jordanie Abdallah, ainsi que les ministres des affaires étrangères de Grande-Bretagne, d’Egypte, de France, d’Allemagne, de Russie et de l’Union Européenne.
Il n’y a eu qu’une fois, au cours de l’Administration Clinton, que le visiteur étranger le plus prisé à être invité à la Maison Blanche le soit plus souvent – 13 fois – et ce n’était ni Tony Blair ni un autre allié. C’était Yasser Arafat. On sait pertinemment tout ce qu’a obtenu Clinton à l’issue de cette cour assidue : rien du tout, si ce n’est l’échec total de ses initiatives de paix à Camp David.
Un tel traitement de faveur de ses ennemis, par Clinton, puis ensuite par Kerry et Obama actuellement, et de tels mauvais traitements de ses alliés ne se terminent jamais bien. Quand les Etats-Unis apparaissent incapables de faire la différence entre les ennemis et les alliés, ils n’obtient que de moins en moins d’alliés et ses ennemis n’en ressortent que de plus en plus forts. L’Iran est (et restera) un ennemi des Etats-Unis, qui a tué des centaines d’Américains dans des attentats terroristes au cours des décennies depuis 1979 et plus récemment en Irak.
Atravers tout le Moyen-Orient et sans aucun doute, plus largement, cette photo n’est que la moitié d’un instant de profond malaise chez les amis de l’Amérique. L’autre moitié, c’est la réaction de l’Administration Obama à cette humiliation : l’accueillir chaleureusement et en remercier l’Iran avec toute la gratitude obséquieuse et dégoulinante de John Kerry. Les amis de l’Amérique pensent, sans l’ombre d’un doute : « Si c’est anisi que les Américains réagissent à leur propre humiliation, à l’issue d’un acte d’agression, alors comment peuvent-ils bien réagir lorsque c’est nous-mêmes qui sommes en danger? ».
Il y a un ancien proverbe qui dit quelque chose comme ça : « Il y a des gens tellement stupides que, quand vous leur crachez à la figure, ils croient qu’il pleut ». Dans le Golfe persique, aujourd’hui, il ne pleut pas. L’Iran est, tout simplement, en train de nous cracher en pleine face et d’humilier les Etats-Unis : il ne peut y avoir aucune autre interprétation possible de la photo ci-dessus. Si le gouvernement ds Etats-Unis n’est même capable de comprendre ce qui est en train de lui arriver, nos propres intérêts et ceux de nos alliés seront de plus en plus compromis par l’Iran au cours des années à venir.
Par Elliott Abrams
14 Janvier 2016
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