Deux Français tués dans l’attaque terroriste à Ouagadougou

Des rescapés du restaurant Cappuccino.

EN BREF

  • Des assauts ont été lancés dans la nuit contre les assaillants retranchés dans un hôtel et un café-restaurant fréquentés par les Occidentaux.
  • Le bilan est de 29 personnes tuées – dont deux Français – au cours de l’attaque et 150 évacuées vers un centre de soins. Dix-huit nationalités sont représentées dans l’ensemble des victimes.
  • Trois djihadistes ont été tués par les forces spéciales françaises, qui ont apporté leur soutien aux forces Burkinabè, appuyées par les forces américaines. Des doutes subsistent sur le nombre total d’assaillants.

Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué samedi soir que deux Français figuraient parmi les personnes tuées au cours de l’attaque survenue dans la nuit de samedi à dimanche dans un hôtel et un restaurant de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Une troisième ressortissante figure parmi les blessés. la section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête.

«Cette nuit, des terroristes ont assassiné lâchement 29 personnes, dont 7 femmes, un enfant», avait plus tôt indiqué le président de la République François Hollande, notant toutefois qu’il ne disposait pas encore d’un «bilan exact». Au moins 150 personnes ont également blessées lors de ces attentats.

Plus tôt, à la mi-journée, nous avions appris que l’affrontement avait pris fin entre les forces spéciales burkinabè et françaises et des hommes armés qui appartiendraient au groupe al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et qui ont attaqué, vendredi soir, un hôtel de luxe et un restaurant fréquentés par des Occidentaux.

Les forces de sécurité avaient lancé, tôt ce samedi matin, l’assaut contre l’hôtel Splendid, première cible de l’attaque, dans lequel des islamistes présumés étaient retranchés avec des otages. Deux groupes de forces spéciales ont pénétré dans le bâtiment, qui était partiellement en feu aux premières heures du jour. Le commando djihadiste aurait piégé avec des explosifs l’accès aux étages supérieurs de l’hôtel Splendid, ralentissant la progression des forces spéciales. En parallèle, un deuxième assaut a été mené sur le café Cappuccino, situé en face du Splendid. Les forces de sécurité ont réussi à libérer 126 personnes, dont 33 blessées. Parmi elles figurait le ministre du Travail burkinabè, Clément Sawadogo.

Au moins 29 personnes ont donc été tuées lors de l’attaque, selon l’ambassadeur de France au Burkina Faso, qui précise également que 150 personnes ont été évacuées vers un centre de soins. Au moins 18 nationalités différentes seraient représentées parmi ces 180 victimes (et pas uniquement parmi les personnes décédées, comme nous l’indiquions auparavant).

Dans la matinée, le ministre de l’Intérieur Simon Compaoré a indiqué que ces deux assauts étaient terminés et que quatre djihadistes auraient été tués. Deux pourraient être des femmes. Un cinquième djihadiste se serait retranché dans le bar «Taxi Brousse», situé à côté du restaurant Cappuccino et de l’hôtel Iby, selon des témoins. En début d’après-midi, les informations recueillies par Le Figaro ne permettaient toutefois de confirmer que la mort de trois djihadistes, parmi lesquels ne figurerait aucune femme.

Des attaques revendiquées par Aqmi

Des voitures en feu devant l'hôtel où les assaillants étaient encore retranchés aux premières heures du jour, samedi matin.

L’attaque avait commencé vendredi soir quand, vers 19h45, des tirs nourris et des détonations ont éclaté dans le secteur de l’hôtel Splendid et du café restaurant Cappuccino voisin. Les coups de feu semblaient avoir été tirés par trois hommes armés et enturbannés. Un témoin a affirmé avoir vu quatre assaillants. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères a ensuite indiqué que des tireurs s’étaient retranchés à l’intérieur de l’hôtel où ils retenaient un nombre inconnu d’otages.

Ces attaques ont été revendiquées par le groupe djihadiste Aqmi, qui l’a attribuée au groupe islamiste al-Mourabitoune du chef djihadiste Mokhtar Belmokhtar, selon SITE, une organisation américaine qui surveille les sites internet islamistes.

«Un lâche attentat»

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a appelé le peuple burkinabè au «courage» et à la «vigilance» après les attaques. Le Burkina Faso «n’a jamais plié l’échine devant quoi que ce soit et ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer», a assuré à la presse le président burkinabè, élu fin novembre. Le président Kaboré a par ailleurs «salué la coopération militaire que nous avons eue, que ce soit avec les Français ou les Américains, qui nous a permis aujourd’hui d’avoir une situation de sécurité plus claire».

L’ambassade de France avait évoqué très rapidement une «attaque terroriste», mettant en place un numéro d’urgence pour la communauté française alors que le vol Air France Paris-Ouagadougou a été dérouté vers le Niger voisin. Une cellule de crise a été ouverte à l’ambassade de France à Ouagadougou, ainsi qu’au Centre de crise et de soutien du Quai d’Orsay, et des consignes de sécurité ont été diffusées à l’ensemble de la communauté française.

François Hollande a dénoncé, samedi matin, «un lâche attentat». «Les forces françaises apportent leur soutien aux forces burkinabé», a ajouté la présidence, soulignant également que «le président de la République fait part de son total soutien au président Kaboré». Le premier ministre Manuel Valls a quant à lui affirmé qu’en frappant le Burkina Faso, «les terroristes ont de nouveau frappé le monde».

Deux mois après l’attaque du Radisson à Bamako

Cette attaque inédite dans la capitale burkinabè constitue un défi pour le pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré, récemment élu après une transition souvent chaotique. Le pays, «point d’appui permanent» de l’opération française Barkhane, a par contre déjà été la cible d’opérations djihadistes.

Une première attaque avait d’ailleurs eu lieu vendredi après-midi dans le nord du pays, près de la frontière malienne, au cours de laquelle un gendarme et un civil ont été tués, a indiqué dans la soirée l’armée burkinabè.

Cette nouvelle attaque survient un peu moins de deux mois après celle de l’hôtel Radisson Blu à Bamako. Le 20 novembre, qui avait fait 20 morts dont 14 étrangers dans la capitale malienne. Des hommes armés avaient retenu en otage, pendant plusieurs heures, environ 150 clients et employés, avant une intervention des forces maliennes appuyées par des forces spéciales françaises et américaines et des agents de l’ONU. Deux assaillants avaient été tués. L’opération avait été là encore revendiquée par Al-Mourabitoune et le 22 novembre par le Front de libération du Macina (FLM, mouvement djihadiste malien).

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

1 Commentaire
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
KAMGA

à mes frères africain cessez de pleurnichez tout le temps , les occidentaux ont fait si on fait ça , soyez un peu sérieux, dans votre façon de faire votre travail, faite un tour dans la plus part des capitales d’Afrique francophone , vous verrez la plus part des forces de sécurité qui sont censé gardés les points sensible ,avec quel d’esinvolture ils font leur travail , parfois vous les voyez abandonnés carrément leur fusils à leur poste de garde, d’autre dorment tout simplement ,après le mali , le burkina , vous verrez que d’ici quelques mois se sera un autre Hotel toujours dans un pays d’Afrique francophone