Selon la base de données d’IHS Jane’s, les attaques de Daesh n’ont fait que monter en flèche au cours des 3 derniers mois

Le nombre moyen d’attaques quotidiennes menées par Daesh à travers le monde a grimpé de 42% au cours des trois derniers mois, selon de nouvelles données publiées jeudi 22 octobre.

Le Centre d’observation du terrorisme et des insurrections a enregistré un total de 1086 attaques de Daesh à travers le monde entre le 1er juillet et le 30 septembre et le nombre moyen d’attaques quotidiennes a progressé de 8, 3 à 11, 8 lors du précédent trimestre.

Image: ISIS militant in Syria
Un djihadiste de Daesh exhibe le drapeau de son groupe au centre de la Syrie sur une image postée le 5 Août 2015 sur Facebook.Militant website via AP

Le véritable nombre d’attaques est vraisemblablement « bien p^lus élevé », selon IHS, parce que les données n’intègrent que les opérations revendiquées par les djihadistes ou qui leur sont définitivement imputées par les gouvernements.

Le taux quotidien moyen de tués s’est aussi élevé de façon significative au cours de cette période rapportée, selon IHS. Il y a eu 2.978 pertes humaines hormis les djihadistes – soit 32, 4 par jour, une augmentation de 65, 3% par rapport au précédent trimestre.

« La capacité du groupe de mener une insurrection axée sur un territoire, malgré la campagne punitive contre les attaques terroristes demeure sans aucune réduction, malgré un spectre plus large d’opposition armée contre Daesh », affirme l’IHS.

Le taux d’attaques s’est notablement élevé au cours d’une période de temps où Daesh n’a pas réussi à s’étendre en termes de conquêtes territoriales, selon IHS.

« Nous sommes probablement plus dans une phase de consolidation actuellement,où le groupe stabilise ses gains territoriaux qu’il a précédemment réalisés et protège ses acquis et ses arrières », affirme Matthew Henman, chef du Centre observatoire du terrorisme, pour l’IHS Jane.

Cela n’a pas réduit la capacité de Daesh à provoquer le chaos en menant des attaques – y compris dans les zones qu’il ne contrôle pas, a t-il ajouté.

« Cela lui permet d’être capable de rendre la vie quotidienne chaotique, dangereuse et insécurisante », dit Henman.

Image: A map of ISIS attacks between July 1 and Sept. 30
Une carte des attaques de Daesh entre le 1er Juillet et le 30 sept., où les wilayaat sont les provinces décrétées comme lui appartenant. IHS Janes

Les données d’IHS démontre que la majorité des attaques au cours de la période rapportée – un peu plus de 83%- se sont déroulées en Irak et en Syrie, le coeur du territoire autoproclamé comme « Califat » par Daesh.

Ces 902 attaques de Daesh – comparées aux 667 au cours du précédent trimestre – ont causé 1780 morts, selon IHS. Alors que ces pertes ont représenté 60% des tués attribués à Daesg à travers le monde, au cours de la période rapportée, cela ne représente qu’une légère augmentation par rapport au précédent pointage en Irak et en Syrie.

« Cette tendance indique largement une augmentation de la violence de basse intensité, de la part de Daesh, dans l’incidence globale de la violence due aux massacres de masse, qui n’augmente pas sensiblement dans ce laps de temps opérationnel ».

Cependant, les attaques liées à Daesh à l’extérieur de l’Irak et de la Syrie – comme au Nigéria – ont été moins fréquentes, en comparaison, mais elles infligent des taux de morts plus conséquents.

« Cela souligne la nature de la guérilla menée au Nigéria et dans plus sieurs pays frontaliers, avec des opérations caractérisées par des opérations de massacres ciblant les populations civiles », déclare IHS.

En lien : Why These Iraqis Want Russia to Bomb Their Country.

Ces données d’IHS ont été enregistrées juste avant que la Russie ne décide de lancer des frappes aériennes au-dessus de la Syrie. Cependant, elles renforcent les indicateurs précédents affirmant que la campagne de la coalition multinationale a très peu fait pour émousser sérieusement les capacités de Daesh – et que les tentatives pour dégrader Daesh en Irak et en Syrie semblent être « à côté de la plaque ».

Il y a un an ou dix-huit mois, le fait de vaincre Daesh en Irak et en Syrie aurait signifié que « la partie était terminée » pour ce groupe, selon Henman. Cette stratégie a désormais changé du fait de l’expansion du groupe dans d’autres pays et régions – ce qui nidique que vaincre Daesh au coeur de son territoire changé en Califat pourrait signifier une bien moindre victoire

« Cela devient bien plus un cas où : vous coupez une tête de l’hydre, mais il repousse plein d’autres têtes au même moment ».

Par CASSANDRA VINOGRAD

nbcnews.com

Adaptation : Marc Brzustowski.

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