La machine médiatique, que nous dénoncions ce matin, s’est emballée avec le drame du petit Aylan Kurdi. La photo qui a fait le tour du monde et devait changer le cours de l’Histoire en suscitant chez les Européens une telle émotion que ceux-ci partageraient spontanément le gîte et le couvert avec les dizaines de milliers d’immigrés, révèle une autre histoire.
Dans son ardeur manipulatrice, le mainstream n’a pas même pris les précautions de se renseigner sur les circonstances de la mort d’Aylan, et l’histoire de sa famille. Le Wall Street Journal publie l’interview de Tima Kurdi la sœur du père du petit Aylan, qui vit à Vancouver au Canada [source]. Ce n’est pas tout à fait l’histoire que les médias nous assènent en boucle depuis hier.
Monsieur Kurdi, 40 ans, et sa famille sont des Kurdes originaires de Kobané, située au nord de la Syrie, à la frontière turque. Rappelons que la Turquie est en guerre ouverte avec les Kurdes. Il fuit la zone de combat avec sa famille pour Damas, où il est coiffeur, puis Alep. Il retourne à Kobané avant de se rendre en Turquie où il réside depuis 3 ans. Vivant de petits boulots, sa sœur Tima, installée au Canada, lui envoie régulièrement des mandats. À la radio de Vancouver, elle dit avoir recommandé à son frère de faire venir leur père, Abdullah, toujours résidant en Syrie, en Europe pour y faire soigner ses dents. Elle a du reste envoyé de l’argent à cette fin. Son frère lui dit alors qu’il se rendrait avec toute sa famille en Europe afin de ne pas laisser les deux garçons tous seuls [Ms. Kurdi, speaking Thursday in a Vancouver suburb, said that their father, still in Syria, had suggested Abdullah go to Europe to get his damaged teeth fixed and find a way to help his family leave Turkey. She said she began wiring her brother money three weeks ago, in €1,000 ($1,100) amounts, to help pay for the trip. Shortly after, she said her brother called her and said he wanted to bring his whole family to Europe, as his wife wasn’t able to support their two boys alone in Istanbul].
Nous sommes donc loin du coup monté médiatique qui nous a fait croire que la famille Kurdi fuyait les combats en Syrie.
Contrairement aux habitants de Kobané qui ont héroïquement résisté pendant trois mois aux assauts furieux de l’État Islamique, monsieur Kurdi a fui les combats alors qu’il est en âge de se battre. Il a laissé ses frères et ses sœurs le faire à sa place, puisque de nombreuses femmes kurdes ont pris part à ces combats acharnés. Lui vivotait en Turquie qui bombarde les Kurdes !
Avec l’argent de sa sœur, il fait appel à un passeur pour l’emmener de Turquie en Grèce pour la somme de 4 000 euros. Le navire chavire pendant le trajet, et toute sa famille meurt noyée, sauf lui. Monsieur Kurdi racontera différentes versions de son nauvrage aux autorités turques. À présent son seul désir est de vivre auprès des siens, enterrés à Kobané.
De cette tragique histoire, il restera le goût amer d’une manipulation grotesque d’un drame humain. Hélas pour les manipulateurs, le coup monté a fait pschitt. Aylan est mort, comme son frère, sa mère et son grand-père qui n’aura pas eu le temps de faire soigner ses dents en Europe. Contrairement à ce qui nous était promis, ce n’est pas cette photo qui fera chavirer l’Histoire. Par contre elle discrédite encore un peu plus la presse Bien Pensante. Qui croira encore les « grands » médias à présent ?
Le philosophe Nietzsche, ce grand amoureux de Nice et de la Côte d’Azur, nous l’a bien dit : « Ce qui me bouleverse, ce n’est pas que tu m’aies menti, c’est que désormais je ne pourrai plus te croire. »
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