Le Commandant en chef des Forces Aériennes saoudiennes, le Lieutenant-Général Muhammad Bin Ahmed Al-Shaalan a été tué par un missile Scud tiré par delà la frontière, par les rebelles Houtis du Yémen, contre la principale base aérienne du Roi Khalid, située à Khamis Mushayt, dans la région d’Asir, au Sud-Ouest de l’Arabie Saoudite, révèle Debkafile. Cette attaque s’est déroulée le 6 juin, mais sa mort est restée couverte par le sceau du secret jusqu’au mercredi 10 juin.
Considérée comme la base aérienne saoudienne la plus vaste, c’est de là que le royaume, au cours de ces derniers deux mois et demis, a lancé sa campagne aérienne contre les rebelles Houtis soutenus par l’Iran, avec leurs alliés dans l’armée yéménite et au sein des tribus locales. On estime à 2.000 morts, dont certains étant des civils, comportant des femmes et des enfants, le nombre de victimes de ce conflit.
Les sources de Debkafile dans le Golfe ont remarqué que même le dévoilement tardif de la mort du Général Al-Shaalan, mercredi, soulève plus de questions qu’il n’en résout. Ce communiqué laconique, qui ne fait pas plus de trois lignes, déclarait : « Le Commandant des Forces Aériennes Royales Saoudiennes, le Lieutenant Général Mohammed bin Ahmed Al Shaalan est décédé d’une crise cardiaque, mercredi, au cours d’un séjour de travail hors du Royaume. «
Aucune information n’a été fournie, sur la nature de ce supposé « séjour de travail », ni sa destination ni ses objectifs – pas plus que sur la date de ses funérailles ».
Nos sources militaires révèlent que l’attaque au Scud menée par les Houtis, a pris les Saoudiens par surprise. La seule réaction de cette base aérienne est venue des équipes américaines servant les batteries anti-missiles Patriot. Elles ont tenté d’abattre les missiles entrant et réussi à n’intercepter que deux ou trois, dans le cadre d’un tir de barrage de 15 missiles.
Les américains ont déployé des batteries Patriots à Khamis Mushayt pour servir de bouclier aux unités des opérations spéciales et aux drones combattant Al Qaïda en Arabie (AQPA). Mais depuis le début de la guerre civile au Yémen, les drones américains alimentent les forces aériennes saoudiennes en matière de renseignements surles cibles et les mouvements Houtis.
L’agression yéménite contre une base aérienne saoudienne a constitué une escalade majeure dans la guerre aérienne yéménite, avec des conséquences importantes sur la relation complexe des Etats-Unis avec l’Iran, dans le cadre de ce conflit au Yémen.
Les sources militaires de Debkafile affirment que les équipages manipulant les Scud Houti ont, sans l’ombre d’un doute, reçu des données précises de la part des renseignements iraniens, concernant les allées et venues du Général Al-Shalaan et de son équipe rapprochée, pour le jour de leur attaque. Grâce à cette information, ils ont été en mesure de minuter leur attaque et de la verrouiller pour 3 heure du matin avant l’aube, de prendre pour cible les quartiers de casernement et les hangars où se situent les avions.
Téhéran a, très probablement, programmé cette attaque de Scuds des Houtis, à la fois pour pouvoir faire un maximum de dégâts sur cette base d’où partent les frappes aériennes saoudiennes contre ces mêmes Houtis et pour faire payer aux drones américains les renseignements qu’ils fournissent à ces frappes aériennes.
Riyad dissimule les circonstances de la mort du chef des forces aériennes pour éviter d’affecter le moral des combattants saoudiens prenant part à la guerre au Yémen. L’administration Obama a, aussi, intérêt à tirer un voile de dsicrétion sur cet « incident », afin de ne pas mettre en péril les négociations nucléaires avec l’Iran, alors qu’elles vont entrer dans leur phase finale, peu avant la date-butoir du 30 juin.
DEBKAfile Reportage Exclusif 12 juin 2015, 6:36 PM (IDT)
Adaptation : Marc Brzustowski.
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