Les premières ailes d’Israël de Robert Gandt

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Les premières ailes d’Israël

 

 

 

 

 

 

 

Ou les débuts de l’armée de l’Air israélienne en 1947-1948

Le 14 mai 1948, dernier jour du mandat britannique sur la Palestine, est marqué par la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël.

Prononcée par le Premier ministre, David Ben Gourion, la déclaration fait suite au plan de partage de la Palestine tel que voté en novembre 1947 à l’ONU. Avec la fin programmée du mandat britannique, un Conseil national s’est déjà mis en place, notamment pour défendre le jeune Etat.

Les pays voisins (Égypte, Irak, Syrie, Liban, Transjordanie) sont en effet hostiles à la création d’un tel Etat au Proche-Orient.

Dès le lendemain de l’indépendance, le 15 mai, leurs armées passent à l’attaque, en visant Tel Aviv. Faute d’une armée régulière, le Conseil mis en place par Ben Gourion avait anticipé cette première guerre israélo-arabe en constituant dans le plus grand secret les bases d’une armée de l’Air.

En recrutant des pilotes militaires américains, canadiens et sud-africains, principalement juifs, démobilisés depuis peu suite à la fin de la Seconde Guerre mondiale, une armée va se constituer petit à petit dès la fin 1947.

De manière clandestine, des avions de transport et de chasse vont être acquis. De tous types, du Norseman au Curtiss C-46 Commando en passant par le Douglas C-54.

La recherche, la préparation des machines, leur convoyage sous différents prétextes, font que le lecteur de cet ouvrage se retrouve plongé dans un « polar », avec le FBI aux trousses car un embargo sur les armes a été décidé par les principaux pays.

Faute de moyens financiers importants, les responsables de cette force aérienne encore en gestation prennent ce qu’ils trouvent. Ironiquement, pour les premiers chasseurs, seront ainsi retenus des… Messerschmitt Me-109 conçus par l’Allemagne nazie, ou plutôt leur version tchèque désignée Avia S199 Mezek.

Les premiers exemplaires arriveront quelques jours seulement après le début du conflit, sans grand entraînement de la part des pilotes et avec un armement mis en place dans l’urgence.

L’appareil, baptisé localement La Mule, n’a pas bonne presse avec son train classique, qui plus est étroit et qui a déjà causé quelques soucis précédemment aux pilotes de la Luftwaffe.

Les pilotes volant sous les couleurs israéliennes n’y échapperont pas avec quelques pertes subies à l’atterrissage mais, même si parfois un seul chasseur était opérationnel un jour donné, le 109 participera à la première mission militaire de l’Etat d’Israël. Cette présence aérienne constituera un tournant du conflit.

Au fil du temps, les machines évolueront, allant du Spitfire – des chasseurs bricolés au niveau des réservoirs supplémentaires installés sous les ailes pour éviter des escales dans certains pays lors de leur convoyage – au Mustang en passant par le Beaufighter. La flotte demeure cependant très hétéroclite.

Le 15 mai 1949, les avions constituant le « premier défilé aérien célébrant la victoire d’Israël » est là pour en témoigner : Piper Cub, Auster, Dragon Rapide, T-6, Bonanza, Norseman, Lodestar, Curtiss C-46, Boeing B-17, Douglas DC-3, Bristol Beaufighter, Spitfire, Mustang et encore une poignée de Me-109.

Si ce conflit a duré un peu plus d’un an, avec des armistices signés courant 1949 avec chacun des pays adversaires, l’ouvrage de Robert Gandt retrace toutes les péripéties rencontrées au fil des mois par les acteurs de ces « premières ailes israéliennes », un pan de l’histoire aéronautique peu connu.

Il a mené l’enquête auprès des derniers acteurs, de leurs proches, bénéficiant d’archives privées pour son ouvrage « Angels in the sky » dont les éditions Nimrod ont assuré l’édition française.

On ne s’ennuie pas à la lecture des 49 chapitres et d’un épilogue passant en revue certains personnages croisés dans le récit, au vu du nombre de rebondissements, de succès ou de drames accumulés au fil des pages – comme des accidents mortels lors de convoyages « improvisés » dont notamment la disparition de l’as canadien Beurling. Une seule critique, une traduction parfois approximative de termes aéronautiques que le lecteur-pilote rétablira de lui-même…   ♦♦♦

Photos © DR

– Les premières ailes d’Israël, par Robert Gandt. Ed. Nimrod. 430 p. 23,00 €

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