Israël/”Journée de Jérusalem”: il y a 53 ans, la ville était réunifiée

i24NEWS  21 mai 2020 à 09:21

Au lieu de marcher dans les rues, 700 personnes ont été autorisées à former une chaîne humaine

Israël marque jeudi le 53eme anniversaire de la réunification de la ville de Jérusalem, dans un contexte particulier cette année de crise du coronavirus.

La journée est généralement marquée par une marche dans le quartier musulman de la Vieille ville se terminant au Mur occidental.

Or, en raison du coronavirus, elle sera cette année plus petite et plus adaptée face à la pandémie. Au lieu de marcher dans les rues, 700 personnes seront autorisées à former une chaîne humaine autour de nombreuses portes de la Vieille ville.

Selon la date du calendrier hébraïque, après d’intenses combats menés pendant la Guerre des Six Jours, les parachutistes de Tsahal avaient pris le contrôle du mont du Temple et du Mur des Lamentations, il y a 53 ans.

“Le mont du Temple est entre nos mains”, avait alors déclaré le colonel Motta Gur dans un rapport. Une déclaration qui reste jusqu’à aujourd’hui l’une des plus connues de l’histoire de l’Etat hébreu.

La chanson populaire israélienne “Jérusalem d’Or” – en hébreu, Yeroushalayim shel Zahav – avait également été écrite par Naomi Shemer et chantée par Shuli Natan après la réunification de la ville trois fois sainte en 1967.

Rassemblement près de la porte de Damas dans la Vieille ville de Jérusalem à l'occasion de la Journée de Jérusalem le 2 juin 2019

 

Yom Yerouchalayim: Jérusalem réunifiée depuis 1967 (vidéos)

       Jforum le 21.05.2020 42e jour du Ômer

 

Ville D’Élection
Reflet de la Divine demeure
Ville Royale, établie par David
Pour sa messianique lignée
Ville de Sainteté
Initiée à travers ses prêtres
Au service de L’Unique Révéré
Ville éprouvée
Site de toutes les convoitises
Ville solitaire
Longtemps endeuillée
Ville éternellement attachée
A ses serments de Fidélité
Ville de toutes les mémoires
De notre longue histoire
Des lustres du passé
Des douloureuses traversées
Des déchirures, des silences
Des séparations forcées
Des souillures, des offenses
Des soumissions imposées
Ville qui, épousant le Temps
Patiemment attendait…
Ville qui espérait
Le retour de ses enfants exilés
Ville retrouvée par ceux
Qui n’ont jamais cessé de t’aimer
Non pour te ravir et t’enchaîner
Mais pour te reconstruire, te parer
Des neuf parts de beauté
Dont le ciel t’a dotée
Ville, malgré les années
Belle et sans rides
Souriant à nos espérances
A tes constructeurs, à tes bâtisseurs
Venus de loin te relever
Ville qui ne s’est jamais reniée
Qui relève la tête, métamorphosée
Sous des traits de modernité.
Ville toujours en quête
De son intrinsèque pureté
Ville en marche
Vers les temps rédimés, retrouvant
La voix de ceux qui ont prophétisé
Ville qui aspire au vieux rêve du voyant
Faire de Toi Jérusalem
La Ville Habitée du Souffle
De La Divine Présence
De Lumière Révélée et de Paix.
Yérouchalaïm    A. B

Quel est ce pays au nom biblique
Où peu d’êtres sont mélancoliques
Où les jeunes de toutes obédiences
ont des visages remplis de science ?

Quel est ce pays où l’histoire
Surclasse la géographie
Avec un espace mince et fragile
Sur une carte repoussoir ?

Quel est ce pays aux peuples divers
Qui nous éloignent de notre hiver
Chaque nation est un gage d’espoir
Pour abreuver notre soif de terroir

Quel est ce pays où coulent le lait et le miel
Où les hommes accomplissent un labeur
Si ardu qu’il nuit au bonheur simple
pourraient trouver sous un autre ciel

Pourquoi des hommes assis dans l’apparent
Confort ont choisi ce toît différend
Pour mettre à l’abri leur famille
De la perte d’identité et la survie ?

Israël est ainsi ce grand univers
Confié par le Créateur aux hommes
Afin qu’ils cherchent les normes
De leurs sources sans travers.

Jforum

 

A l’occasion de Yom Yerouchalayim, le 28 Iyar (Vendredi 22 mai 2020), il faut relater l’histoire de la reconquête israélienne de Jérusalem-Est durant la Guerre des 6 Jours (1967)

Le 5 juin 1967 éclate la Guerre de Six Jours. Ignorant l’appel conciliateur adressé par le gouvernement israélien au roi Hussein,  l’artillerie jordanienne ouvre le feu sur toute la longueur de la ligne de démarcation.

L’armée jordanienne s’empare du quartier général des Nations Unies sur une hauteur stratégique, menaçant ainsi la banlieue sud de Jérusalem.

En cette heure de triomphe arabe, Hussein ne veut pas se tenir à l’écart. Moshé Dayan, qui vient d’être nommé ministre de la Défense passe alors à l’offensive contre la Jordanie. Quelques heures plus tard, des fantassins israéliens prennent d’assaut le mont où  est situé le quartier général de l’ONU. Ils en chassent les occupants jordaniens. Profitant de leur élan, ils avancent dans la vallée de Hébron et coupent les voies de communications entre Bethléem et Jérusalem.

Le Général Uzi Narkis, le commandent israélien de Jérusalem-est, profite pour consolider les positions : il fait prendre la crête montagneuse  dominant la route qui conduit de Ramallah à Jérusalem. Désormais, toutes les voies d’accès à Jérusalem sont  interdites aux Jordaniens.

Le 6 juin, à 2 heures, les soldats israéliens percent les lignes jordaniennes au nord du pont de passage appelé « la porte de Maudelhaum » Ils neutralisent la résistance jordanienne et se fraient un chemin à travers les champs de mines.

A l’aube, ils ont atteint le complexe fortifié du Musée de Rockefeller, juste en face des remparts de l’angle nord-est de la Vieille Ville.

Ce sont les hommes de Mordehaï Gur qui hissent le drapeau frappé de l’étoile de David sur le Musée de Rockefeller. De là, Mordahaï Gur attend l’ordre du commandant en chef qui permettrait de lancer l’assaut contre la Vieille Ville. Mosché Dayan a fini par persuader Levi Eschkol qu’à défaut d’y entrer il fallait encercler la Vieille Ville. L’opération doit avoir lieu la nuit suivante.

A 10 h, le 7 juin 1967, Mordéchaï Gur envoie au commandant en chef le message suivant :

« Conquérants de Jérusalem, quand les Grecs s’emparèrent de la colline du Temple, les Maccabées la délivrèrent. Lorsque le second Temple fut détruit, Bar Kohba opposa une résistance héroïque aux  Romains. Pendant deux mille ans, aucun juif n’avait eu le droit de monter sur la colline  du Temple. Mais maintenant, vous êtes là, et vous avez rendu la colline du Temple à la nation juive. Les battements du cœur de chaque juif sont voués au Mur de Lamentations. Ce mur est de nouveau entre nos mains. Au cours des siècles, d’innombrables juifs ont risqué leur vie pour venir à Jérusalem, pour pouvoir vivre ici. La colline du Temple appartient aux juifs. »

Les soldats israéliens se mettent aussitôt à la recherche du Mur de Lamentations qu’aucun d’eux n’avait jamais approché. Mais ils sont incapables de s’orienter dans la Vieille Ville. Ils doivent consulter des plans et chercher longtemps avant de trouver le sanctuaire, à l’écart des voies qui traversent la Vielle Ville. Quant à Moshé Dayan, il peut déclarer :

« Nous sommes retournés auprès de ce qui est le plus sacré dans notre pays. Nous y sommes retournés pour ne plus jamais nous en séparer. »

Le 27 juin 1967, la Knesset ou parlement israélien vote la loi de protection des Lieux Saints et adopte une législation étendant au secteur oriental les lois des institutions administratives et des services publics de la Jérusalem occidentale

Le lendemain, la frontière entre l’est et l’ouest de la ville de Jérusalem est supprimée. Désormais les Juifs retrouvent le Mur occidental dont l’accès leur était interdit depuis 1948.

Après la Guerre des Six jours, le grand philosophe religieux Abraham Heshel vient en 1967, faire un pèlerinage à Jérusalem il écrit dans ses Mémoires :

« J’ai découvert un nouveau pays. Israël n’est plus le même qu’avant. Quelle stupéfaction ! C’est comme si les prophètes s’étaient relevés de leurs tombes. Leurs paroles résonnent de façon nouvelle. Jérusalem est partout, elle domine le pays tout entier. Il y a un nouveau rayonnement, un nouvel émerveillement… Mes ancêtres n’ont pu que rêver de toi, pour toute ma famille à Auschwitz tu étais plus lointaine que la lune et moi je peux toucher tes pierres ! L’ai-je mérité ? Comment pourrai-je jamais m’acquitter de ces moments ? Jérusalem est un témoin, un écho d’éternité. »

Le 12 mai 1968, le gouvernement israélien proclame le 28 Iyar comme un jour férié en tant que « Journée de Jérusalem ». Le 23 mars 1998, la Knesset décide de faire de ce jour une fête nationale. La communauté juive la commémore comme la « libération » de la vieille ville et de ses lieux saints.

Comme pour la Journée de l’indépendance d’Israël, le Grand Rabbinat d’Israël a décrété que chaque année, la Journée de Jérusalem devrait être célébrée dans la joie, notamment par des prières et coutumes religieuses particulières.

par  Jforum

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