Guerre en Ukraine, en direct : Vladimir Poutine annonce « une mobilisation militaire partielle ».

« Seuls les citoyens qui se trouvent sur les listes des réserves doivent être mobilisés », a déclaré le président russe, mercredi, dans une allocution télévisée, alors que les forces ukrainiennes ont mené une vaste contre-offensive ces dernières semaines. La Russie utilisera « tous les moyens » à sa disposition pour se « protéger », a ajouté M. Poutine.

Vladimir Poutine annonce une « mobilisation militaire partielle »

Le président russe vient d’annoncer, au cours de son adresse à la nation, avoir signé un décret pour une « mobilisation militaire partielle » dès aujourd’hui en Russie, afin de remplir les objectifs de son « opération militaire spéciale » en Ukraine. « Seuls les citoyens qui se trouvent sur les listes des réserves doivent être mobilisés et surtout tous ceux qui ont une expérience militaire pertinente », a déclaré Vladimir Poutine.

Poutine a déclaré que cette mobilisation des réservistes était « pleinement adaptée aux menaces auxquelles nous sommes confrontés, à savoir protéger notre patrie, sa souveraineté et son intégrité territoriale, assurer la sécurité de notre peuple et des peuples dans les territoires libérés ».

Avant cela, dans une violente diatribe, il avait affirmé que « l’objectif de l’Occident est de détruire la Russie », après avoir « réussi à briser l’URSS ». « Nous avons cherché des solutions pacifiques mais l’Occident les a rejetées », a-t-il ajouté.

Pour justifier la tenue des référendums dans les régions ukrainiennes occupées de Louhansk, Donetsk, Zaporijia et Kherson, portant sur un « rattachement » à la Fédération de Russie, dès vendredi, M. Poutine a dénoncé la « violence »« les intimidations » qui « prennent des formes terribles » et « ont commencé dès 2014 » dans ces régions à l’encontre des populations, a-t-il lancé, ajoutant : « A Zaporijia, à Kherson, les citoyens ont vu cette violence »« Nous n’avons pas le droit de laisser ces populations à la merci des barbaries. Il faut que ces populations puissent avoir le droit à l’autodétermination », a-t-il fait valoir.

Poutine : une menace nucléaire crédible ?

Dans une interview, Joe Biden a récemment mis en garde contre l’éventuelle utilisation par la Russie d’armes nucléaires dans le cadre de la guerre en Ukraine. Les récents bombardement autour de la central de Zaporijia viennent également confirmer que le facteur nucléaire est bien de retour avec ce conflit en Ukraine. Ce n’est pas le risque nucléaire le plus important que le monde ait connu depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Pour autant, ce risque est important et est à prendre en compte, d’autant plus dans un contexte où les positions de l’armée russe en Ukraine sont affaiblies.

Pourquoi Poutine peut perdre 

Face à une armée russe en déroute, l’hypothèse d’une victoire ukrainienne grandit. Pris dans une logique infernale, le chef du Kremlin, affaibli, voit sa marge de manoeuvre se réduire.

Jusqu’au mois dernier, rares sont ceux qui posaient sérieusement cette question. L’armée russe écrasait les forces ukrainiennes sous un tapis de bombes, et l’on voyait, semaine après semaine, des villages tomber entre ses mains. Mais ce « grignotage » était une illusion, relève Phillips P. O’Brien, professeur d’études stratégiques à la prestigieuse université de St Andrews : « En surface, il ne s’est pas passé grand-chose cet été. L’artillerie russe semblait plus forte. En réalité, les Ukrainiens ont épuisé les forces russes en leur faisant payer le prix fort pour chaque avancée dans le Donbass. Leurs faibles gains se sont, en fait, apparentés à une saignée. »

« S’il perd cette guerre, Poutine va perdre le pouvoir »

Cette fois, l’affaire est bien plus grave. « Poutine sait que s’il perd cette guerre, il va perdre le pouvoir, voire la vie, parce que c’est lui qui est personnellement responsable de son déclenchement », souligne Galia Ackerman. « Son départ n’est plus qu’une question de temps », tranche Mikhaïl Khodorkovski, que L’Express a rencontré à Londres, où il est exilé. L’ancien patron de Ioukos, jeté en prison pendant dix ans par Poutine, ne croit pas à la mobilisation générale : si le pouvoir donne des armes au peuple pour se battre en Ukraine, « celui-ci peut très bien, dit-il, les tourner dans l’autre sens… » Pas plus qu’il ne juge crédible le recours par Moscou à une arme nucléaire tactique. « Poutine perdrait ses derniers alliés en Europe. Et cela ferait de lui, personnellement, une cible », argumente-t-il.

Pourtant, le président américain Joe Biden n’écarte pas cette éventualité. « Ne le faites pas », a-t-il répété trois fois à la télévision, ce 18 septembre, tout en promettant une réaction « conséquente » si son homologue russe franchissait le pas. Encore faudrait-il que la chaîne de commandement militaire russe le laisse faire…

JForum.fr

1 COMMENTAIRE

  1. En Russie, le pouvoir n’est pas électif mais occupatif. Il appartient à celui qui est assez fort pour s’en emparer et le conserver. Des voix ont réclamé publiquement le départ de M Poutine, voire sa mise en jugement. Ceci prouve que sa position est affaiblie, un dictateur qu’on ose critiquer à haute voix est en péril, la faiblesse est un crime impardonnable.

    M Poutine se trouve devant un choix difficile, il faut renforcer l’armée mais le peuple, qui ne se sent pas menacé, n’accepte pas qu’ on envoie la jeunesse à l’ armée, ou traditionnellement les soldats sont traités d’ une façon peu imaginable en Occident. On peut espérer que la situation s’est un peu améliorée depuis vingt ans. Et une défaite militaire mettrait M Poutine en danger, en effet, de perdre non seulement le pouvoir mais la vie. Cela peut il le pousser à des solutions désespérées, comme l’ utilisation d’ armes atomiques ?

    J’en doute, ce serait mortellement dangereux pour l’ oligarchie dirigeante. Je crois que M Poutine en serait empêché, au besoin par le pistolet ou le poignard.

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