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Un militant incarcéré en Russie affirme avoir été torturé

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Un militant de l’opposition russe, condamné à deux ans et demi de camp pour « manifestations non-autorisées », a affirmé mardi être régulièrement torturé et passé à tabac par ses surveillants, dénonçant des conditions de détention « insupportables ».

« Passages à tabac permanents, tortures, humiliations, insultes et conditions de détention insupportables, tout cela arrive non seulement à moi, mais aussi aux autres détenus », affirme Ildar Dadine, 34 ans, dans une lettre à sa femme, Anastassia Zotova, publiée par le site d’information indépendant en russe Meduza, basé en Lettonie.

En décembre 2015, M. Dadine a été le premier opposant à être condamné en Russie pour « violations à répétition des règles concernant l’organisation d’une manifestation », un délit introduit dans le Code pénal en 2014 et passible de peines allant d’une forte amende à cinq ans de détention.

En 2014, Ildar Dadine avait été arrêté quatre fois et condamné à une amende pour avoir participé à une action non autorisée sur la voie publique: à deux reprises, il était seul et portait une pancarte en soutien à d’autres opposants emprisonnés et à deux autres reprises, il était accompagné d’une dizaine de personnes.

Conformément à la nouvelle loi, décriée par les défenseurs des droits de l’Homme, toute personne ayant fait l’objet de poursuites administratives pour violation de la législation sur les manifestations plus de deux fois en six mois est passible de poursuites criminelles.

Transféré en septembre dans le camp pénitentiaire IK-7, dans la région de Petrozavodsk (nord-ouest), Ildar Dadine raconte avoir aussitôt été placé au cachot, « une pratique courante » dans cet établissement, selon lui, « pour que les nouveaux-venus comprennent tout de suite dans quel enfer ils se trouvent ».

Dans le cachot, « il y avait entre 10 et 12 personnes qui me tabassaient en même temps, notamment avec les pieds », dit M. Dadine dans cette lettre dictée à son avocat, en précisant avoir également été menacé de viol et de mort.

« Je n’ai pas peur de la mort, ce que je crains le plus, c’est de ne pas supporter les tortures et de jeter l’éponge », souligne le militant.

L’antenne locale des services pénitentiaires a indiqué au journal d’opposition Novaïa gazeta que des surveillants avaient en effet « eu recours à la force physique » contre M. Dadine, ce dernier ayant « refusé de manière grossière de sortir de sa cellule et d’être fouillé ».

Contactée par l’AFP, l’administration de la colonie pénitentiaire IK-7 n’était pas joignable dans l’immédiat.

Le président de l’ONG Comité contre la torture, Igor Kaliapine, a annoncé à l’AFP avoir demandé aux autorités de pouvoir rendre visite à Ildar Dadine.

« Je suis prêt à y aller immédiatement », a assuré M. Kaliapine, qui fait partie du Conseil consultatif pour les droits de l’Homme auprès du Kremlin.

Les violences et mauvais traitements de la part des surveillants dans les camps et prisons en Russie sont régulièrement dénoncés par les familles des prisonniers et des ONG spécialisées dans la surveillance des lieux de détention.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé que cette affaire « méritait la plus grande attention » et assuré à la presse que le président Vladimir Poutine serait tenu informé.

Pour sa part, la déléguée russe pour les droits de l’Homme, Tatiana Moskalkova, a indiqué à l’agence officielle TASS avoir demandé que la justice vérifie ces affirmations et avoir dépêché une commission de surveillance dans ce camp.

Elle a ajouté avoir reçu des photos d’Ildar Dadine où « aucun signe de passage à tabac n’est visible ».

Le comité d’enquête local a annoncé de son côté avoir envoyé des enquêteurs dans ce camp pour vérifier « des publications de presse sur un recours à la torture contre un détenu ».

 La Libre

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