Un jumeau numérique de la Terre pour mieux étudier le changement climatique.

La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), Nvidia et Lockheed Martin s’associent afin de créer un jumeau numérique de la Terre qui permettra aux chercheurs de comprendre plus rapidement certains aspects du réchauffement climatique.

Lors de la SuperComputing conférence 2022 à Dallas dans l’État du Texas, Nvidia a annoncé un partenariat avec Lockheed Martin et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) afin de créer un jumeau numérique de la Terre. Objectif : permettre aux scientifiques d’analyser plus rapidement les effets du changement climatique afin de mieux y répondre.

Permettre aux chercheurs d’analyser plus rapidement

Alors que la COP 27 se déroule actuellement en Égypte, les effets du réchauffement climatique se font de plus en plus ressentir. Températures bien au-dessus des moyennes de saison, phénomènes météorologiques extrêmes, sécheresses… Les prédictions des chercheurs sont en train de se produire, et il faut agir très rapidement afin de ralentir le phénomène.

Dans ce contexte, la NOAA, agence gouvernementale américaine responsable de l’étude de l’océan et de l’atmosphère, a engagé deux entreprises, Nvidia et Lockheed Martin, pour l’aider à créer une simulation jumelle numérique des modèles météorologiques et climatiques de la Terre. Baptisée Earth Observation Digital Twin (EODT), l’initiative n’en est qu’au stade de prototype et devrait être disponible en septembre 2023.

Avec cette technologie destinée aux chercheurs de la NOAA, les trois entités souhaitent réduire de plusieurs heures à quelques minutes le temps nécessaire à la création de visualisations météorologiques complexes à partir de téraoctets de données. Ils veulent « aider les chercheurs de la NOAA, et éventuellement d’ailleurs, à prendre des décisions plus rapidement sur la base des dernières données disponibles », explique Nvidia.

Le rôle des trois entités

Le projet EODT s’appuie sur plusieurs initiatives de Nvidia, notamment Earth-2, son outil de simulation de l’univers au niveau planétaire, ses outils d’analyse des incendies de forêt et le cadre d’IA Modulus de Nvidia, ainsi que ses « jumeaux numériques », présentés au mois d’août et dédiés à l’analyse scientifique et industrielle en temps réel.

Ainsi, Nvidia va développer des connecteurs permettant d’importer des données instantanées recueillies par OpenRosetta3D, un logiciel de l’entreprise Lockheed Martin utilisé, notamment par la NASA, pour l’analyse d’images à grande échelle et la modélisation géospatiale.

Ces données seront transférées dans Nvidia Omniverse Nucleus afin d’être utilisées comme descripteurs de scène universels (USD), un format de fichier qualifié par les dirigeants de Nvidia de « HTML de la 3D », rapporte The Register. Le jumeau numérique de la Terre « comportera une fusion de données de capteurs, de données architecturales et de données déduites par l’IA, le tout combiné à diverses capacités de visualisation déployées dans le cloud et sur diverses stations de travail », a déclaré Peter Messmer, directeur principal du groupe HPC Developer Technology chez Nvidia.

« Grâce à l’intelligence artificielle et à l’apprentissage automatique, nous sommes en mesure de mettre en évidence les anomalies dans ces données, ce qui permet de réduire cet océan de données à un ensemble de points intéressants que les experts peuvent exploiter, afin de fournir un aperçu et de prendre des décisions », explique Matt Ross, directeur principal des programmes stratégiques chez Lockheed Martin.

Première étape, la température à la surface de la mer

La première étape consistera en une visualisation des données relatives à la température de surface de la mer. Sa hausse peut en effet faire augmenter la vapeur d’eau dans l’air au-dessus des océans, ce qui peut à son tour entraîner des risques accrus de fortes pluies et de chutes de neige. Dans le même temps, le changement des températures de la mer risque de modifier la trajectoire des tempêtes, contribuant potentiellement à la sécheresse dans certaines régions.

Bien qu’initialement axé sur la visualisation des données climatiques, Nvidia a déclaré que le système pourrait également être utilisé pour d’autres applications à l’avenir. L’entreprise rappelle en outre qu’il n’est pas pensé pour réaliser des prédictions, mais plutôt pour saisir et refléter de la manière la plus fidèle possible les situations existantes.

Source : siecledigital.fr – par Mathilde Rochefort

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