Une enquête spéciale menée par des sources des renseignements et du contre-terrorisme iranien a permis de découvrir que le procureur juif-argentin Alberto Nisman, 51 ans, a été assassiné le 18 janvier par un agent iranien, qui a réussi à gagner sa confiance, en se faisant passer pour un transfuge désertant l’Iran, sous le nom supposé d’Abbas Haqiqat-Ju.
Son assassin a frappé quelques heures avant que Nisman n’expose devant le Parlement argentin les preuves que la Présidente Cristina Kirchner et le Ministre des Affaires étgrangères, Hector Timerman ont cherché à effacer les traces de la complicité de l’Iran dans le pire attentat jamais commis en Argentine, l’attentat à la bombe contre le Centre communautaire et caritatif juif de Buenos-Aires, lors duquel 85 personnes ont trouvé la mort, deux ans après que 29 autres aient été tuées dans l’explosion de l’Ambassade israélienne.
Les preuves dont disposait Nisman, si elles avaient été diffusées, auraient, en définitve, prouvé la culpabilité de l’Iran dans ces deux attentats terroristes.
Selon notre enquête, deux Ministres des renseignements iraniens, le titulaire en poste, Mahmoud Alavi et son prédécesseur, Hojjat-ol-Eslam Heydar Moslehi, ot, depuis neuf ans, se sont creusé le cerveau pour trouver un moyen de faire taire le procureur juif, dès qu’il commencerait à pouvoir prouver l’origine des attentats. Ils ont travaillé avec doigté, main dans la main avec des agences gouvernementales et de renseignement argentins.
(En Iran, les Ministres des renseignements prenaient leurs ordres directement chez le Guide Suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, tout en assistant aux réunions du cabinet décisionnaire).
Le type d’arme Bersa 22 qui a tué Nisman
La main clandestine de Téhéran est profondément infiltrée aux Amériques.
Nisman a rendu les pouvoirs existants à Téhéran particulièrement nerveux, parce que a) il était un enquêteur honnête et courageux qui cherchait à connaître la vérité b) ilétait Juif et disposait de relations actives en Israël et c) dans la poursuite de son enquête, il a étendu ses larges filets pour inclure des contacts avec le Mossad israélien et la CIA.
En outre, en 2006, après trois ans de travail sur la question, le procureur a rassemblé les éléments d’un rapport des renseignements sur l’incroyable portée de la pénétration des renseignements iraniens, utilisant les services d’agents du Hezbollah libanais, très en profondeur dans les appareils du gouvernement et des renseignements de nombreux pays latino-américains – non seulement en Argentine, mais aussi au Brésil, en Uruguay, au Chili, au Surinam, à Trinidad et Tobago, ainsi qu’en Guyane.
Dès que le rapport s’est trouvé déposé devant le gouvernement à Buenos-Aires, il a été immédiatement bloqué pour empêcher sa publication.
Pas du tout dissuadé de poursuivre, Nisman s’est rendu à New-York en 2007 et a exposé oralement son contenu devant des responsables importants de la CIA et des bureaucrates du Secrétariat de l’ONU. Son exposé dévoilait au grand jour un grand nombre de diplomates et d’agents iraniens opérant aux Etats-Unis, sous couverture de l’Ambassade pakistanaise à Washington.
Il est difficilement surprenant qu’en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, cette information a filtré du Secrétariat de l’ONU jusqu’à Téhéran, ajoutant encore à l’urgence de se débarrasser de cette douloureuse épine dans le pied des réseaux opérationnels clandestins de la République Islamique contre l’Occident.
La corruption ne pourrait pas marcher avec Nisman.
Les organes de sécurité iraniens ne sont pas étrangers à la pratique des assassinats politiques à l’intérieur et parmi ses communautés d’exilés, dans des endroits comme la France, l’Autriche et l’Allemagne.
Mais, en premier lieu, ils ont tenté de gagner cette manche argentine par la corruption, qui avait toujours fonctionné auparavant à Buenos-Aires. Pour 10 millions de $, Carlos Saul Menem (Président argentin entre 1989 et 1999) et ses sous-fifres avaient bien accepté de clôturer l’enquête sur les deux attentats terroristes à la bombe.
Téhéran a manipulé différemment la Présidente Kirchner. On lui a promis des bénéfices économiques et commerciaux pour l’Argentine, ainsi que des avantages financiers substantiels pour les chefs du gouvernement et des renseignements.
Des sources de Debkafile à Washington révèlent que, tout d’abord, Kirchner craignait que la soudaine disparition de Nisman la rendrait suspecte etlui coûterait sa présidence. Mais Téhéran lui a assuré, par le biais de ses canaux privés de communication que l’acte serait accompli proprement, sans laisser la moindre trace. Certains chefs des renseignements argentins ont avidement adopté le plan d’assassinat et offert leur assistance.
La première étape a été franchie, en 2010, lorsqu’un Iranien a contacté Nisman pour lui proposer une rencontre secrète. Il s’est présenté comme un ancien haut responsable des renseignements iraniens qui avait fait défection, fui au Danemark et qui voulait s’envoler vers Buenos-Aires avec une mallette dissimulée de documents confidentiels relatifs à l’attentat à la bombe contre le Centre juif.
Le faux dissident a passé 4 ans à obtenir sa confiance.
Il prétendait que ces documents démontraient, en détail la complicité dans ces crimes de Mohsen Rabbani, alors responsable principal des renseignements à l’Ambassade iranienne en Argentine.
Selon l’enquête de Debkafile, Rabbani a été le principal concepteur de cette opération.
Le rendez-vous accepté s’est déroulé à Buenos-Aires. Le faux dissident, qui s’est présenté comme étant “Abbas Haqiqat-Ju,” a transmis à Nisman des documents authentiques contenant des preuves de l’implication de l’Iran dans les attentats. Cela permettait de conslider sa couverture en tant qu’ennemi du régime, prêt à trahir ses secrets. Au cours d’une relation qui a duré 4 ans, le faux dissident a fini par convaincre le procureur de sa bonne foi. L’Argentin a fait appel à des collègues d’agences amies pour vérifier une partie du matériel hautement confidentiel qu’on lui avait confié et ils ont démontré qu’ils étaient bien réels. Par conséquent, celui qui les avait apporté était bien un authentique transfuge iranien.
En décembre 2014, Nisman était prêt à soumettre un rapport de 300 pages documentant l’ensemble de ses découvertes sur le rôle de Kirchner dans le brouillage de l’enquête sur les crimes terroristes de l’Iran, deux décennies après les évènements. Téhéran a décidé que l’oiseau était fin prêt à se faire plumer et qu’il était temps qu’Haqiqat-Ju touche les bénéficies de son investissement patient dans la manière de gagner sa confiance.
Lors d’un appel secret, le faux transfuge révélait qu’un officier de haut-rang des renseignements qui lui était fidèle avait réussi à fuir Téhéran avec une autre mallette pleine de papiers de la plus haute importance qui apportaient une lumière de grande valeur sur la collaboration criminelle des agences de sécurité argentines avec les agents opérationnels iraniens, dans l’attentat à la bombe contre le Centre Juif.
Trois coups à la porte pour commettre le meurtre.
Il a expliqué que le deuxième dissident avait besoin d’un endroit totalement stérilisé pour leur rencontre. Haqiqat-Ju a averti le procureur qu’il devait demeurer totalement silencieux au sujet de ce rendez-vous. Les renseignements argentins étant bourrés d’agents iraniens, la moindre allusion à cette rencontre révèlerait le jeu aux oreilles de Téhéran. Par-dessus tout, s’il voulait vraiment examiner les nouveaux documents, il devait se débarrasser des dix gardes du corps qui lui étaient assignés et être seul quant l’hôte arriverait à son domicile du 13ème étage de la tour du Parc, dans le quartier de Puerto Madero à Buenos-Aires. Cet invité-mystère signalerait son arrivée par trois coups à la porte. Nisman ne devait pas le laisser attendre, mais le faire entrer immédiatement.
Avant de mettre l’assassinat en scène, Haqiqat-Ju a secrètement loué un appartement à la porte d’à-côté. C’est lui qui a frappé à la porte les trois coups du 18 janvier. Le procureur a ouvert la porte à son meurtrier. En tant que confident qu’il était devenu, il savait exactement où se trouvait le petit pistolet que Nisman avait emprunté à un ami, pour pouvoir l’utiliser, lui tirer dessus et le tuer.
L’assassin iranien s’est ensuite enfui par le système de chauffage central reliant les deux appartements et a endossé un déguisement. Ses complices argentins avaient, auparavant, débranché les caméras de sécurité du bâtiment et ainsi, il a réussi à sortir en marchant, à atteindre l’aéroport et à s’envoler g^race à un faux-passeport pour Montevidéo, de là vers Dubaï et finalement pour Téhéran.
Son meurtrier était parti depuis longtemps lorsqu’on a découvert le procureur sans vie, dans une piscine pleine de sang de sa salle de bain,tué d’une seule balle dans la tête par un petit pistolet de calibre 22. Le 18 février, des centaines de milliers de personnes ont défilé en son honneur à Buenos-Aires et exigé que Justice lui soit rendue.
DEBKAfile Reportage Exclusif 19 février 2015, 7:56 PM (IDT)
Adaptation : Marc Brzustowski
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Voici, décrite dans le détail une démarche typique de Taqiyyah à rapprocher de celles qui ont été sanctifiées au 7ème siècle tant pour les actions de guerre que pour l’assassinat du poète Ka’b ibn Ashraf.