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Révélations sur le chaos interne chez Daesh ©

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ILLUSTRATION-Photo par le DAILY BEAST

Des documents dévoilés démontrent le chaos interne qui se propage dans l’Administration du prétendu « Etat Islamique ». 

Des documents récemment découverts se lisent comme le scénario d’une mauvaise comédie sur les détournements de fonds, l’infiltration et les luttes bureaucratiques intestines et picrocholines.

Ce qui apparaît être un ensemble de documents internes provenant de l’administration du soi-disant Etat Islamique, obtenus exclusivement par le Daily Beast, montre que l’organisation terroriste est mise à rude épreuve par des malversations financières, des détournements de fonds, des infiltrations supposées d’espions anti-Daesh et des luttes intestines administratives.

Ces documents, à l’origine dérobés par un groupe rebelles syrien près de Damas, sont cachetés par l’estampillage officiel des « ministères » de Daesh. Ils montrent les salaires en dollars que Daesh paie à ses djihadistes combattants, au moins ceux de l’an dernier, en plus d’autres revenus qui sont prévus pour les personnes à charge de ces combattants (la « sécurité sociale » de Daesh)

ISIS documents

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L’information contenue dans ces dossiers confirme que divers déserteurs de Daesh avaient déjà précédemment dévoilés au Daily Beast concernant lefonctionnement interne de l’organisation.

Ils apportent aussi des preuves supplémentaires de la somme considérable de paperasserie ( et parfois de frustration humaine plutôt comique), qui est engagée, alors que les dirigeants de Daesh tentent de tout réguler, depuis la réquisition des armes et des munitions jusqu’à la permission de prendre des temps de vacances.

Le dossier complet a été partagé par Maher al-Hamdan, un porte-parole auprès des médias desBrigades Ahmad Abdo. Ce groupe rebelle syrien reçoit des munitions et un financement de la part du Commandement des Opérations Militaires situé à Amman en Jordanie, ce qui signifie qu’il est soutenu par les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux et arabes appartenant à la coalition des « Amis de la Syrie ».

Selon al-Hamdan, on l’a trouvé sur le corps d’un commandant militaire de Daesh tué le 8 juin 2016, qu’on connaissait sous le nom d’Abu Ali al-Iraki, dans des affrontements entre les insurgés d’Ahmad Abdo et les djihadistes de Daesh près dans la zone des trois-frontières israélo-jordano-syrienne.

« Nous avons perdu un combattant et quatre autres ont été blessés », a affirmé al-Hamdan par Skype. « Daesh a perdu 19 djihadistes dont Abu Ali al–Iraki ».

Ces documents sont essentiellement des morceaux de correspondance entre d’autres responsables de daesh et sontplutôt embarrassants pour un mouvement messianique qui proclame qu’il ne cesse de se renforcer et d’étendre ses dominions, en dépit de près de trois ans de guerre de harcèlement et de pertes sur le champ de bataille, à travers l’Irak et la Syrie.

Une lettre non-signée, par exemple, datée du « 3 “Sha’ban 1437”—soit du 10 mai2016, selon le calendrier occidental – est adressée au Wali ou gouverneur de Daesh dans la Province de Damas. Elle l’informe des défaillances du contre-espionnage dans la ville de Dumayr, à environ 40 kilomètres aunord-est de la capitale syrienne.

Une opération visant la Brigade Ahmad Abdo, désignée ici comme al-Sahawat (ou Forces du Réveil), devait être menée par un émir récemment désigné, Abu Hudhaifa al-Ghoutani. Mais Al-Guthani était en fait un agent-double. On fait référence à lui dans la lettre comme étant un murtad – ou un apostat, parce qu’il « réunissait yous les chefs militaires de Daesh à l’intérieur de la zone au prétexte de réunions militaires et sécuritaires contre le Sahawat, alors qu’en même temps  il était en train de se coordonner secrètement avec le Sahawat, dans le but d’assassiner tous les chefs de Daesh, par le dépôtde mines/d’engins explosifgs qu’il avait lui-même placé à l’endroit de la réunion ».

« Mais, par la grâce d’Allah », poursui la lettre, « L’opération n’est pas allée à son terme. La même nuit, Abu Hudhaifa s’est échappé vers la zone où se trouve le Sahawat et il a volé 6.500 dollars, une caméra, dses explosifs de plastic, des circuits de branchement, un pistolet de 8, 5 mm, 2 fusils-mitrailleurs (de type  Sarukh russe), 1.500 balles russes et 7 grenades à main ».

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Abu al-Yaman, « l’officier de la sécurité générale » au sein de Daesh pour la province de Damas, a commencé à s’apercevoir des failles et perturbations dans les finances et la logistique de Daesh et à en informer les autres officiers chargés de la sécurité dans cette zone. Le reste des frères a terminé le reste du travail grâce aux capacités aussi simples soient-elles qui étaient à leur disposition ».

Ils ont expédié deux engins explosifs qui a, chacun,tué deux membres de l’escadron de g »énie des Brigades Ahmad Abdo ; une mine directionnelle transportée par une motocyclette qui a tué un autre rebelle ; un second engin improvisé installé qsur une autre moto qui a explosé dans les quartiers généraux de la Brigade et tué un rebelle en blessant deux autres. Un djihadiste de Daesh a aussi essayé de fixer une bombe magnétique à des véhicules de rebelles, mais s’est simplement fait prendre et les combattants d’Ahmad Abdo ont fait exploser l’engin en contrôlant l’explosion et sans pertes évidemment.

Cet échec des services de contre-espionnage de Daesh vaut la peine d’être relevé, étant donné que les techniques de renseignements paraissaient être un des meilleurs atouts et un point fort de l’organisation sur le champ de bataille. Des cellules dormantes et des réseaux d’espions, élaborés sur les grandes lignes de ce que le KGB soviétique ou la Stasi en Allemagne de l’Est étaient parvenus à bâtir, ont été des points cruciaux pour l’offensive lancée par Daesh et qui lui a permis de s’emparer d’une bande de territoire aussi vaste ensi peu de temps, entre 2013 et 2014. 

Aymenn Jawad al-Tamimi, un chercheur syrien qui recueille et analyse sur le plan judiciaire les documents de Daesh qui ont pu faire l’objet de fuite,déclare que ces documents, non seulement sont authentiques, mais qu’ils « donnent aussi un aperçu important sur les « opérations sécuritaires » de Daesh visant à miner de l’intérieur les groupes rivaux dans le Sud syrien et qu’ils révèlent une bonne partie des problèmes internes qui agitent les rangs de l’organisation ».

Regardons comment cette lettre non-signé se termine : « Note : les frères chargés de la sécurité gardent des griefs concernant les salaires qui leur ont été versés au cours de leur travail dans ce secteur« .

Un autre document confisqué, concernant la brigade Ahmad Abdo, révèle juste quel genre de rémunération les « frères » ont l’habitude de recevoir, comme durant l’été dernier, quand l’économie du Califat était plus florissante qu’elle ne l’est à présent.

Le 25 août 2015,  un tableau des salaires d’un mujahid” (guerrier saint) apparaît avec les champs correctement remplis. Ce djihadiste particulier s’appelle Abu Muslim al-Muhajir et il appartient au Bataillon Fath Qaryatain de Daesh,dans la province de Damas. Son salaire affiche 50 $ par mois et il perçoit 50 autres $ comme subvention pour sa femme. 

Cela apparaît comme représentant les personnes à la charge d’al-Muhajir, mais les champs restés vides montrent que les « services sociaux de l’Etat Islamique », comme l’a affirmé un déserteur au Daily Beast, comprennent aussi des sommes affectées à ses parents et ses Sabayas – ce qui veut dire ses esclaves sexuelles – ainsi que leurs enfants, si jamais elles en ont. « Bonus du combattant », « Récompenses pour l’Aïd », « petite monnaie du combattant » et « autres dépenses en petite monnaie » sont aussi des moyens clairement justifiés de remboursement pour la mujahid moyen.

Un autre combattant homonyme Abu Sulaiman al-Muhajir, djihadiste de Damas, demande une semaine de mise en congé à Daesh qu’il veut passer dans les provinces de l’Est à Deir Ez Zor et Raqqa.On lui en accorde la permission, bien que la manière mérite qu’in les observe minutieusement. « Tous les frères doivent se montrer précis dans leurs dates posées de congé, sinon on les interrogera selon les lois de la Sharia ». 

 

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Une autre lettre, celle-ci adressée au Diwan al-Jund de Daesh, son Département des Soldats, par Abu Hamza al-Kurdi, l’administrateur général de la Commission (séparée) de la Guerre, demande le versement de trois mois de salaires pour Abu Talha al-Iraki. Il travaille au sein de la Commission de la Guerre aux côtés d’AbuMu’adh, qui est aussi Emir-adjoint du Département du Soldat, et qui est enregistré comme ayant une femme et cinq enfants et comme bénéficiaire à la fois pour sa mère et pour sa sœur ».

Le Département du soldat gère également les commandes de matériel et les requêtes personnelles.

Un individu appelé Abu Muadh, qui pourrait bien être l’adjoint de l’émir cité plus haut, au sein du Diwan al-Jund, demande à son supérieur un camion pick-up 4X4 (à l’usage de « l’équipe des explosifs »), 500 engins explosifs improvisés, un système GPS pour « déterminer les endroits où placer les engins », un véhicule blindé bourré d’explosifs, une sirène de missiles anti-tanks Konkur, deux lanceurs de « missiles B9″, (pribablement le terme d’argot pour parler du canon russe SPG-9 sans recul), des mitrailleuses anti-aériennes, une caméra de surveillance un camion moyen et un autre plus petit, en plus d’un bulldozer pour construire des fortifications. Tout, déclare l’ordre de réquisition,doit être utiliser  » pour renforcer la ligne de défense dans la province d’Hama ». 

En définitive, nous disposons de preuves que tout ne va pas aussi bien au royaume de la jurisprudence takfirie. Des fiefs d’application des règles de Daesh se chevauchant ou se recoupant, semblent déboucher fréquemment sur de fréquentes communications de grosses bourdes ennuyeuses et de plaintes qui en découlent au sein des services publics, représentant une sorte de parodie non-intentionnelle d’un « Oui, Monsieur le Ministre* » à la sauce djihadiste. 

Le Dr Abu Sham, un clerc de Juge, s’est trouvé obligé d’écrire à Abu al-Abbas al-Jazrawi, l’adjoint de l’Emir du Département de la Justice de Daesh, afin d’expliquer pourquoi il y a autant de prisonniers dans l’une des prisons de la province de Damas dirigée par Daesh. 

« Eh bien, les 3/4 de ces prisonniers ont seulement été détenus pour quelques heures », déclare le Dr Sham, un peu sur la défensive. « Le mois dernier, personne n’a été détenu durant une période d’une semaine, à l’exception des trois dernières personnes mentionnées à la fin de la liste. Au moment de vous écrire cette lettre, il n’y a personne en prison ».

Comme pour beaucoup d’administrateurs des services de l’Etat surchargés, le Dr Sham semble être la victime d’un harcèlement de la sruveillance cléricale : « Le principal problème avec les documents émanant du Département Diwan, c’est qu’ils ne mentionnaient pas les dates de diffusion. La prochaine fois, nous ajouterons les dates de publication et ainsi cette confusion ne se répétera pas ».

Michael WeissMICHAEL WEISS

30.08.16 7:00 AM ET

  • Yes Minister est une série télévisée satirique britannique, d’inspiration libérale, écrite par Antony Jay et Jonathan Lynn, sur les lourdeurs administratives.

thedailybeast.com

Adaptation : Marc Brzustowski

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