En Syrie, l’espoir vient une nouvelle fois de changer de camp. Un an après avoir échoué à reprendre Alep, neuf mois après avoir perdu la province d’Idleb, sept mois après avoir été obligé de se retirer de Palmyre, le régime syrien reprend goût à la victoire. Sous perfusion russo-iranienne, l’armée syrienne a retrouvé le moral et repris l’avantage sur le terrain. Elle est sur le point de sécuriser toute « la Syrie utile », dont plusieurs villes étaient sérieusement menacées avant l’intervention russe, et de couper les dernières lignes d’approvisionnement des rebelles dans la province d’Alep.

L’objectif est d’encercler la plus grande ville de Syrie, d’empêcher la Turquie et l’Arabie saoudite, les parrains de l’opposition armée, de ravitailler les zones tenues par les rebelles et de reprendre ainsi, à terme, la totalité de la ville.

Un tel scénario aurait des conséquences fatales pour l’opposition qui n’a jamais semblé aussi faible depuis le début de l’insurrection en 2011. Pris en tenaille entre les forces loyalistes, les Kurdes du PYD (parti de l’Union démocratique) et les jihadistes de l’État islamique (EI), les rebelles armés n’ont d’autre choix que d’attendre une réponse de la part de leurs alliés.

Ces derniers jours, l’Arabie saoudite, Ankara et Abou Dhabi ont laissé entendre qu’ils étaient prêts à intervenir sur le terrain syrien, dans le cadre de la coalition antijihadistes. Ce n’est pas la première fois que l’idée d’une intervention de Riyad et d’Ankara est évoquée, mais, compte tenu de la situation actuelle, cela apparaît assez peu probable.

Riyad est déjà empêtré dans sa guerre au Yémen, qui constitue la priorité du royaume wahhabite, et Ankara doit gérer un conflit sur la scène intérieure avec les Kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Aucun des deux ne semble avoir les moyens d’envoyer des troupes sur le territoire syrien, d’autant plus si les Américains persistent à ne pas vouloir s’engager en Syrie. Or même s’ils multiplient les déclarations dénonçant la stratégie de la Russie en Syrie, les Américains ne donnent aucun signe de vouloir s’opposer aux Russes sur ce terrain-là.

Missiles sol-air ?
Les Turcs sont les grands perdants de l’offensive d’Alep. Les forces du régime ne sont plus qu’à une vingtaine de kilomètres de la frontière, une nouvelle vague de réfugiés affluent en masse alors que la Turquie accueille déjà 2,7 millions de Syriens sur son territoire et les Kurdes du PYD, émanation syrienne du PKK, profitent de l’offensive du régime pour gagner du terrain dans le Nord.

Les Kurdes, qui ont le double soutien de Moscou et de Washington, cherchent à relier les trois cantons d’Afrin, de Kobané et de Jezireh, afin de réaliser une unité territoriale dans le but d’obtenir à terme leur autonomie. Les Turcs pourraient être tentés d’essayer d’envoyer quelques troupes de l’autre côté de la frontière, mais l’intervention russe a fortement réduit leur possibilité.

À défaut d’intervenir, les Turcs et les Saoudiens peuvent toujours fournir davantage d’armes aux rebelles. La livraison de missiles sol-air permettrait aux rebelles d’atteindre les avions russes, mais les Américains, qui ont peur que les armes tombent entre de mauvaises mains, y sont pour l’instant opposés.

Alors qu’on leur prédisait un nouvel « Afghanistan », les Russes sont en train de réussir en tout point de vue leur pari syrien. Ils ont remis le régime en selle, lui ont permis de reprendre l’avantage sur tous les fronts et sont en train de réduire à néant l’opposition armée. Peu soucieux des conséquences humanitaires, qui ont des répercussions sur la Turquie et sur l’Europe, les Russes ne font pas dans le détail avec plus de 120 raids par jour depuis une semaine. L’objectif est clair : faire le vide entre le président syrien Bachar el-Assad et les groupes jihadistes sur le terrain pour arriver en position de force aux négociations.

Et les Russes sont sur le point d’y parvenir. Si Alep tombe, il ne restera plus à l’opposition que la province d’Idleb, essentiellement tenue par le front al-Nosra – branche d’el-Qaëda en Syrie, la Ghouta, essentiellement tenue par Jaïch el-islam, et une partie de la province de Deraa, aux mains du front du Sud. Autant dire que si la guerre n’est pas pour autant prête de se terminer, les perspectives de victoire pour l’opposition s’amenuisent sérieusement.

Anthony SAMRANI

L’Orient le jour

2 Commentaires

  1. Si la guerre se termine ce sera grâce aux russes. Il faut donc leur dire merci. Parce que les américains sont les seuls responsables de la guerre civile en Syrie. Il veulent créer le chaos en Syrie comme en Irak et en Lybie. Merci Poutine.

  2. Si la guerre se termine ce sera grâce aux Russes qui font le vide , cassent tout , tuent des milliers de civils ; Facile une victoire de ce genre !!!! Et l’Amérique n’existe plus .. peut être elle se réveillera pour tout casser en ISRAEL , pour installer les arabo-musulmans… je pense qu’Obama sera moins craintif !! Quel valeureux Président !!

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