Le journaliste Ariel Cahana, de Makor Rishon et Maariv, pense avoir une réponse. Il y voit un phénomène de « déjà vu » avec des hommes politiques de droite qui ont « viré de bord » afin de s’attirer les grâces des médias et de la gauche. Ariel Cahana cite la prochaine publication du rapport du Contrôleur de l’Etat sur l’Opération Tsouk Eitan.
La perspective d’une critique sévère sur la question des tunnels souterrains ferait craindre le pire au ministre de la Défense car c’est lui qui est le principal responsable du fait que cette menace ait été minimisée avant Tsouk Eitan. Des journalistes croient savoir que le danger que constituent ces tunnels terroristes a été presque caché aux membres du cabinet de sécurité par Moshé Yaalon durant les deux ans qui ont précédé l’opération de Tsahal.
Les éléments qui ont déjà filtré du rapport indiquent même que le ministre a empêché les officiers de l’Etat-major – Benny Gantz inclua – de parler de cette menace aux ministres du cabinet restreint.
Et contrairement au chef d’Etat-major, à son adjoint et au commandant de la région sud, qui souhaitaient une action préventive, le ministre y était totalement opposée.
C’est là qu’intervient aussi l’exigence de Naftali Benett de prendre ce problème à bras le corps de manière urgente, ainsi que le veto de Binyamin Netanyahou et Moshé Yaalon.
Selon Ariel Cahana, tous ces éléments et d’autres encore sont la seule explication rationnelle au virage effectué par le ministre de la Défense. Il précise: « Lorsque le rapport du Contrôleur sera rendu public, la boîte de Pandore s’ouvrira et les flammes mettront le feu aux habits de Moshé Yaalon. Il risquera de perdre son plus grand atout jusqu’à présent: son image de M. Sécurité.
Ainsi, pour prendre les devants, il incite contre le camp politique auquel il appartient afin, comme il l’espère, d’être soutenu (« etroguisé » dans le texte) par la gauche et les médias ».
Ariel Cahana va très loin en imaginant même Moshé Yaalon revenir à ses premières amours travaillistes en briguant la direction du Camp Sioniste, voyant qu’il a de moins en moins de chance de s’attirer les faveurs des adhérents du Likoud.
« Mais ce qui est grave », conclut le journaliste, « c’est qu’il prend Tsahal en otage pour ses besoins politiques ».
Par Shraga Blum jerusalem Plus
Maariv traduit par Jerusalem Plus
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J’imagine en France le ministre de la défense demandant aux officiers de s’exprimer librement…
Complètement taré ce type ! Les israéliens feraient mieux d’arrêter avec cette mentalité politique du « tout démocratique » qui finira par leur couter très cher.
Il a demandé aux officiers de parler selon leur conscience d’officier sur les questions de « règles d’engagement », c’est-à-dire les ordres de tirs tels qu’ils sont en vigueur dans Tsahal et tels que ces officiers supérieurs les appliquent et les font appliquer à leurs subalternes. Il ne s’agit pas d’aller dessiner dans Charlie-Hebdo. En quoi est-ce que cela vous défrise?
Qu’un Ministre de la Défense soutienne son vice-chef d’Etat-Major dans une fausse polémique montée de toute pièce par les politiques afin de le discréditer, cela paraît dans l’ordre naturel des choses.
Tsahal est la garante de la sécurité et à ce titre de la démocratie en Israël, par la force des choses, que la force soit avec elle, et que ceux qui la vomissent changent de trottoir. Entre parenthèses, l’illusion de la démocratie c’est vous qui la vivez en croyant avoir le droit et l’impunité de salir n’importe qui sur Internet
Les propos de Cahana semblent purement spéculatifs : Ya’alon a repris le dossier des tunnels en 2010, alors qu’il avait été abandonné par son prédécesseur, et notamment complètement laissé de côté par Halutz, à qui a été remis le dossier le plus complet sur ce sujet par Yossi Langotsky, qui est aussi le découvreur du bassin gazier de Tamar. Halutz a enterré l’affaire. Comme le signale « Daesh et Hamas, les 2 visages du Califat« , Langotsky a quitté le Ministère de la Défense complètement écoeuré par la bureaucratie régnante et la façon qu’avait Halutz d’évacuer les vrais problèmes, dès 2005- Depuis 2010, il y a eu quelques progrès technologiques presque constants, mais pas suffisamment, débouchant sur les avertissements du Shin Bet, près de 6 mois avant la guerre de 2014. Surtout, contrairement à ce qu’affirme Cahana, c’est Ya’acov Amidror qui était chargé du bureau spécial de recherches des renseignements militaires sur cette question des tunnels et qui exposait un dossier d’état des lieux presqu’à tous les cabinets de sécurité durant un à deux ans avant Tsuk Eytan. Ceux qui devaient savoir savaient. La question c’était aussi « l’opportunité politique » de déclencher un conflit. Avec l’affaire des kidnappings des 3 adolescents du Goush Etsion, malheureusement, les agissements et recherches de conflit du Hamas sont apparus clairement.
D’autre part, céder les valeurs d' »éthique de l’armée, ou encore de « droit à l’expression des officiers » à la « gauche » et cantonner la droite à la répression, à l’obéissance hiérarchique aveugle voire au « carnage gratuit », c’est vraiment se tirer une balle dans le pied, produire une vision totalement caricaturale de la droite et le degré zéro de la réflexion politique… Les journalistes qui se croient « de droite » seraient-ils les plus bêtes du monde?
PS : les vraies raisons du virage « à droite » de Ya’alon,issu du Kibboutz, est que c’est lui, en tant que chef de l’Agaf Modi’in (ou Aman, RM) qui a eu tout loisir de découvrir la double-face de Yasser Arafat et qui ne juge pas mieux Abbas-Mazen. Et c’est Ya’alon, viré par Sharon, au moment du Goush Katif (2005) pour mettre le planneur Halutz à sa place, qui a pourtant gagné l’Intifada contre Arafat. Justement en rompant avec tous les présupposés de gauche à l’époque (Barak and so on). Prétendre qu’il ferait le voyage à l’envers de tout ce qui a constitué les virages marquants de sa carrière, c’est équivalent à fumer du shit pour ce journaliste… En réalité, Yaalon dérange parce qu’il a aussi pu constater des manigances et tricheries au sein du camp de Yesha, y compris des attaques indignes contre l’armée qui protège ces résidents de Judée-Samarie, dès qu’il y aurait un obstacle devant un de leurs objectifs idéologiques (type la fin justifie les moyens). Cela ne veut pas dire qu’ils aient tort sur le fond du dossier, mais que les moyens utilisés ne se font pasq toujours dans l »‘honneur », tel que le conçoivent les militaires (accusés ensuite). Yaalon est persuadé qu’il est le seul à pouvoir remplacer Netanyahu à la tête du Likoud, en attirant des centristes, -ce qui a le chic de rendre Bibi légitimement parano et donc le faire produire des accusations sorties de leur contexte contre Yaïr Golan -qui parle de risque de dérive sociétale, et non d’Israël ou de Tsahal évidemment- puis contre Ya’alon, qui dit que les généraux doivent parler et agir « selon leur conscience » (c’est quand même la moindre des choses, non?) alors que Netanyahu veut s’en débarrasser pour récupérer Lieberman (qui n’a jamais porté un fusil de sa vie – ce qui n’empêche pas qu’il ait fait des choses exceptionnelles pour le rapprochement avec la Russie ou l’Azerbaïdjan sur un dossier et dans une langue qu’il connait : donc chacun ses talents). C’est une sorte de poker-menteur politique comme seule la politique israélienne est capable d’en produire.