Il s’agit du principe de la grenouille chauffée : la grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite

Imaginez une marmite remplie d’eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite, l’eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager.

La température continue à grimper. L’eau est maintenant chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant.

L’eau est cette fois vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle s’est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température continue à monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir.

Si la même grenouille avait été plongée directement dans l’eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l’aurait éjectée aussitôt de la marmite.

Cette expérience montre que, lorsqu’un changement s’effectue d’une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte .

Ainsi en est-il, lorsque nous subissons une lente dérive à laquelle nous nous habituons.

Des tas de choses qui nous auraient horrifiés il y a 20, 30 ou 40 ans, ont été peu à peu banalisées et nous dérangent mollement à ce jour, ou laissent carrément indifférents la plupart des gens.

Les noirs tableaux annoncés pour l’avenir, au lieu de susciter des réactions et des mesures préventives, ne font que préparer psychologiquement le peuple à accepter des conditions de vie décadentes, voire dramatiques.

(Courage fuyions)

C’est ce que dénonçait déjà Saint Augustin (Algérie : 430 ap JC) :

« A force de tout voir, on finit par tout supporter…

A force de tout supporter, on finit par tout tolérer…

A force de tout tolérer, on finit par tout accepter…

A force de tout accepter, on finit par tout approuver »

Sommes-nous déjà à moitié cuits ??? Ou à quel point sommes-nous cuits?

Un petit conte à usage multiple de M. Olivier Clerc, écrivain et philosophe

JForum – Olivier Clerc

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