Le « Conseil de la paix » de Trump, le deux poids deux mesures, l’ONU et les Kurdes
Entretien avec Joël Rubinfeld – Troisième partie
Joël Rubinfeld est membre fondateur et président de la Ligue belge contre l’antisémitisme et président de la Coalition juive pour le Kurdistan. Il a été président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique, vice-président du Congrès juif européen et coprésident du Parlement juif européen.
Canlorbe : Selon vous, le Conseil de la paix de Trump constitue-t-il une alternative viable à l’ONU, qui pourrait également mettre fin au traitement injuste et diabolisant d’Israël ?
Rubinfeld : Quand j’examine la composition du « Conseil de la paix », je suis sceptique.
Ce qui est paradoxal, c’est que l’idée fondatrice de l’ONU est fascinante : réunir tout le monde autour de la table et tenter de résoudre les conflits par la diplomatie. En principe, elle est même admirable et porteuse d’espoir.
En pratique, cependant, l’ONU est devenue tout autre chose. Charles de Gaulle l’appelait « le machin » ; j’ajouterais : « le machin antisémite ». Aujourd’hui, l’ONU sert de principal forum international à l’antisémitisme contemporain.
Pourquoi ? Parce que le rapport de forces va à l’encontre de l’idéal.
Prenons l’exemple de l’Assemblée générale. Sur ses 193 États membres, la majorité sont des dictatures ou des régimes autoritaires. Bien que l’Assemblée générale ne « fasse » pas de loi au sens strict – ses résolutions ne sont pas contraignantes –, elle donne néanmoins une idée du climat général : une hostilité structurelle envers l’État juif. Comme l’ a fait remarquer Abba Eban, alors ministre israélien des Affaires étrangères, dans les années 1970 : « Si l’Algérie présentait une résolution déclarant que la Terre est plate et qu’Israël l’a aplatie, elle serait adoptée par 164 voix contre 13, avec 26 abstentions. »
Pour en revenir au Conseil de la paix : en principe, oui, l’idée est séduisante. Le président Trump a déclaré qu’il ne cherchait pas à remplacer l’ONU – et il a fort probablement raison, car cela reviendrait à l’abandonner complètement aux dictatures. Il tente peut-être de construire la paix entre des pays ayant un passé d’hostilités envers Israël et entre eux.
Le président Trump commet peut-être une erreur fondamentale. Il croit peut-être que la plupart des gens peuvent devenir des alliés grâce aux affaires. Il ne semble pas comprendre que cela ne s’applique pas forcément aux pays qui accordent une importance primordiale à la religion, surtout s’ils sont déjà riches grâce au pétrole ou s’ils ont des ambitions de conquête mondiale, comme la Chine.
Quand on observe la composition du « Conseil de la paix » — avec des pays comme la Turquie ou le Qatar —, on se dit : ça ne présage rien de bon. Le risque est de voir se reproduire les mêmes problèmes qu’auparavant. Désormais, un chef — Trump — tire les ficelles. Soit. Mais son implication ne sera peut-être pas éternelle. Que se passera-t-il ensuite ?
Si demain le « Conseil de la paix » adopte un système où chaque pays a un poids égal, pourquoi l’ensemble de l’opération ne retomberait-il pas dans le même biais structurel que l’ONU — celui qui favorise les dictatures et les régimes autoritaires ?
Malheureusement, ce « Conseil de la paix » ne semble pas résoudre le problème de fond auquel nous sommes confrontés à l’ONU : il risque simplement de le déplacer ailleurs sans le corriger.
Canlorbe : Comment évaluez-vous la politique américaine concernant le Kurdistan, l’ONU et les Palestiniens ?
Rubinfeld : Depuis la conférence de Lausanne en 1923, les nations n’ont cessé de trahir les Kurdes. Résultat : le peuple kurde – le plus grand peuple apatride au monde – compte aujourd’hui quelque 40 millions de personnes, étrangères sur leur propre terre. Pourtant, malgré leur dispersion à travers quatre pays – la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran – ils demeurent un seul peuple, partageant une histoire, une culture et une identité communes.
Ce qui me frappe, c’est le contraste avec la cause palestinienne, qui mobilise l’opinion internationale avec une telle ferveur. Les Kurdes existent en tant que peuple depuis des temps immémoriaux, et pourtant leur aspiration légitime à l’autodétermination ne suscite pratiquement aucune attention et le monde libre reste indifférent.
Les Kurdes sont un peuple courageux qui a maintes fois soutenu l’Occident. Le rôle des Peshmergas dans la lutte contre l’État islamique en est un exemple flagrant. Chaque fois qu’on a fait appel à eux, ils ont répondu présents. Puis, à chaque fois que la crise était passée, ils étaient de nouveau abandonnés à leur sort.
À cet égard, Trump ne fait rien de différent de ses prédécesseurs : personne ne se soucie des Kurdes à moins qu’on ait besoin d’eux.
Prenons l’exemple du référendum de 2017 au Kurdistan irakien : 92,7 % des électeurs ont voté pour l’indépendance. Pourtant, un seul pays a publiquement soutenu le résultat : Israël. À Erbil, on pouvait voir des drapeaux israéliens dans les rues, non pas brûlés, mais fièrement brandis. Aux yeux de nombreux Kurdes, Israël incarne ce à quoi ils aspirent : un peuple qui, contre toute attente, est enfin maître de son destin.
J’espère qu’un jour le rêve d’un Kurdistan libre se réalisera. Si tel est le cas, il ne résultera pas d’un consensus, mais probablement d’un chaos régional.
Entre-temps, depuis le démantèlement de l’Empire ottoman, les Kurdes paient depuis plus d’un siècle le prix des promesses non tenues de la communauté internationale.
Canlorbe : L’opération militaire américano-israélienne aurait-elle dû être menée dans le but de libérer l’Iran ? Un tel objectif aurait-il été bénéfique pour l’Iran, pour Israël et, plus généralement, pour le monde ?
Rubinfeld : Depuis 47 ans, soit depuis la révolution islamique khomeiniste de 1979, l’Iran est le principal facteur de déstabilisation dans la région, notamment en soutenant le terrorisme. C’est ce régime qui a établi le « croissant chiite » encerclant Israël et que les mollahs ont appelé « Axe de la Résistance » : une constellation de milices et de groupes terroristes utilisés par l’Iran comme supplétifs : le Hezbollah au Liban, le régime de Bachar el-Assad en Syrie, les milices chiites en Irak, les Houthis au Yémen, et le Hamas et le Jihad islamique à Gaza, en Judée-Samarie. Déjà en 1979, Khomeiny appelait à la « Mort à Israël », le « Petit Satan », et à la « Mort à l’Amérique », le « Grand Satan ».
Sous la présidence iranienne de Mahmoud Ahmadinejad, qui qualifiait Israël de « poisson mort » et de « cadavre puant » à « rayer » de la carte, le régime s’est illustré par un antisémitisme encore plus virulent. La conférence internationale qu’il a organisée à Téhéran en 2006 a réuni d’éminents négationnistes de l’Holocauste, dont Robert Faurisson et David Duke, ancien dirigeant du Ku Klux Klan. Lors des rassemblements officiels et pendant la prière du vendredi, les slogans « Mort à Israël » et « Mort à l’Amérique » sont encore régulièrement scandés ( ici, ici et ici ). Le défunt guide suprême iranien, Ali Khamenei, a déclaré : « “Mort à l’Amérique” n’est pas un slogan, c’est une politique. »
Au-delà des paroles, il y a les moyens. L’Iran cherche à développer l’arme nucléaire depuis plus de 40 ans. Signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, l’Iran affirme poursuivre son développement nucléaire à des fins civiles, mais le niveau d’enrichissement et les aveux récents, faits à l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, selon lesquels l’Iran disposait en l’espace de deux semaines d’uranium enrichi suffisant pour fabriquer 11 bombes nucléaires, révèlent une tout autre réalité. Pour un usage civil, l’enrichissement de l’uranium est généralement d’environ 4 %. Or, les données de l’AIEA et les déclarations du régime iranien indiquent un stock actuel de plus de 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %. Lorsque les négociateurs américains ont proposé à plusieurs reprises ( ici et ici ) de fournir à l’Iran toute l’énergie nécessaire à un usage civil à long terme et gratuitement, l’Iran a systématiquement refusé. Il faudrait être d’une naïveté confondante pour croire que l’Iran ne cherche pas à se doter de l’arme nucléaire.
L’intervention militaire conjointe israélo-américaine était donc nécessaire. Elle répond à une véritable menace existentielle immédiate : un risque de dérapage nucléaire dans les deux semaines à venir représente un danger clair et présent. La population iranienne, massacrée par milliers – plus de 40 000 morts rien qu’en janvier – aspire à se libérer d’un régime qui l’ opprime sans pitié depuis près d’un demi-siècle. En Iran, il est crucial de noter que le peuple et le régime ne font pas bon ménage. Le sénateur John Fetterman (démocrate de Pennsylvanie) a qualifié l’Iran de « crime de guerre vieux de 47 ans ». Ceux qui invoquent le droit international pour dénoncer la guerre en cours contre le régime des mollahs plaident en réalité pour la survie d’un régime qui opprime son peuple depuis 47 ans.
Le droit international, concept noble en soi, est aujourd’hui perverti et sert de bouclier à certains des pires bourreaux de la planète. Les idiots utiles de l’Occident, les dirigeants de la République islamique d’Iran, ont-ils déjà oublié les dizaines de milliers de citoyens iraniens non armés massacrés par leur propre gouvernement en seulement deux jours, les 8 et 9 janvier ? Des hommes comme le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, le politicien français Jean-Luc Mélenchon et, en Belgique, Paul Magnette et Raoul Hedebouw appartiennent à cette vieille tradition politique de moralisateurs que l’histoire relègue invariablement aux oubliettes.
Il existe une autre dimension, plus profonde : la relation entre le peuple juif et le peuple perse, enracinée dans leurs histoires respectives.
Il nous faut remonter 2 500 ans en arrière, à la conquête du royaume de Juda par les Babyloniens et à l’exil qui s’ensuivit. La Perse vainquit Babylone et permit aux Juifs de retourner sur leur terre natale et de reconstruire leur Temple à Jérusalem, détruit cinquante ans plus tôt lors de l’invasion. Ce souvenir a engendré une dette historique.
Dans les noms choisis par Israël pour ses opérations militaires, tant lors des frappes de juin dernier que dans le conflit actuel, le lion occupe une place prépondérante : « Opération Lion Levant » et « Opération Lion Rugissant » font bien sûr référence au Lion de Juda, emblème de l’une des douze tribus d’Israël. Le lion est cependant aussi un symbole central du peuple perse. Il figurait sur le drapeau iranien avant d’être remplacé après l’arrivée au pouvoir de Khomeiny. C’est précisément cet emblème historique – le Lion et le Soleil – qui flotte aujourd’hui dans les rues d’Iran, ainsi que lors des rassemblements de la diaspora iranienne, où l’on aperçoit également des drapeaux israéliens et américains.
Cette séquence dépasse donc le cadre d’une simple opération militaire. Elle allie l’urgence du présent — neutraliser la menace nucléaire — à l’écho d’un lien vieux de 2 500 ans.
L’une des principales différences avec la guerre en Irak réside dans l’existence, en Iran, d’une alternative crédible au régime en place : Reza Pahlavi. Son nom résonne dans les rues iraniennes. À Los Angeles, New York, Londres, Berlin, Paris, Bruxelles et ailleurs, les mêmes symboles apparaissent régulièrement : des portraits de Reza Pahlavi et l’emblème du « Lion et du Soleil ».
Imaginez le jour de la chute du régime : Reza Pahlavi atterrit à Téhéran à bord d’un avion américain, rappelant l’arrivée de Khomeiny 47 ans plus tôt, sur un vol d’Air France. Image finale : Donald Trump et Benjamin Netanyahu à Téhéran, présidant à la réouverture de l’ambassade américaine et à l’inauguration de l’ambassade d’Israël.
Pourtant, les récents développements de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran laissent penser qu’une telle issue devient de plus en plus improbable.
Canlorbe : Le 16 février, l’ambassadeur américain en Belgique, Bill White, a soulevé la question de l’antisémitisme en Belgique et a dénoncé les poursuites engagées contre deux mohels d’Anvers, accusés de pratiquer des circoncisions sans être médecins. Selon vous, l’ambassadeur a-t-il agi dans le cadre de ses fonctions ?
Rubinfeld : Ce qu’il a dit – même si cela ne respectait pas les usages diplomatiques – était parfaitement légitime. Cela ne suffira peut-être pas à résoudre le problème, mais au moins Bill White a eu la lucidité morale de le nommer. On parle souvent d’« ingérence », mais parfois, l’absence d’ingérence constitue une faute morale.
Quand on voit des tombes juives profanées, des artistes, des intellectuels, des athlètes et des entreprises juives boycottés, des incitations à la violence contre les Juifs, des manifestations où des milliers de personnes scandent des slogans pour la destruction de l’État juif ou glorifient les « martyrs » Sinwar et Nasrallah — et où des personnalités politiques de premier plan se joignent à ces marches —, on réalise qu’il y a un grave problème dans mon pays : un pays où un nombre croissant de Juifs dissimulent leur étoile de David, retirent leurs mezouzas de leurs portes, cachent leurs kippas sous des chapeaux et changent leur nom sur des applications comme Uber et sur les réseaux sociaux.
Revenons à l’affaire des circoncis. En mai 2025, la police belge a mené des perquisitions dans des domiciles juifs d’Anvers, visant deux rabbins pratiquant la circoncision rituelle. Dans le judaïsme, la circoncision masculine est pratiquée le huitième jour par un mohel, un praticien rigoureusement formé à cette tradition tricentenaire. En réalité, la circoncision pratiquée par un mohel est la méthode la plus sûre ; le roi Charles III, circoncis par Jacob Snowman, alors mohel de la famille royale britannique, en est un exemple.
En Belgique, à ma connaissance, aucun accident n’a jamais été recensé lors de circoncisions pratiquées par un mohel. Le problème vient d’ailleurs : de l’homme qui a porté plainte contre eux et les a qualifiés de « bouchers », à savoir le « rabbin » Moshe Friedman.
Friedman appartient à une secte juive ultra-orthodoxe, les Neturei Karta , connue pour son antisionisme radical. Pour eux, l’État d’Israël est une « imposture » qui doit être rayée de la carte, car le retour du peuple juif en Terre promise est l’œuvre du Messie, et non celle de l’homme, qu’il s’agisse de Theodor Herzl ou de David Ben Gourion.
En 2006, Friedman a participé à la conférence négationniste organisée à Téhéran. Lors de cette conférence, il a contesté le chiffre de six millions de victimes juives, le réduisant, à tort, à « environ un million ».
Il existe bel et bien des antisémites juifs – tels que des « rabbins » qui prétendent que les circoncisions pratiquées par les mohels ont entraîné la mort ou de graves complications ; le public a tendance à prendre ces affirmations pour argent comptant – ignorant qu’il est trompé par des antisémites dissimulés.
Une simple recherche informatique révèle plusieurs cas de noyade survenue après le baptême d’enfants ou d’adultes chrétiens – aux États-Unis, en Roumanie, en Moldavie, en Afrique du Sud et ailleurs. Ces tragédies n’ont pourtant pas remis en question la pratique d’un rite vieux de deux mille ans. Personne n’a déclaré : « Désormais, les baptêmes devront être administrés par des maîtres-nageurs » ou « ce sacrement devrait être retiré aux prêtres ». On comprend aisément l’absurdité d’une telle proposition.
Ce différend met en lumière la réaction disproportionnée du système judiciaire belge à l’égard des Juifs.
D’un côté, sur la base d’une plainte déposée par un individu soupçonné d’antisémitisme, l’appareil judiciaire se met en branle : perquisitions, saisie de matériel et demande d’une liste d’enfants circoncis ces dernières années. Il faut bien saisir les répercussions de cet acte : les autorités judiciaires exigent une liste d’enfants juifs.
En revanche, face à l’antisémitisme – explicite, documenté, indéniable – la réaction est le plus souvent inadéquate, voire inexistante. Le 7 octobre 2024, un an jour pour jour après le djihad du 7 octobre, une manifestation pro-palestinienne s’est tenue à Bruxelles, en plein cœur de la capitale. Du haut de l’estrade, un orateur a entonné en arabe : « Ô Allah, brûle les Juifs ! » – et la foule a répondu à l’unisson : « Amen ! ». Nous avons porté plainte auprès du parquet de Bruxelles, preuves vidéo à l’appui. À ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse – pas même un accusé de réception.
L’épilogue absurde de cette histoire est que, après avoir dénoncé ces faits à la télévision belge et française, j’ai été convoqué par la police suite à une plainte déposée par l’organisateur de cette manifestation, qui m’accusait de le mettre en danger en qualifiant l’événement d’antisémite.
Une autre fois, un restaurateur a affiché une pancarte dans sa vitrine : « Chiens bienvenus, Juifs interdits. » La violation de la loi belge antiracisme est flagrante. Pourtant, le parquet de Liège a proposé une médiation – que nous avons refusée – puis a classé l’affaire sans suite deux ans plus tard. Dans un autre cas encore, un chroniqueur d’un des principaux hebdomadaires flamands a écrit qu’il « avait envie de planter un couteau dans la gorge de chaque Juif [qu’il] croise dans la rue ». Une plainte a été déposée, suivie d’un acquittement par le tribunal de Gand. Dans un autre cas encore, lorsque le chef d’un parti politique a tenu des propos ouvertement antisémites et défendu le Hamas, la plainte a été classée sans suite par le parquet de Bruxelles.
On peut discuter de cas complexes et nuancés, où l’intention et le contexte peuvent être sujets à débat. Mais lorsque des propos sont aussi explicites que « Interdit aux Juifs », « Brûlez les Juifs », « J’ai envie de planter un couteau dans la gorge de chaque Juif » ou « Les Juifs sont de vrais psychopathes, des tueurs en série », un juge – même novice – devrait, sans hésitation, condamner de tels propos comme des violations de la loi belge de 1981 contre le racisme et la xénophobie.
C’est là que le contraste devient inacceptable : une plainte déposée par un antisémite déclenche une enquête, tandis que les actes et les propos antisémites eux-mêmes restent impunis.
Nous ne sommes pas en 1933. Mais il y a des échos qui rappellent les chapitres les plus sombres de l’histoire : l’agitation antisémite dans les rues, les attaques contre les pratiques religieuses, les agressions physiques contre les Juifs, l’incitation politique et médiatique, les boycotts de personnalités et d’entreprises juives , la nécessité pour les Juifs de dissimuler leur identité et l’incapacité du système judiciaire à les protéger.
Pour toutes ces raisons, je remercie l’ambassadeur White d’avoir bousculé les choses. Cela ne résoudra pas le problème de l’antisémitisme en Belgique, mais il mérite d’être félicité pour avoir mis cette question en lumière.
Dans le monde occidental, au cours des 25 dernières années, seuls deux pays ont réussi à mobiliser des millions de personnes dans les rues pour brûler leurs drapeaux et les vilipender : Israël et les États-Unis.
Ironiquement, cette partie de l’opinion publique occidentale — celle qui descend dans la rue — reprend les mêmes thèmes que le régime iranien : « À bas le petit Satan et le grand Satan ! »
Quand je vois des gens rejoindre le mouvement, il me semble triste de constater que le concept de « haine de soi », que l’on retrouve chez certains Juifs et Occidentaux, n’épargne pas non plus les jeunes — des jeunes qui risquent fort de se retrouver dans un pays « socialiste » qui les dépouille des libertés qu’ils semblent tenir pour acquises.
Cet endoctrinement marxiste et islamiste remet en question l’avenir de la civilisation occidentale. Comme l’ a souligné l’auteur Jaime Semprun : « Lorsque le citoyen écologiste prétend soulever la question la plus troublante en demandant : “Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ?”, il évite de poser l’autre question, véritablement troublante : “À quels enfants allons-nous laisser le monde ?” »
Grégoire Canlorbe, journaliste, vit actuellement à Paris. Il a réalisé des entretiens pour des revues telles que L’Homme et l’Économie, fondée par l’économiste Ronald Coase, prix Nobel d’économie, et des think tanks comme l’Institut Mises et l’Institut Gatestone.
JForum.fr avec www.gatestoneinstitute.org
Sur la photo : Rubinfeld (au centre) lors d’une marche contre l’antisémitisme à Bruxelles le 10 décembre 2023. (Photo : Simon Wohlfahrt/AFP via Getty Images)
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