Animals disembarking from the Ark with a river in the foreground

NoaH נח: Les secrets de l’arche de Noé (vidéo)

A la seule lecture des chapitres consacrés à cette fameuse aventure que va vivre Noé nous nous posons de nombreuses questions concernant ce qui a précédé le décret divin de détruire le monde par l’eau, l’annonce du déluge, le grand nombre d’années consacrées à la construction de l’Arche, le rassemblement des animaux du plus grand au plus petit, la nourriture de tous ces êtres pendant tout le temps du déluge puis de l’absorption des eaux et la sortie de l’Arche.
En général, on lit tout simplement sans guère s’attarder aux différentes questions et pourtant…

Une première question évidente se pose: quelle est la raison pour laquelle HaShem ordonne à Noé de construire une תיבה et non pas un bâteau (אוניה) ?

Nous trouverons la réponse un peu plus bas…..
Pour situer Noé sur le vecteur des générations précédentes, les Sages tirent un parallèle avec le tout premier verset du premier chapitre de tehilim où il est écrit : « Heureux est l’homme qui ne suit pas les conseils des impies, qui n’emprunte pas la voie des pêcheurs et ne fréquente pas de railleurs ». L’homme heureux ici se rapporterait à Noé, et si l’on remarque les trois mots suivants sont au pluriel : résha’ïm (impies), hatayim (pêcheurs) et leytsim (railleurs) se rapportant aux générations (une assemblée) d’Enosh, du Déluge et de la Tour de Babel (dor haplaga).
Lors de la faute d’Adam, lorsqu’HaShem maudit la terre, la question fut posée au Créateur de savoir quand prendrait fin cette malédiction sur la terre et D. répondit jusqu’à la naissance d’un garçon circoncis. C’est lui qui apportera la consolation au genre humain. C’est pourquoi Lémekh (en français on écrit Lamec), lorsque naquit son fils circoncis il le nomma Noah avec ces deux lettres qui commencent le mot néhama (consolation).
L’on a beaucoup disserté sur le fait qu’à l’annonce du déluge qui détruirait le monde il accepta sans mot dire pour le reste des humains mais se contenta de demander quel serait son sort….
En vérité, ce fait lui fut reproché nous disent les Maîtres du Midrash par HaShem par la suite. Nous y reviendrons par la suite, car je voudrais que nous fassions une large pause sur deux constatations : quelles sont les raisons pour lesquelles la construction dura 120 ans et pour quelles raisons également la Torah s’attarde-t-elle à détailler les dimensions de l’Arche ???

Dans la Torah les deux seuls endroits où HaShem S’attarde à détailler infiniment une construction sont la construction de l’Arche et la construction du Mishkan !!! En ce cas y aurait-il donc une similitude entre ces deux entreprises ?

En prenant appui sur des textes de divers Midrashim, de divers commentaires et du Zohar nous allons pouvoir comprendre en effet les petits secrets qui lient l’un et l’autre et comment des événements que l’on croyait mineurs atteignent des sommets de subtilité.
Lorsqu’on compare tout d’abord les réactions d’Abraham et de Noé devant une menace d’anéantissement, Abraham prévient et prie, supplie le Saint béni soit-IL de ne pas détruire les villes de Sodome et Gomorrhe ainsi que leur population en se livrant à des marchandages alors que Noé, reste passif. Le texte de la Torah le décrit en précisant que Noé marche AVEC HaShem alors qu’Abraham marche en AVANT comme s’il voulait frayer un chemin à l’Eternel…
Abraham tout comme Moïse plaide pour le peuple. Noé s’inquiète pour lui et sa famille.
A l’énoncé de l’ordre de construire une arche, Noé va planter des arbres qui vont lui servir à fabriquer ce vaisseau. Pourquoi n’a-t-il pas utilisé des arbres déjà existant ? Car, nous répondent les Sages, il a voulu user de prudence et ne pas utiliser des arbres qui peut-être auraient servi à un culte idolâtre. Il a fallu donc déjà donner le temps aux arbres de grandir et de les découper ensuite selon les instructions.
Le Ramban1, dans son commentaire, soutient que de la même façon qu’au Mishkan avaient lieu des miracles sans cesse2, l’arche était un contenant de miracles énormes en voulant pour preuves : le fait que certains animaux comptent plusieurs centaines de sortes et que s’il n’y avait pas eu de miracles jamais dans ce si petit espace proposé par l’Arche tous ces animaux n’auraient pu tenir ensemble, fait remarquer le célèbre commentateur de Catalogne, d’autant qu’autant de nourriture tant pour les humains que pour les animaux n’aurait pu se conserver tout ce temps sans se gâter s’il n’y avait eu une succession de miracles.
D’autre part, ajoute le natif de Gérone, l’Arche ne possédait pas de « quille »3, son fond était plat et, si un radeau donc plat peut voguer, il n’en est pas de même pour un vaisseau devant supporter un poids important, et comptant plusieurs étages……ceci écrivit le grand philosophe ajoute un miracle de plus à la liste déjà longue, surtout lorsque l’on sait que les animaux se sont présentés de leur plein gré devant l’embarcadère. Celui-ci fonctionnait en quelque sorte comme un portail magnétique écartant d’emblée tout animal n’ayant pas le droit de pénétrer4.
Le Midrash rapporte que si Noé avait vécu au temps d’Abraham, il n’aurait pas été choisi car il n’avait aucunement l’étoffe d’un chef (manhig). Abraham, Moïse, Shmouel HaNavi, même Guid’ôn ont prié en faveur du peuple mais pas Noah.

La Torah nous relate le fait que Noé a obéi à HaShem et a construit la Téva (l’Arche) mais il n’y est vraiment entré que lorsqu’HaShem lui a ordonné d’y entrer et à la fin du déluge, il n’en est sorti que sur l’injonction divine : « sors »! Pourquoi ?

La réponse est ainsi :
HaShem n’a donné de détails et de dimensions que pour le Mishkan, c’est-à-dire la Résidence d’HaShem au sein de Son peuple et, ici…. Se trouvent les réponses à nos interrogations : en premier lieu le mot « téva » תיבה se trouve être l’anagramme de בית ה ou La Maison de D. C’est la raison pour laquelle le Créateur S’est donné la peine de donner les dimensions de cette « résidence flottante » et c’est également pourquoi Noé n’y est entré et n’en est sorti qu’en recevant les instructions du Maître du Monde !!!
Et, que se passe-t-il au sujet du bois de ce vaisseau ? HaShem a ordonné à Noé d’enduire les parois de l’arche de bitume pour que l’eau n’y pénètre pas or qu’aurait-il dû se passer lorsque l’on sait que les eaux du déluge étaient bouillonnantes ? Le bitume fond à la chaleur!!! Et, tous les animaux et les humains auraient-ils pu supporter cette chaleur ?
La lecture de textes empruntés aux divers midrashim et encore du Zohar nous permet d’apprendre que tout autour du vaisseau régnait une atmosphère agréable et respirable, ainsi, l’arche persista, et aucune créature ne souffrit de la chaleur dégagée par les eaux du déluge cantonnées beaucoup plus loin que l’arche.
Nous avons dit plus haut que Noé avait planté des arbres qui ont servi à la construction de ce navire et cela remémore le fait de Jacob plantant des cèdres à Beer Sheva : avant de « descendre »5 en Egypte, le patriarche planta une grande quantité de cèdres car il savait par prophétie, que les Bené Israël en auraient besoin pour le Mishkan et il les désigna ce lieu à ses fils pour le temps béni où ils ressortiraient d’Egypte….
Caroline Elishéva REBOUH
1 Ramban = Rabbi Moshé ben Nahman de Gérone né à Gérone en 1194 et mort à Accre en 1270, Philosophe, Cabbaliste et exégète et Médecin.

2 La Mshna Avoth détaille entre autres choses dix miracles quotidiens qui avaient lieu au Temple comme le fait que la nourriture restait toujours chaude et fraîche, que jamais une mouche n’a été aperçue dans le Temple, que jamais personne ne s’est plein de la densité de la foule.

3 Terme désignant le bas de la coque d’un bâteau important.

4 Plus tard, dans la Torah, lors de l’épisode des filles Moabites qui devaient être ou non sauvées, le « tsits » ou diadème sacré du Cohen Gadol, servaient à distinguer les filles/femmes moabites pures des impures. Ici, l’embarcadère fait, en quelque sorte, office de diadème sacré.

5 Descendre n’est pas employé au sens géographique mais au sens spirituel car, d’une part le nom de Mitsrayim fait allusion à « l’étroitesse » morale à laquelle furent confrontés nos ancêtres mais aussi par le fait que, affirment nos Sages, l’Egypte était une région dans laquelle pullulait les cultes idolâtres et où l’impureté atteignit des sommets point encore égalés.

DE L’INFLUENCE DU SAGE SUR LA BÊTE (première partie)

L’ÂNE et LE CHAMEAU

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L’âne qui porte le nom de HAMOR vient de la racine Heth-Mem-Resh d’où vient le mot Homer ou matière soit, avec l’âne, on est proche de la matérialité. En revanche le chameau s’appelle GAMAL qui vient de la racine Guimel-Mem-Lamed d’où l’expression guemilout hassadim = charité ou ligmol = récompenser et bien d’autres mots qui comportent tous une connotation de bien, de bonté ou d’équité.
Dans les pirké Avoth ou Maximes des Pères, nous apprenons que le Créateur, juste avant que ne commence le premier shabbat sur le monde, a créé 10 choses que nous retrouvons au long du récit de la Torah telles que le bélier qui s’est pris les cornes dans les broussailles lors de la ligature d’Isaac, ou, la déchirure de la Mer Rouge pour laisser passer les Bené Israël à sa sortie d’Egypte, ou, le fait que l’ânesse de Bil’âm ait pu trouver la parole au moment opportun, ou que la terre se soit entr’ouverte pour engloutir les insurgés qu’étaient Coré (Korah), Dathan et Aviram et tous les leurs et bien d’autres exemples. Quel enseignement pouvons-nous en tirer ?
Tout d’abord nous disent les Sages du Talmud, lorsque D. a créé le monde et l’ordre naturel des choses, IL a imposé à certains éléments/animaux et autres de réagir contrairement à leur nature dans des situations données : ainsi la fournaise n’atteignit pas Abraham, Joseph ne fut pas blessé dans le puits infesté de serpents et de scorpions, Daniel le prophète ne subit aucun dommage en étant jeté dans la fosse aux lions et bien d’autres exemples tel le soleil qui n’évolua pas pendant que Josué tenait front aux Gabaonites ou dans d’autres exemples…
Tout au long du récit biblique, nous voyons les héros bibliques se déplacer sur de courtes ou de longues distances à dos d’âne. Les seuls personnages bibliques se déplaçant à dos de chameaux sont Léa, Rahel et Bilha et Zilpa. Rivka, tant qu’elle n’est pas l’épouse du patriarche se déplace à dos de chameau mais, dès qu’elle aperçoit son futur époux, elle descend du chameau.
Les commentateurs à toutes les époques se sont posé des questions à ce sujet. Nous sommes en possession de certaines données :
Le Talmud statue que l’homme possède une influence sur la bête qu’il chevauche.
Le chameau est un animal « impur à moitié » car il est ruminant mais il n’a pas de sabot fendu.
L’âne est un animal impur totalement car il n’est pas ruminant et n’a pas de sabot fendu.
Sur le plan des fonctions de reproduction, D. a donné trois possibilités :
Face à face tel l’homme ou les poissons
Face à nuque tels tous les animaux
Nuque à nuque comme les chameaux.
De tous ces genres, aucun ne s’émeut d’être vu ou observé pendant « l’acte », sauf le chameau qui est capable de tuer celui qu’il voit l’observer en cet instant.
Pourtant, c’est l’âne qui a servi de moyen de locomotion aux patriarches et qui reviendra à la fin des temps escorté du Prophète Elie. En conséquence, que peut-on en conclure ?
Le commandement concernant l’observation du shabbat s’applique non seulement à l’homme et ses enfants (garçons et filles) aux serviteurs/servantes, esclaves, mais aussi au bœuf et à l’âne…
Les agadoth au sujet de bêtes telles que les vaches ou les ânes sont remarquables car ils prouvent ceci : que la bête soit pure (comme une vache) ou impure (comme un âne et nous verrons plus loin aussi pour le chameau), l’influence et l’atmosphère conférées au domicile où sont attachées ces bêtes sont importantes non seulement pour les hommes mais pour les animaux également, on raconte ainsi dans le Talmud qu’un homme pieux et très pauvre possédait une vache déjà vieille et, l’homme vivotait et la vache lui fournissait un peu de lait et il labourait son petit champ avec elle. Mais, il advint qu’un jour, cet homme n’avait plus assez de forces pour labourer son champ et, il vendit sa vache à un non-Juif qui se servit de la vache tous les jours de la semaine. Le Shabbat, il voulut sortir travailler dans les champs comme à son habitude, mais, la vache ne voulut pas sortir. Elle meugla de toutes ses forces, le paysan rossa la vache sauvagement mais rien n’y fit et elle resta à l’intérieur de l’étable.
Le paysan rendit visite au Juif pieux qui lui avait vendu la bête et lui reprocha de l’avoir trompé en lui faisant le récit de ce qui s’était passé le matin. Le Hassid s’en émut et lui dit : Je comprends ce qui s’est passé et je vais venir avec toi pour voir la vache : lorsqu’il fut près d’elle il lui murmura à l’oreille les paroles suivantes : « oh vache ! Lorsque tu étais chez moi, tu te reposais le shabbat mais, à présent que tu appartiens à cet homme, il faut que tu fasses ton travail comme il te le demande ! » Le Juif pieux s’éloigna et la vache sortit de l’étable pour se rendre dans le champ et effectuer le travail demandé.
Cette agada n’est pas la seule : on raconte au sujet de l’âne du beau-père de Rabbi Shimon Bar Yohay qu’il avait un comportement très particulier : il ne consommait que ce qui avait été « méôussar » (c’est-)-dire dont on avait prélevé la dîme ou « maâsser » ainsi, un jour, Rabbi Pinhas ben Yaïr, propriétaire d’un âne, interrompit sa route un instant en s’arrêtant dans une auberge. Les employés de l’auberge voulurent prendre soin de l’âne de leur hôte et ils mesurèrent de l’orge et lui donnèrent de l’eau à boire mais l’âne refusa de manger, ils tamisèrent l’orge, il refusa toujours de s’alimenter, constatant ce refus, ils informèrent R’ Pinhas ben Yaïr du fait que l’âne refusait de prendre quelque nourriture que ce soit. Le célèbre Tana leur conseilla de prélever la dîme sur ce qu’ils offraient à l’âne et c’est alors que se produisit un fait incroyable, dès que la dîme fut prélevée, l’âne s’alimenta et but pour réparer ses forces car l’âne de R’ Pinhas ben Yaïr ne mangeait qu’après que la dîme fût prélevée !!!
Ceci vient illustrer le fait que le comportement du maître d’un animal influe sur le comportement de la bête……
La seconde partie sera consacrée au chameau et aux « secrets » qui s’attachent à cette bête.
Caroline Elishéva REBOUH

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