Moi Yazid, médiateur pour jeunes, ancien délinquant, braqueur des cités.
Il s’appelle Yazid Kherfi, à 65 ans, cet ancien braqueur des cités de Mantes-la-Jolie devenu éducateur, médiateur auprès des jeunes des prisons et des cités, accepte de répondre à nos questions et nous livre ses réactions à la suite des violences que connait la France depuis le meurtre du jeune Nahel par un policier le 27 juin dernier à Nanterre.
De notre correspondante en France Maya Zerrouki
Il se réjouit au passage d’être approché par un journal algérien et souhaite intervenir dans les prisons et auprès des jeunes en Algérie.
L’auteur du livre «Repris de justesse», qui raconte ses 15 années de délinquance, 4 années de cavale et 5 années de prison, avoue ne pas être d’accord avec cette réponse violente faite à l’affaire Nahel : « Un meurtre comme celui-ci déclenche fatalement une réaction de colère et d’indignation qui se transforme en haine. Je ne cautionne absolument pas ces actes mais je peux comprendre leur sentiment. Trop de jeunes des quartiers populaires souffrent d’abus de pouvoir de la part des policiers, il y’a eu plusieurs meurtres comme celui de Nahel »
Celui qui, aujourd’hui, s’est donné pour mission de parler aux jeunes et de les écouter sillonne la France à bord de son camping-car pour visiter prisons et maisons de jeunes. «Ils sont incompris, on ne parle d’eux qu’en termes racistes et haineux. Dès qu’il s’agit d’un maghrébin, un musulman ou un noir, la haine se déverse sur eux. Ils savent qu’ils ne sont pas aimés, ils n’ont plus de rêves, c’est pire que l’époque des anciennes colonies françaises ! »
Yazid dénonce ces actes de pillage et de vandalisme. Il implore les familles de tenir leurs enfants et de ne pas les livrer au danger.
« Allez chercher vos enfants, leur place est près de chez vous »
Celui qui a souffert de manque d’amour paternel et d’incompréhension social comprend le travail colossal qui attend les pouvoirs publics.
En 1987 Yazid a été condamné à 5 ans de prison, une fois sa peine purgée, il devait être expulsé en Algérie mais le maire de Mantes-la-Jolie Paul, Ricard s’oppose à cette décision et demande de se porter garant à son insertion.
Il a 31 ans, l’attitude du maire lui fait prendre conscience de sa situation. Il saisit cette main tendue et décide de démarrer une nouvelle vie.
Il crée l’association Médiation nomade, suit des études à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice et en sort avec un Master.
Il nous confie : « Je me suis donné pour mission d’aider les jeunes, avant j’étais en prison aujourd’hui je vais dans les prisons, j’étais un mauvais élève, je suis devenu enseignant à l’université ! des mères de familles viennent me voir pour que je parle à leurs fils, il n’est jamais trop tard pour démarrer une nouvelle vie et je le raconte dans mon livre. N’oublions pas que le suicide est la 2ème cause de mortalité chez les jeunes en France ».
L’ancien braqueur des cités de Mantes-la-Jolie regrette amèrement le pillage des bâtiments administratifs et des magasins qui sont des lieux dont les jeunes se privent et privent leurs familles.
Pour lui, c’est un cri d’alarme, un vrai appel au secours lancé par ces populations privées de tout. Il dénoncera au passage les nombreuses bavures policières dont sont victimes les jeunes des cités : « La police doit se remettre en question aussi, les flics ne sont pas formés pour interagir avec les jeunes et le cas de Nahel est malheureusement très répandu en France, sans compter les insultes et brimades racistes que les jeunes subissent à longueur de journée ».
A la question des ressources financières engendrées par le Trafic de drogue chez ces jeunes, Yazid avoue que c’est une réalité amère qui fait vivre les familles pauvres dans un cercle vicieux. Elles restent tout de même responsables de leurs enfants mineurs et la loi reste au-dessus de tout cela. Il exhorte les familles à ne pas livrer leurs enfants au danger.
Aujourd’hui, Yazid Kherfi est convaincu que ses messages passeront mieux que les discours politiques, son travail de médiateur pour jeunes il le vit comme un sacerdoce, une mission à accomplir comme pour donner aux jeunes la même chance qu’il a eu de vivre une autre vie. Il multiplie les interventions médiatiques et les conférences déroulant le film de sa vie comme exemple. Et comme il le dit si bien : « On ne réussit pas dans la délinquance on finit en prison ».
Maya Zerrouki
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C’est toujours la même victimisation chez les arabes et leurs familles : stigmatisations racistes.
Ce discours ne tient pas la route une demie seconde !
Les immigrés suédois, chinois ou vietnamiens n’ont jamais mis les villes françaises à feu et à sang , comme le font actuellement les dizaines de milliers de délinquants d’origine africaine et maghrébine.
Quand on veut s’insérer réellement dans son pays d’accueil -comme la douce France- il n’y a pas de problème ; cela se fait naturellement.
Quand on ne veut pas respecter les lois du pays d’accueil, quand on veut imposer ses règles mafieuses, quand on ne respecte pas la Police, le drapeau, l’hymne national, la culture du pays d’accueil, etc. cela ne peut pas bien se passer.
Et ce n’est pas en excusant, en défendant les racailles ou en cautionnant leurs actes que les choses pourront changer.
En fait, il faut absolument briser le cercle vicieux et en faire une spirale ascendante, pleine de promesses, comme le montre la vie de Yazid! Encore a-t-il fallu la main d´un admistrateur pour lui permettre de re-commencer sa vie!