« Phénomène occidental » : l’Iran rejette les accusations de terrorisme de l’Australie

Téhéran nie avoir orchestré des attaques antisémites après que Canberra a expulsé l’ambassadeur et désigné les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste.

par Dudi Kogan

La confrontation diplomatique explosive entre l’Australie et l’Iran a atteint des niveaux sans précédent alors que Téhéran nie catégoriquement avoir orchestré le terrorisme antisémite tout en menaçant de sévères représailles contre la décision historique de Canberra d’expulser son ambassadeur et de désigner les Gardiens de la révolution comme une organisation terroriste suite à la vague d’attaques contre la communauté juive australienne ces derniers mois.

Cette crise représente la rupture diplomatique la plus importante entre les deux pays depuis la Seconde Guerre mondiale, les deux gouvernements intensifiant désormais leur rhétorique au sujet des conclusions des services de renseignement selon lesquelles l’Iran était derrière des attaques terroristes intérieures visant la communauté juive d’Australie.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Baghaei, a réagi mardi avec force à la décision historique de l’Australie d’expulser l’ambassadeur iranien à Canberra, de fermer son ambassade à Téhéran et de déclarer officiellement les Gardiens de la révolution organisation terroriste.

Baghaei a catégoriquement rejeté les allégations australiennes et a averti que « toute action inappropriée et injustifiée au niveau diplomatique entraînerait une riposte ». Le responsable iranien a nié catégoriquement les accusations de terrorisme et a déclaré que « l’antisémitisme n’a pas sa place dans notre culture, notre histoire et notre religion. Il s’agit d’un phénomène occidental et européen. » Des équipes de presse se sont rassemblées ce matin devant l’ambassade d’Iran à Canberra, suite à l’annonce historique du Premier ministre australien.

L’agresseur de Melbourne portait un masque « Scream » lors de la vandalisation d’une synagogue (Loca media)

Le porte-parole iranien a directement accusé l’Australie de « projection » visant à justifier sa politique anti-iranienne. Il a affirmé que la décision australienne résultait de pressions politiques internes suite aux « manifestations de millions de personnes contre le massacre dans les territoires palestiniens occupés » et visait à « compenser le peu de critiques exprimées par les responsables politiques australiens à l’encontre du régime sioniste ».

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a fait cette annonce sans précédent après que l’Organisation australienne du renseignement de sécurité (ASIO) a conclu que l’Iran avait orchestré au moins deux attaques antisémites sur le territoire australien.

Graffitis gribouillés sur une synagogue à Melbourne (Réseaux sociaux)

Lors d’une conférence de presse, le Premier ministre Albanese a qualifié ces incidents d’actes dangereux d’agression étrangère sur le sol australien. « Il s’agissait de tentatives visant à saper la cohésion sociale et à semer la division au sein de notre communauté », a-t-il souligné lors du point de presse de mardi. L’Australie n’a pas expulsé d’ambassadeur étranger depuis la Seconde Guerre mondiale, ce qui confère à cet acte une importance historique.

Source: ILH
JForum.fr

 

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