L’incroyable duplex : Abbas à Bruxelles, Pence à Jérusalem

Après une visite-éclair aux deux piliers de la paix et de la stabilité au Proche-Orient, Le Caire et Amman, le vice-Président américain Mike Pence est arrivé pour consacrer et savourer la décision qu’il a lui-même fortement soufflé à l’oreille de Donald Trump. Les deux capitales qui ont accepté de signer avec Israël forment maintenant un embryon de coopération régionale, qui progresse vers le Golfe, à présent et engrange l’assentiment des pétromonarchies, dans une grande alliance, dont les premières victoires seront prochainement scellées au Yémen, et demain, pourquoi pas?, au Liban. Il convient que la reconnaissance de Jérusalem s’adapte progressivement, même avec quelques réticences, dans ce cadre bien plus large.

En effet, de confession évangélique, le 2ème homme des Etats-Unis, s’est engagé depuis longtemps auprès du Président, contre l’avis « pondéré » de Tex Tillerson, le chef du Département d’Etat, et James Mattis, Secrétaire à la Défense, à ce que les Etats-Unis reconnaissent Jérusalem comme la capitale d’Israël. C’est donc à lui, essentiellement, plus mêe qu’à Trump, qui l’acte et que nous honorons d’en avoir pris la responsabilité, que nous devons cette consécration officielle attendue durant deux millénaires et, plus récemment, de nos plus grands alliés. Personne ne s’y est trompé : c’est Pence, le premier qui vient en visite dans la Ville qu’il a lui-même appelé de ses vœux à mériter enfin cette nomination de capitale du peuple juif, aux yeux de la première puissance mondiale.

De ce point de vue, Mike Pence a su manier, au cours de son allocution, la force des messages symboliques, philosophiques, historiques et tout autant politiques et contemporains, qui unissent les deux nations et scellent plus que jamais leur alliance et celle, spirituelle, de leurs pères fondateurs nourris de références bibliques.

Israéliens et Américains, au cours de cette mandature, sont appelés à resserrer leur convergence stratégique, notamment, vis-à-vis de l’Iran, mais aussi face à la question palestinienne, qui demeure comme un caillou lancé au milieu du jardin et doit trouver une forme de résolution, avec l’appui des deux piliers mentionnés plus haut : Jordanie et Egypte. L’acceptation de Jérusalem comme capitale d’Israël est la clé de voûte d’un plan de paix Trump dont certaines ébauches sont connues, ce qui lui vaut le rejet pur et simple de l’un des acteurs absents de ce périple de Pence : Mahmoud Abbas, en « convalescence diplomatique » à Bruxelles, précisément le même jour, pour soigner la « claque historique » qu’il méritait tant.

Abu Mazen, à la même heure, donc, est parti chercher réconfort et approbation, ou qui sait? Lot de consolation, auprès des 28 membres d’une Union Européenne, plus éclatée et contrastée, que jamais. Seulement voilà, ne pas recevoir Pence à Ramallah, -pour les mêmes raisons que mentionnées plus haut, à savoir qu’il n’est pas seulement proche, mais un véritable ami inconditionnel de Jérusalem et des Juifs d’Israël et que cela concerne plus que ses convictions politiques, son enracinement spirituel biblique-, est une chose. Venir à Bruxelles proposer une sorte de mutinerie diplomatique, voire un dessaisissement de la question du Proche-Orient des mains de l’administration américaine, est encore d’une toute autre témérité. Il ne rencontrera aucun Européen prêt à se lancer dans une mission diplomatique-suicide pour exiger de Trump qu’il se renie et dégage la piste des négociations. Et si Macron, à qui on pouvait encore prêter quelque ambition de substitut, lui dit, au contraire, qu’il faut revenir à la table écouter ce que peut bien lui présenter l’Amérique, ce n’est pas Merkel, en pleine crise de coalition, à cause des réfugiés ; ou Theresa May, qui doit revoir sa copie du Brexit, qui iront jouer les Matamores de « La Paix à tout prix » selon les termes d’Abbas. Il n’y a donc pas de solution de substitution à la médiation américaine. Les Russes ont à faire en Syrie et à Astana avec leurs alliés non-fiables, autant turcs exterminateurs de Kurdes que l’Iran expansionniste. Le Roi d’Arabie prône le renouveau et le rapprochement avec Israël. La Chine est assez lointaine, insuffisamment impliquée, au-delà des accords économiques bilatéraux.

A priori, Abbas a réussi à obtenir une approbation morale, de la part de Federica Mogherini, responsable de la politique étrangère de l’institution, pour que Jérusalem-Est reste, dans le discours européen, la capitale promise à un futur Etat palestinien. Mais, comme l’annonce assez clairement le Président français Macron, il ne sera pas question de « reconnaissance unilatérale », le statut définitif de la capitale étant renvoyé à l’issue des négociations, dont, précisément Abbas est le symbole encore bien vivace du refus clair et net, à 82 ans.

En clair, la vraie vie et le vrai monde, le vrai Moyen-Orient sont en construction à Jérusalem, au Parlement israélien, alors que les couloirs de l’Union à Bruxelles servent surtout :

  • à éponger les regrets et récriminations d’un président palestinien qui ne préside plus grand-chose, sinon un immense ballet diplomatique anti-américain et anti-Netanyahu ;
  • Eventuellement à le renforcer dans le fantasme de disposer « bientôt » d’un Etat « à la place » d’Israël, démocratie vibrante de l’heure et à jamais.

Tout l’enjeu de Jérusalem, pour les Palestiniens est, comme la confiscation de la Judée, d’annuler tout lien historique entre les Juifs et le berceau de leur civilisation antique. Ce n’est pas moi, c’est l’UNESCO qui le dit. Trump, par l’insistance de Pence, vient juste d’annuler la clause fondatrice du palestinisme dans la concience musulmane : en finir, une bonne fois pour toutes, avec les lieux de mémoire du Sion-isme (si Je t’oublie, Jérusalem, etc.). Abbas, depuis ses manipulations historiques dans toutes les instances de l’ONU, vient de recevoir en pleine face, le boomerang de son action depuis 2005.

Si Abbas continue de nager à contre-courant, de se passer de la seule médiation qui vaille, selon le point de vue israélien, à savoir l’américaine,  son action va se diluer dans ce type de baroud d’honneur, en toute absence de sens pratique et de réalisation concrète.

Il bénéficie encore, à la Knesset, du relais des députés arabes, qui se sont faits remarquer au début de l’allocation de Mike Pence, en se faisant expulser manu-militari pour protestations indélicates. Un autre de ses appuis intéressés n’est autre que Recep Tayyip Erdogan, qui s’est toujours pris pour un empereur revenu du passé de la domination ottomane et qui se sert d’Abbas comme d’un bedeau local. Mais Abdallah II, par exemple, tenté de se rapprocher du Qatar et de la Turquie, a encore trop besoin des Etats-Unis pour sa défense face à l’Iran et aux milices chiites du sud-syrien. Il lui faut aussi la protection aérienne et plus d’Israël pour toute intervention d’urgence (ou coup d’état palestinien, pourquoi pas, comme en septembre 1970).

La marge de manœuvre est donc plus qu’étroite. Elle est quasiment nulle. Comme dans une salle de classe, le cancre se situant près du radiateur, Abbas le paresseux, s’est toujours pelotonné près du tuyau d’où provenait les subsides. Mais les jeunes princes, la nouvelle garde, Mohamed bin Salman d’Arabie Saoudite et Mohammed Bin Zayed des Emirats, sont toute ouïe, lorsque les Américains, en la personne du Professeur Pence ou d’autres émissaires, leur évoquent un partenariat technologique, innovateur et stratégique, avec la Start-Up Nation. Ils vivent la cause palestinienne comme un vieux reliquat jauni des générations précédentes, que celles-ci n’ont jamais su résoudre, un vieux contentieux, au pire, une épine dans le pied.

Ce ne sont certes pas les rêves stagnants de non-développement que leur propose Abbas, qui stimulent leur imagination fertile, pas plus que la « cause » ne les aident à triompher des obstacles sur leur route, comme la présence de l’Iran au Yémen et l’insurrection houtie. En ce sens, la cause palestinienne, telle que s’en servent le cercle dirigeant de Ramallah et celui de Gaza-city, ne s’use qu’à mesure des manipulations qu’elle subit de la part de cette élite politique tout droit issue des forges du terrorisme des années 1970 à 1987.

Quel autre soutien? Les maîtres-chanteurs de Ramallah et Gaza-city ont manqué leur lancement d’une nouvelle (troisième) Intifada, le 7 décembre 2017. Depuis, on ne compte que les escarmouches devenues traditionnelles, pour ne pas dire entièrement codifiées, contre les soldats et la police des frontières, chaque vendredi, reprises par des groupuscules d’à peine 2 à 300 personnes, jusqu’à 6.000 acteurs de Pallywood au plus fort des échauffourées. Chacun est alors dans son rôle, Tsahal d’un côté, armé de balles en caoutchouc et ne cherchant à neutraliser que les meneurs ; les lanceurs de pierre et de cocktails-molotov, de l’autre, qui s’exécutent sans conviction, sur ordre des petits chefs tribaux locaux.

Ne reste, comme, dorénavant en tant d’autres parties du monde, que le terrorisme « low-coast », à la voiture-bélier ou au couteau, tels qu’il se pratique dans toutes les capitales européennes : la cause, alors, a été victime de son propre succès et se noie dans le brouillard de toutes les autres formes de djihad post-Daesh, dont les techniques ont emprunté aux maîtres du genre, les terroristes palestiniens. D’autre part, sporadiquement, il reste le terrorisme-expert, tel que récemment exécuté contre le jeune Rabbin Raziel Shevach, par une cellule entraînée et organisée du Hamas, qui reste le fer de lance de la terreur urbaine ou routière, en Judée-Samarie.

Au Fatah d’antan, ce type de terreur a, bon gré mal gré, abouti à en faire une arme politique, permettant d’établir une autonomie relative et la cession de zones A et B de juridiction. Mais, il n’a jamais suffi à unifier un peuple divisé entre au moins deux grandes entités jamais vraiment réconciliées :

  • la branche « laïque » apparatchikie-corrompue
  • et la branche « islamiste », elle-même concurrencée par plus djihadiste qu’elle.

En ce sens, la politisation et l’internationalisation de la cause palestinienne semblent s’achever en queue de poisson et n’être porteuses d’aucune perspective historique réaliste ou seulement souhaitable, autre que des reconnaissance symboliques.

Il faudra que se lève une nouvelle génération qui n’a pas connu Abbas, et qui sera lasse de cette petite guerre urbaine sans lendemain, entretenue par ses prédécesseurs, avec le concours des Etats-voyous et milices du même crû, dans la région (Iran-Syrie-Hezbollah-Turquie). Le Hamas sera, de plus en plus, satellisé par l’Iran via le Qatar. Les anciens ploutocrates du Fatah n’ont plus le cœur au ventre pour se lancer dans ce genre de jeux d’influences régionales, sans risquer d’être rattrapés par les puissances sunnites qui, alors, seraient tentées de les éliminer proprement, si jamais ils tombaient dans l’escarcelle de Téhéran.

Y a t-il une ébauche de solution grâce à des personnalités médianes, comme Mohammed Dahlan, par exemple, plébiscité par plusieurs pouvoirs arabes sunnites régionaux? Mais c’est la structure même de ces cercles de pouvoir qui lui faudrait faire éclater, si on ne veut pas retomber rapidement sur le même schéma de base: menaces, chantages et corruption. Les suspensions de fonds américains aideront peut-être les plus corrompus à entreprendre une cure d’amaigrissement, pondérant quelque peu leurs appétits de cash au nom de la cause.

Le projet de plan de paix régionale, et de ligue face à l’Iran qu’est venue proposer Pence, restera sur la table, facilement consultable par les experts, qui pourront, dans l’intervalle de l’attente d’une autre réalité environnante, s’en donner à cœur joie : les solutions transitoires ne manquent pas à quiconque chercherait sincèrement la paix :

  • l’agrandissement du territoire de Gaza par l’annexion consentie par l’Egypte, d’El-Arish et Rafah?
  • l’établissement d’une province palestinienne en Jordanie, en contrepartie de l’annexion par Amman, d’une partie sunnite du sud de la Syrie, non- ou peu contrôlable par les sbires alaouites d’Assad?
  • Un pont entre le Golfe d’Akaba, la péninsule du Sinaï et Gaza, reliant des entités à prédominance palestinienne, en termes de concentration de population?
  • Un développement de l’ordre de la mégalopole de Ramallah, si les enfants d’Abbas consentent à y investir leurs Panama Papers (moins les retenues du fisc)?

A n’en pas douter, si, dès aujourd’hui, l’ancienne élite terroriste se prenait par la main, ce ne serait sans doute pas Singapour ou Hong-Kong, mais il y a fort à parier que les jeunes Princes saoudiens et émiratis trouvaient à nouveau, que la cause ne manque pas d’attrait et qu’il vaut la peine d’y réfléchir… L’Amérique de Pence serait, sans doute, la première à lui en serrer cinq et la Start-up nation mettrait tout son sens légendaire de l’innovation du capital-risque à se prêter à ce co-développement…

Tout sera affaire de bloc contre bloc, dans les dix ans à venir et les successeurs d’Abbas doivent, d’ores et déjà, choisir leur camp avec un grand sens de la parcimonie et de la perspicacité, sinon gare. C’est ce qu’est venir dire, en substance, le Shériff Mike Pence, avec son étoile sur le cœur, les deux pieds sur la terre de Jérusalem, et la tête dans les nuages de son inspiration biblique…

Par Marc Brzustowski

 

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15 Commentaires
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ulysse75010

Une question me travaille :
Lors d’un changement à la présidence des Etats Unis, est-ce que le prochain président pourra décider de revenir sur l’installation de l’ambassade à Jérusalem et la retransférer à Tel Aviv ?

דוב קרבי dov kravi

Article excellent : résumé parfait et exhaustif.

Calimero

Federica Mogherini au travail !

Masca38

Très beau texte, très bonnes idées. Afin de soutenir ce vaste projet, au lieu de se diviser, que la communauté internationale se regroupe définitivement et que l’Etat d’Israël respecte et se fasse respecter, pour le bien de tous.

MANITOU

Le baiser de la mort de l’Europe de la part de babasse « le péteur) et de la communiste moghérini.

VIVE TRUMP LE MONDE SERA BIENTÔT LIBRE DE LA GAUCHIASSE.

Ursi

Quel beau texte! Vive Israel et vive le peuple juif!

maurice medina

SVP pas de prison pur cette racaille…le meilleur sort serait l expulsion pure et simple du pays !!!

alexandra

Excellent article, et le choix de la photo d’illustration est à encadrer ! Mais à la place de babasse je me méfierai, cela ressemble à s’y méprendre au baiser fatal de la mante religieuse ! Tout en sirupeuse hypocrisie le bisou-bisou !

Macronyme-Crimeur-Contre-L'Humanité

Puisqu’ils l’aiment tant ce terroriste, que le Petit Machin trouve un bureau au terroriste Abou Mazen et qu’ils le gardent.
A défaut d’être un âne, il pourra toujours faire la cour à la pétasse Morang-Kini.
Et bon débarras.

manu burak

exellent article ; big like

Michel Adriaensen

Pourquoi en Europe nous n’avons pas de dirigeants de la trempe de Trump & Spence ?!? Cela devient désespérant de vivre dans cette vieille Europe.

Richard MALKA

Avec TUMP: « les américanis ont du pétrole, des idées et…..des couilles »
Et nous en Europe: »on n’a toujours de pétrole, des abrutis incultes et le trou du cul autour du cou »

ixiane

Un TEXTE GENIAL à encadrer !!!! Longue vie à Spence qui sauvera la situation, je le sais, car il est guidé par DIEU , ce Dieu d’Israël , le véritable DIEU !!!!