Lettre ouverte à la Communauté Juive

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Chers amis,

Je vous écris au sujet du projet de modification des statuts du Consistoire de Paris (ACIP) soumis à l’assemblée générale, dimanche 29 novembre à 14 heures à la Synagogue Berith Chalom, 18 rue Saint Lazare, Paris 9e. Vous avez dû y être convié si vous étiez adhérent de l’ACIP en 2014.

VOTRE PRESENCE EST ESSENTIELLE POUR DIRE NON A CE PROJET. Il est très important que vous-même et vos proches participiez à cette assemblée qui se prononcera sur un projet modifiant radicalement le mode de fonctionnement du consistoire à Paris et en France en portant atteinte à vos droits actuels.

UNE REFORME AU SERVICE D’UNE GOUVERNANCE AUTOCRATIQUE. La modification des statuts soumise aux adhérents de l’ACIP (sous réserve de l’adoption le même jour par l’AG du Consistoire Central de statuts également modifiés) vise, conformément au souhait du président actuel des deux institutions, Joël Mergui, à opérer une « vraie-fausse » fusion des deux institutions au service d’une conception autocratique et inefficace de la gouvernance qui ne répond pas aux besoins cultuels exprimés par les membres de notre communauté.

A défaut d’avoir pu proposer la fusion des deux institutions pour des raisons juridiques, la réforme envisagée introduit deux conseils d’administration pour Paris et le Consistoire central composés d’administrateurs identiques désormais élus par un collège de « grands électeurs » issus à la fois d’Ile de France et de la province.

SI LA REFORME EST ADOPTEE VOUS PERDREZ VOTRE DROIT AU SUFFRAGE DIRECT. Ce sera la dernière fois que vous pourrez disposer du pouvoir de décider directement qui seront les futurs dirigeants de l’ACIP, et donc, de peser sur ses orientations : elle supprime l’élection directe qui depuis 1850 permettait une réelle expression démocratique dans une région qui regroupe plus de 60% du judaïsme français.

POURQUOI VOTER NON. La réforme des statuts doit être rejetée parce qu’elle :

SUPPRIME LE SUFFRAGE POPULAIRE. Le projet supprime le suffrage populaire direct (30.000 adhérents) pour l’élection des administrateurs de l’ACIP. Désormais, environ 1000 grands électeurs seront uniquement issus des communautés franciliennes, sans que les nouveaux statuts précisent comment ces « grands électeurs » vont être élus ou désignés par des administrateurs  eux-mêmes élus ou désignés au niveau local… Pour simplifier, cela signifie la création d’une « chambre haute », d’un sénat, et la suppression de l’assemblée que représente aujourd’hui le Conseil d’administration de l’ACIP. Lors des élections futures, le débat se situera donc désormais uniquement au niveau local et ne concernera plus les grandes orientations du Consistoire, ce qui est une régression démocratique favorisant une conception autocratique de la gestion des affaires communautaire.

SUPPRIME L’EXPRESSION DE TOUTES LES SENSIBILITES COMMUNAUTAIRES. Elle induit mécaniquement plus de conservatisme et de sclérose dans la gestion des affaires cultuelles au moment où nous avons tant besoin de dynamismed’ouverture, de créativité et d’engagement. En supprimant l’élection directe par les 30.000 électeurs potentiels de l’ACIP pour la remplacer par des élections ou désignations locales, cette réforme vise notamment à empêcher les expressions libérales, massorti, loubavitch, ultra-orthodoxe ou même laïques qui trouvaient à s’exprimer jusqu’à présent. L’ACIP, maison commune dont la vocation est de représenter tous les juifs, quelle que soit leur sensibilité, ne représentera plus ainsi que ceux rattachés à une communauté consistoriale locale.

INTRODUIT UNE STRUCTURE DE GOUVERNANCE BANCALE ET INEFFICACE. Le projet prévoit deux conseils d’administration dont les membres seront identiques et répartis à parité en un collège francilien et un collège de province : on peine à comprendre, s’agissant de l’ACIP, quelles seront les attributions respectives de ces collèges dans la mesure où il est prévu que le collège de province ne pourra pas se prononcer sur les « questions relatives à l’organisation et le budget » des communautés d’Ile de France. La moitié des administrateurs de l’ACIP, soit le collège de Province, pourra donc en pratique soit se prononcer… sur rien, soit, si on l’interprète comme visant à leur permettre de statuer sur tous les sujets non franciliens, à pouvoir décider de l’allocation des ressources de l’ACIP pour des besoins non liés à l’Ile de France (cacherout, état civil, Beth Din, services du siège, etc.) et ce, alors que celles-ci ne parviennent pas à assurer aujourd’hui l’équilibre financier de l’ACIP !

A ETE VOTEE SANS RAISON DANS L’URGENCE ET SANS EXAMEN SERIEUX. Les projets de nouveaux statuts n’ont jamais été sérieusement discutés au sein des conseils d’administration de l’ACIP et du Consistoire Central : ils n’ont jamais été soumis à la commission juridique de l’ACIP et, malgré des demandes répétées, n’ont été soumis pour approbation à ces conseils pour la première fois que… 48 ou 72 heures avant leur réunion !

EST IRREGULIERE AU PLAN JURIDIQUECette précipitation infondée a une conséquence juridique grave : la non-conformité du projet de statuts de l’ACIP qui a été joint à la convocation de l’assemblée du 29 novembre avec celui qui a été formellement approuvé par le conseil de l’ACIP réuni le 9 septembre. Le texte de ce projet diffère en effet en de nombreux points matériels du projet approuvé en conseil. Cette non-concordance des projets entraîne en conséquence l’irrégularité de l’assemblée du 29 novembre appelée à se prononcer sur un document qui n’a pas été approuvés par le conseil d’administration de l’ACIP.

REMET EN CAUSE LA PLACE PREEMINENTE DU GRAND RABBIN DE FRANCE. Le projet introduit une confusion entre les fonctions du Grand Rabbin de France et celles du Grand Rabbin de Paris désormais tous deux désormais réunis au sein d’un même conseil d’administration à Paris et au Central. A cet égard, le Conseil Supérieur Rabbinique et l’Association des Rabbins Français, présidés par le grand Rabbin de France, qui n’ont jamais été consultés sur la modification des statuts envisagée, ont, à l’issue d’une réunion le 23 novembre 2015, formellement demandé, au président Joël Mergui, l’insertion dans le projet de statuts d’une dizaine de propositions de modifications tirant les conséquences institutionnelles du projet.

INTRODUIT UN REGIME ELECTORAL DIFFERENT POUR PARIS ET LA PROVINCE. Le projet de réforme, place enfin l’ACIP, qui représente la majorité du judaïsme français, dans une situation différente et inéquitable par rapport à tous les autres grands Consistoires régionaux (Marseille, Lyon, Strasbourg, Nice, Toulouse, etc.). Alors que des élections directes continueront à avoir lieu dans ces consistoires pour désigner les administrateurs qui éliront à leur tour la moitié des membres identiques des conseils d’administration de l’ACIP et du Consistoire central, seul l’ACIP se verra priver d’un suffrage direct.

Pour simplifier et à titre illustratif, désormais des « grands électeurs » choisis au sein des commissions administratives élues par une petite communauté francilienne (par exemple Montrouge) pour participer à l’élection des administrateurs communs de l’ACIP et du Central auront la même légitimité que ceux désignés par les représentants élus par l’ensemble des adhérents du… Consistoire de Marseille, de Lyon ou de Strasbourg !!!

Faire évoluer l’institution consistoriale pour lui permettre d’affronter les nombreux défis contemporains et répondre aux besoins cultuels et religieux des juifs de France et franciliens est une nécessité. Mais plutôt que mettre de l’énergie dans une construction bancale destinée à asseoir une gouvernance autocratique et centralisée, il nous appartient de revivifier le Consistoire en le recentrant sur ses missions : servir mieux les besoins religieux et cultuels de tous les juifs de France.

Bien cordialement.

David Revcolevschi

Administrateur et ancien trésorier du Consistoire de Paris et d’Ile de France (ACIP)

6 COMMENTS

  1. Je trouve au contraire de certains commentaires que cette campagne est primordiale. Si vous ne trouvez pas qu’il y a une dérive rétrograde chez les rabbins qui décident de tout et notamment de la cacheroute, c’est que vous avez les yeux embrumés!
    A lyon, j’ai l’impression qu’une mafia dirigée plus par des ayatorah que par des rabbins dignes de ce nom a mis une chape de plomb sur les fidèles dont beaucoup ont perdu tout sens critique.
    Les divrés torah me font honte, ont perdu tout universalisme et sont non seulement la preuve d’une absence totale de culture générale mais sont aussi finalement bien loin de l’esprit de nos lois!

  2. La situation locale n’étant pas des plus favorable, et la situation internationale catastrophique,
    il serait malsain que le Peuple se déchire.

  3. Il y a si longtemps qu’il n’y a plus eu d’élections dans ma communauté que je ne me souviens plus de la date des dernières. La plupart des membres de notre commission administrative ont étés cooptés et non élus. Où est la démocratie ? En quoi les grands électeurs nommés ou cooptés me représenteront-ils ? En tant que femme je n’ai déjà pas beaucoup droit à la parole. Combien y aura-t-il de femmes parmi les grands électeurs ? Pourquoi le droit de vote nous est-il refusé au moins dans ma communauté. Ce droit c’est le consistoire qui l’octroie . . . ou le refuse.

    Il me restais la possibilité d’élire des représentants au consistoire mais ici on veut m’enlever ce dernier droit de vote. C’est trop!

    Moi qui cotise depuis des années je ne compte pas mais des communautés qui n’ont jamais cotisé auront des grands électeurs donc la parole alors que je fais même attention à acheter les produits surveillés par le consistoire chaque fois qu’il y en a. (Malheureusement le consistoire ne fait pas de fromages.)

    Si ces statuts passent qu’ils continuent à faire leurs affaires entre copains. Je cesse toute cotisation. J’achète israélien.
    Je quitte le navire . . .

    Il y a des années j’ai crée, avec une amie, une association pour parents d’enfants handicapés. Nous n’avons jamais fonctionné de cette manière. Nous ne nous sommes jamais senties propriétaires de l’association.

    Par expérience j’affirme qu’on peut diriger une association démocratiquement et que ça marche très bien !

  4. Il y a si longtemps qu’il n’y a plus eu d’élections dans ma communauté que je ne me souviens plus de la date des dernières. La plupart des membres de notre commission administrative ont étés cooptés et non élus et en tout cas non n’ont pas eu l’approbation de la communauté depuis de longues années. Où est la démocratie ? En quoi les grands électeurs nommés ou cooptés me représenteront-ils ? En tant que femme je n’ai déjà pas beaucoup droit à la parole. Combien y aura-t-il de femmes parmi les grands électeurs ? Pourquoi le droit de vote nous est-il refusé au moins dans ma communauté. Ce droit c’est le consistoire qui l’octroie . . . ou le refuse.

    Il me restais la possibilité d’élire des représentants au consistoire mais ici on veut m’enlever ce dernier droit de vote. C’est trop!

    Moi qui cotise depuis des années je ne compte pas mais des communautés qui n’ont jamais cotisé auront des grands électeurs donc la parole alors que je fais même attention à acheter les produits surveillés par le consistoire chaque fois qu’il y en a. (Malheureusement le consistoire ne fait pas de fromages.)

    Si ces statuts passent qu’ils continuent à faire leurs affaires entre copains. Je cesse toute cotisation. J’achète israélien.
    Je quitte le navire . . .

    Il y a des années j’ai crée, avec une amie, une association pour parents d’enfants handicapés. Nous n’avons jamais fonctionné de cette manière. Nous ne nous sommes jamais senties propriétaires de l’association.

    Par expérience j’affirme qu’on peut diriger une association démocratiquement et que ça marche très bien !

  5. Votre campagne sans intérêt par les temps qui courent a l’air aussi honteuse que ce que vs semblez dénoncer ! Pas d’intérêt de se déplacer

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