La Syrie a tiré des missiles pendant 40 minutes après la frappe israélienne, frappant ainsi l’avion russe

Un rapport de l’armée israélienne révèle une forte augmentation des barrages anti-aériens syriens lors des attaques de Tsahal, dans l’espoir de répéter la destruction d’un F-16 de l’IAF en février

Une photo fournie par les médias militaires centraux syriens favorables au régime montre que des tirs de missiles anti-aériens atteignent le ciel alors que des missiles israéliens frappent des positions de défense aérienne et d'autres bases militaires autour de Damas, en Syrie, le 10 mai 2018 Les forces de sécurité ont lancé un tir de roquette contre les bases israéliennes sur les hauteurs du Golan, dans le plus grave affrontement militaire entre les deux ennemis les plus acharnés à ce jour. (Médias militaires centraux syriens, via AP)

Une photo fournie par les médias militaires centraux syriens favorables au régime montre que des tirs de missiles anti-aériens atteignent le ciel alors que des missiles israéliens frappent des positions de défense aérienne et d’autres bases militaires autour de Damas, en Syrie, le 10 mai 2018. Les forces iraniennes ont lancé des tirs de roquette contre les bases israéliennes sur les hauteurs du Golan, lors du plus grave affrontement militaire entre les deux ennemis les plus acharnés à ce jour. (Médias militaires centraux syriens, via AP)

Le rapport israélien sur l’un avion russe descendu au large des côtes syriennes lors d’un raid aérien israélien lundi, comporte une quarantaine de pages en anglais et en russe et il montre que des batteries antiaériennes syriennes ont tiré des missiles anti-aériens plusieurs dizaines de minutes après l’attaque israélienne initiale.

Dans un geste très inhabituel, Tsahal a reconnu la frappe aérienne et publié certaines des conclusions de l’enquête initiale, qui a conclu que les unités de défense aérienne syriennes avaient tiré sans viser et «ne s’était pas soucié de la présence ou de l’absence d’avions russes».

Les premières conclusions de Tsahal ont été présentées ces derniers jours à leurs homologues russes à Moscou, en présence d’une délégation de responsables israéliens, dont le chef des forces aériennes, le général Amikam Norkin. Israël et la Russie ont déclaré que la Syrie, et non Israël, était responsable du crash de l’avion.

Selon le rapport israélien, auquel le site d’informations Ynet a eu accès, le «mécanisme de déconfliction», un système de coordination entre l’armée israélienne et les forces russes, visant à empêcher les tirs amis au-dessus de la Syrie, suivait la procédure habituelle avant la frappe, qui s’inscrit dans une série de plus de 210 attaques au cours des deux dernières années.

Le rapport indique que l’armée syrienne a alors activé plusieurs batteries anti-aériennes déployées dans tout le pays, tirant pendant plus d’une demi-heure, longtemps après le retour des avions israéliens sur leur base. Les Syriens ont tiré des dizaines de missiles de divers types, dont le missile SA-5 (également appelé S-200), un gros missile avancé qui a abattu un avion israélien au-dessus de la Galilée en février, a rapporté Ynet.

Dans cette photo prise le 6 juillet 2015, un avion de renseignement électronique de l’armée de l’air russe , l’Il-20 décolle d’un aérodrome près de Rostov-sur le-Don, en Russie. (Photo AP)

La délégation israélienne a fait remarquer à ses homologues russes que le problème fondamental – qui risque de se répéter – est le changement de comportement syrien depuis qu’il a frappé un chasseur israélien F-16 en février.

Jusque-là, les batteries syriennes tiraient quelques missiles isolés sur les avions israéliens. Parfois, ils n’utilisaient qu’une seule batterie, à supposer que leurs missiles ne puissent pas faire grand chose contre l’armée de l’air israélienne.

Cependant, après avoir heurté l’avion israélien en février, soit la première fois qu’un avion de combat israélien a été abattu par le feu de l’ennemi depuis la guerre du Liban en 1982, les Syriens ont mis beaucoup d’énergie dans leurs efforts et ont déployés de nouvelles batteries anti-aériennes venues de Russie, avec l’espoir de réaliser ce même objectif.

Depuis lors, chaque attaque israélienne a rencontré des dizaines de missiles anti-aériens. Le point culminant a eu lieu lors de «l’opération Château de Cartes» le 10 mai, quand Israël a frappé plus de 50 cibles iraniennes à travers la Syrie et que l’armée de l’air israélienne a été ciblée par environ 170 missiles antiaériens syriens.

Vue des restes d’un avion F-16 qui s’est écrasé près du kibboutz Harduf le 10 février 2018. (Anat Hermony / Flash90)

Dans les frappes israéliennes depuis, l’armée syrienne a, à chaque fois, tiré un grand nombre de missiles antiaériens. La Syrie et la Russie ont également un système de coordination pour éviter les incidents de tir ami, mais selon le rapport de Tsahal, des erreurs de coordination entre ces deux pays ont entraîné la destruction de l’appareil de reconnaissance russe Il-20 et l’assassinat gratuit de ses 15 membres d’équipage.

L’incident a débuté lundi soir, lorsque l’armée de l’air israélienne a mené une frappe aérienne contre une installation d’armement syrienne près de la ville de Latakia, qu’Israël a dit être utilisée pour stocker et transférer des missiles avancés au Hezbollah et à d’autres supplétifs iraniens.

Le raid israélien a déclenché une réponse des défenses aériennes de l’armée syrienne, qui n’a pas réussi à frapper les avions des Forces Aériennes d’Israël, mais a abattu l’avion de surveillance russe.

La destruction de l’avion a provoqué une vague de condamnations de la part de Moscou, qui a accusé Israël d’utiliser son avion pour se protéger pendant l’attaque et de n’avoir prévenu l’armée russe qu’une minute à l’avance.

Les restes d’un entrepôt de munitions syrien détruit lors d’une frappe aérienne israélienne sur une base à Lattaquié, le 18 septembre 2018. (ImageSat International (ISI / Ynet)

Les responsables israéliens, craignant de perdre la coopération étroite en matière de défense avec les Russes, qui a permis à Tsahal d’opérer en Syrie contre les forces liées à l’Iran et au Hezbollah, ont lancé une campagne diplomatique complète.

La délégation israélienne à Moscou a partagé des renseignements concernant les efforts iraniens visant à établir une présence militaire permanente en Syrie et à transférer des armes avancées à des groupes terroristes dans la région, a indiqué l’armée.

«Les réunions se sont déroulées dans un esprit positif. Il y avait un dialogue professionnel, ouvert et transparent sur diverses questions et l’accent a été mis sur l’importance des intérêts des deux pays et la poursuite d’un mécanisme de déconfliction », a déclaré Tsahal.

Le chef de l’armée de l’air israélienne, Amikam Norkin, au centre-droit, rencontre des responsables russes à Moscou le 20 septembre 2018. (Forces de défense israéliennes)
A l’issue de quoi, néanmoins, le Ministère russe des Affaires étrangères a déclaré qu’Israël devait encore poursuivre et approfondir ses investigations, afin de faire toute la lumière sur cette affaire militaro-diplomatique houleuse.
Par ailleurs, des journaux russes ne se sont pas privés d’accuser directement Moscou, et non plus seulement la Syrie, de ce couac stratégique : selon eux, les Syriens n’agissent pas uniquement de leur propre chef, mais des conseillers et officiers russes évaluent les « progrès » de leurs poulains syriens et dirigent bien des opérations de contre-feu. Au bout du compte, ces conséquences néfastes d’un mauvais tir désordonné pourrait aussi être le fait d’une défaillance d’agents de liaison russes directement sur le terrain, au contact des « viandards » syriens… Il s’agirait d’un problème interne au Ministère russe de la Défense, toujours désorganisé, près de 30 ans après la chute du Mur. L’Etat-Major de l’armée russe ferait alors tout son possible pour se « couvrir » aux yeux de son chef suprême, Vladimir Poutine, en se servant d’Israël comme bouc-émissaire commode, du fait de l’anti-israélisme partagé au sein de cette armée revancharde, et donc intrinsèquement dangereuse, à cause de ses alliances sur le terrain et de son idéologie traditionnelle.
JForum avec agences dont Ynet.

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1 Commentaire
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serge027

Cette affaire ressemble furieusement à une manipulation de l’Iran pour monter la Russie contre Israël. En effet, même si les servants syriens (ou iraniens) des batteries anti-missiles sont cons, ils ne le sont pas au point de confondre l’image radar d’un IL 20 gros porteur ayant une vitesse réduite, avec celle d’un F16 minuscule ou d’un missile qui se déplace 10 fois plus vite!!!
De plus les avions ont une signature électronique que les missiles savent reconnaitre pour éviter les bavures.
Et la manip a bien fonctionné puisqu’une partie de l’état major russe rend Israël responsable de la mort de 15 russes.
Mais l’arroseur a été arrosé puisque 29 pasdarans se sont fait descendre à Ahwaz. Qui sème le vent récolte la tempête.