L’OFCE a étudié 2 millions d’entreprises et dénonce le décrochage éducatif français qui explique toutes nos faiblesses

L’OFCE a scanné plus de 2 millions d’entreprises françaises pour déterminer avec précision les causes de la fragilité de notre industrie : les salaires, les impôts et taxes, l’énergie et la logistique… Résultat : la cause première de nos difficultés se situe dans le décrochage éducatif de la population française.

La conclusion de cette vaste étude réalisée par l’Observatoire français des conjonctures économiques n’est pas glorieuse et apporter la preuve va se révéler très politiquement incorrecte… sauf qu’on s’en doutait un peu.

La France a un tissu industriel et productif des plus fragiles, car les délocalisations à tour de bras autour des années 2000 ont déshabillé le pays de ses usines et de ses ateliers de fabrication. Les gouvernements successifs n’y ont pas pris garde, puisque les délocalisations permettaient de tirer les prix de consommation vers le bas. On ne créait pas d’emplois, mais on dégageait du pouvoir d’achat jusqu’au moment, dans les années 2010, où les gouvernements ont essayé de redresser la barre en développant une politique d’offre pour redonner aux entreprises l’intérêt de produire. De 2010 à 2020, le tissu industriel a cessé de se contracter.

La désindustrialisation est passée de mode, et la mode des hautes technologies, des start-up leur a permis de jouer les locomotives avec un secteur des services dynamisé.

La résultante de tous ces mouvements a globalement amélioré la place du secteur manufacturier, et l’OFCE a enregistré des gains de productivité dans la plupart des branches industrielles. Jusqu’à l’arrivée du Covid, qui a cassé cette évolution pour cause de confinement, mais la politique du « quoi qu’il en coûte » a préservé les actifs de production en les mettant sous cloche, ce qui fait que le système est reparti de façon euphorique. Il a coûté très cher au budget, mais le ressassement violent a permis de le financer et de rattraper le manque à gagner, mais pas pour tous.

L’étude de l’OFCE s’est attachée à repérer les vraies causes de la fragilité, de la faiblesse et des incertitudes du système de production de richesse française. Le résultat est presque moins grave que ce que prétendent la plupart des conjoncturistes, mais beaucoup plus préoccupant pour espérer un redressement rapide. Du côté des marges, de la productivité, de la compétitivité, de la décarbonation, du niveau général des prix, la moyenne des performances s’est améliorée en France.

Mais, quand on regarde ces progrès dans le détail, l’OFCE en arrive à trois séries de remarques :

La première, c’est que les progrès sont une moyenne générale, mais l’essentiel des progrès de compétitivité, par exemple, est réalisé par les premiers de la classe, et c’est vrai dans tous les secteurs.

La seconde remarque, c’est que les mesures prises jouent à plein pour les meilleurs du CAC 40, mais le gros du peloton des PME est encore en pleine incertitude. La crise de l’énergie, la mutation liée au climat, l’inflation, tous ces facteurs-là leur bouchent l’horizon. Et compte tenu de la faiblesse de leur fonds propres, les fragilise énormément. D’où le nombre anormalement élevé de faillites.

La troisième remarque porte sur les vraies raisons de l’incertitude et de la faiblesse structurelle : les vraies raisons se dissimulent dans le déficit de formation technologique de l’ensemble de la population active. Dans la plupart des segments, il existe un décrochage éducatif qui sera difficile et long à rattraper. Pour les auteurs de l’étude, ce phénomène est d’autant plus grave qu’il n’y a pas de réflexion globale sur la nature de l’enseignement, et notamment de l’enseignement scientifique.

Aucune réflexion sur le contenu de l’enseignement, sur la mobilité sociale et géographique des étudiantes, comme il en existe dans les systèmes asiatiques et américains. Le plus grave, c’est que même si la prise de conscience d’une telle défaillance se diffusait dans la classe politique, médiatique, et surtout dans la population tout entière, on voit mal comment former les techniciens, les agents de maîtrise, et même les ingénieurs avant 10 ans.

Encore faudrait-il que l’appareil éducatif, l’Education nationale partage ce diagnostic, ce qui est loin d’être le cas. Or le temps presse. Le monde entier a engagé une relocalisation de ses fabrications, en simplifiant les chaînes de valeurs.

La Chine se replie sur elle-même, et la Chine regorge de techniciens chercheurs pour produire sa propre innovation. L’époque des années 2000 où Pékin alimentait son développement en important ou en pillant les innovations occidentales est peut-être révolue. La Chine développe ses propres processus et ses propres technologies. Sur la voiture électrique et les batteries, la Chine a pris dix d’avance sur l’Europe, et ce n’est qu’un exemple.

Aux États-Unis, l’IRA (Inflation reform Act) prépare une véritable révolution. Il ne s’agit pas seulement de se protéger de la hausse des prix, il s’agit de doper l’industrie américaine. Les Américains ont les technologies et les hommes pour les utiliser et les mettre en application. Ils ont même un formidable talent pour les attirer de l’étranger.

ATLANTICO

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1 Commentaire
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marco darmon

ce qui va pas en france est le systeme des grandes ecoles francaises , x creer par napoleon 1er comme pont et chaussées creer aussi par napoleon1er , mais la france a creer normal sup , l ena , hec supdeco , science po « la porte a l ena «  » etc ou ce sont des enfants de riches bourgeois qui peuvent aller dans ces etudes qui coutent chers a leurs familles c est une honte d avoir creer ces ecoles de prestige qui sont reservés qu a une certaine élite ou a ceux qui ont du fric !!

il faudra tot ou tard supprimer toutes ces grandes ecoles qui sont la cause du mal francais pour moi !!