Le Billet de Sivan Rahav-Meir : Waouh !
Voici à quoi ressemblait le Kotel hier soir. Des dizaines de milliers de personnes s’y sont rendues, ainsi que dans des synagogues partout dans le monde, car les communautés séfarades ont commencé à réciter les Seli’hot, depuis Roch ‘Hodech Eloul jusqu’à Yom Kippour.
Le rav Yossef Dov Soloveitchik expliquait qu’il y a deux mots très puissants dans les Seli’hot, auxquels on ne fait parfois pas assez attention : « Nous avons fauté devant Toi ». Certes, nous avons fauté — mais devant Toi. En Ta présence, avec Toi. D.ieu est avec nous, même après nos fautes et nos erreurs. Il nous attend, Il écoute et pardonne.
C’est un processus qui contient de la honte et du regret. Nous ne prétendons pas être parfaits, il est clair qu’il faut s’améliorer. Mais l’essentiel est là : il est toujours possible de réparer. Nous sommes devant Toi, avec Toi, capables de parler, de demander à progresser et de recommencer.
Imaginez un monde sans Seli’hot ni Eloul — ce serait terrible. Et maintenant, imaginez un monde où existent Seli’hot et Eloul, car c’est le cas : au lieu de sombrer dans la tristesse et la frustration, nous savons transformer ces sentiments en examen de conscience, en prière, en réparation et en téchouva.
Bonnes Seli’hot, bonnes nouvelles.
Source: Meta (La Matinale)
LE ROI EST DANS LES CHAMPS
Dans les commentaires du Zohar pour la Parashath Lekh Lekha, on retrouve une parabole selon les termes de laquelle, lorsque HaShem, le Roi, va rendre visite aux tsadikim qui séjournent au Gan Eden, les arbres exhalent chacun un parfum enivrant si délicat et délicieux que le monde en est encore plus merveilleux.
Lorsque nous prions, ne serait-ce que lorsque nous devons réciter une bénédiction avant de consommer quel qu’aliment nous réaffirmons que le propriétaire de chaque chose sur terre est bien HaShem, le Roi de l’Univers et, lorsqu’approchent les Yamim norayim ou « jours redoutables » que sont nos fêtes de Tishri: rosh hashana et kippour nous clamons d’une voix unifiée la Souveraineté incomparable d’HaShem. IL est bien notre D., notre ROI.
Quelle est donc la signification de cette locution : « Le Roi est dans les champs » ?
L’explication est assez poétique mais elle nous permet à nous, esprits humains de saisir de manière concrète ce sens: le Roi de l’Univers cherche les êtres humains qu’IL a créés et IL va donc Se promener dans Ses jardins à la rencontre des êtres humains et à l’écoute des prières de chacun d’entre nous (des bonnes prières s’entend, bien entendu).
Le sixième mois de l’année est le mois d’Eloul, mois pendant lequel nous prions avant le lever du soleil (ou dans d’autres communautés juste après minuit) pour procéder aux selihoth soit prières/textes de repentance un mois avant les célébrations de Rosh HaShana et Yom Kippour (dans les communautés ashkenazes on procède aux selihoth le dernier ou l’avant dernier dimanche du mois d’Eloul).
La « rencontre » est plaisante au Maître du Monde car IL peut mesurer l’attachement de Son peuple, de Ses enfants aux enseignements de la Torah et IL peut voir combien est puissant et solide cet attachement à notre Père à tous.
Au cours des selihoth et des prières récitées lors des deux grandes solennités que sont Rosh HaShana et Yom Kippour nous lisons dans un recueillement très profond le « El Melekh yoshev âl kissé Rahamim » pendant lequel sont énumérés les 13 attributs de miséricorde et c’est en raison de la rencontre avec le Souverain que le peuple se prépare effectivement à la rencontre avec le Roi des Rois.
Et les fidèles se préparent à la rencontre un mois durant et ils arrivent en plus grand nombre pour rappeler notre engagement au Souverain vis-à-vis de Lui puis, en prenant conscience du fait que le Jour du Pardon arrive, nous essayons tous de nous rendre meilleurs et de mieux garnir les champs et le verger du Saint Béni soit-IL en essayant d’être meilleurs, de mieux prendre soin de la Loi qui nous indique le bon chemin à prendre.
Le Roi inspecte Ses jardins, IL hume les fleurs (prières) et admire les fruits (études et bonnes actions) et c’est en vertu de cela qu’IL fixe pour le monde entier mais aussi pour chacun en particulier les critères qui seront ceux de chacun au cours de l’année qui viendra.
En réponse à l’effort fourni par chacun, l’homme juif verra ses efforts récompensés pour lui, sa compagne et ses enfants, ses affaires et son étude.
En conséquence, l’effort demandé à l’homme est simple : confirmer par son retour aux sources spirituelles son appartenance à ce peuple si particulier en s’identifiant avec la Torah qui est un guide spirituel mais aussi un guide pratique pour tous les jours.
D’autre part, en retrouvant ses frères dans une même volonté, celle de se faire pardonner toutes les erreurs commises, l’homme part à la rencontre avec son Créateur et s’aperçoit ainsi du désir du Roi de rencontrer et d’entendre la voix de Ses enfants et, cette rencontre se produit dans tous les domaines et toutes les sphères entourant les humains.
Se rendre dans les champs à la rencontre d’HaShem revient à dire qu’il faut aller à cette rencontre avec une préparation spirituelle et se préparer à se corriger.
Les paroles de nos Sages nous rappellent dans Bereshith que Abel et Caïn se sont rencontrés dans un champ (sadé en hébreu) pour offrir un premier sacrifice. Les sacrifices des deux frères étaient relatifs aux champs aussi en quelque sorte car pour l’un il s’agissait d’un animal qui ne peut vivre que par la production de la terre et l‘autre par des plantes que la terre produit et les Sages nous apprennent que ce champ, ce sadé n’était autre que le lieu même où serait érigé le beith HaMikdash par le Roi Salomon.
Les Sages nous rappellent aussi un autre lien entre les hommes et le champ : en effet Isaac notre deuxième patriarche était désigné par le « surnom » d’homme des champs en opposition à son père, le Patriarche Abraham qui, lui est plutôt relié à la montagne ou à Jacob « ish ohalim » soit un homme qui aime rester dans les tentes (comprendre qu’il aime rester à la maison) pour pouvoir étudier. Et, c’est alors que se boucle le triangle des 3 patriarches : la montagne (du Mont Moriya), Isaac l’homme des champs qui se recueille dans la nature et qui s’offre en sacrifice à l’Eternel, et Jacob, qui fait le vœu de construire quelque chose à Beith El : une maison pour HaShem (beith E-l) et c’est donc dans les champs, dans la nature, que l’on peut plus aisément aller à la rencontre du Saint béni soit-IL ! Ainsi que l’enseigne le Maharal de Prague, le triangle représente à la perfection la relation d’HaShem envers Ses enfants et Ses enfants envers Lui et entre eux. (Imaginer qu’au sommet du triangle Se trouve HaShem qui étend Ses bras (kiveyakhol) et Ses enfants qui se tendent les bras les uns aux autres et, l’Amour des enfants qui remonte vers HaShem.
Nous tous nous préparons à cette rencontre et nous prions pour être agréés.
En implorant le Ciel avec nos suppliques nous sommes conscients de notre faiblesse d’être de chair et de sang qui ne réussit pas toujours à sublimer ses instincts pour observer le texte de laTorah sans faire de digressions. Le Pardon n’intervient pas seulement à Rosh HaShana ni même à Yom Kippour mais nous devrons être constants dans nos attitudes jusqu’après souccoth avec le loulav et les trois autres espèces.
En participant à l’effort des selihoth tout au long du mois d’Eloul et pendant les dix jours de pénitence, nous participons à cet effort de rendre les choses belles et conformes au souhait d’HaShem.
Ainsi, en Se rendant dans les champs, en Se révélant à Son peuple par Sa proximité, nous prenons goût à une vie irréprochable. Et nous nous devons de réexaminer notre attitude envers nos frères et sœurs, de les aimer, de divulguer la Torah et de montrer combien il est utile d’aimer véritablement nos prochains, et d’être unis, pour qu’à notre tour nous recevions sur nous toutes les retombées bénéfiques qui feront de nous un peuple encore plus beau et plus fort.
HaShem offre toujours une approche bienveillante car nous sommes Ses créatures puis nous sommes Ses Enfants car nous avons accepté sur nous Sa Torah et Son alliance qui est inscrite sur notre chair (la circoncision).
Aller ainsi au-devant du Roi, ou aller à sa rencontre « dans les champs » c’est-à-dire, en réalité faire donc un retour sur soi-même et reconnaître ses propres errances, ses propres déficiences est une prise de conscience essentielle qui doit permettre à l’être humain de voir s’exprimer son librearbitre dans le choix de son orientation à chaque instant de sa vie , et, qui plus est, lors de ce rendez-vous spirituel qui a lieu chaque année plus particulièrement en automne, à la période qu’HaShem a choisie pour qu’ait lieu la ligature d’Isaac, en cette même saison où apparaissent les « 5 fruits d’Israël » , et en cette saison où l’humain rencontre la Nature, en diverses occasions pour que la Création rende des comptes au Créateur et qu’elle puisse s’étonner devant les merveilles de cette création (ma rabou ma’âssekha HaShem hakol behokhma âssita).
« Aller rencontrer le Roi dans les champs » revient à dire que l’homme (l’être humain) reçoit sur lui le « Joug du Royaume des cieux » (ôl malkhouth shamayim : עול מלכות שמים ) et, accepter le joug du royaume des cieux est une preuve d’amour et de crainte d’HaShem… le vocable « joug » n’est pas une sorte d’aliénation mais une sorte d’appartenance. Deux conjoints s’appartiennent, des enfants appartiennent à leurs parents et vice-versa, nous appartenons à une même famille, un même nation. De cette façon, chacun a à cœur de démontrer son attachement au Créateur et à Sa Torah.
La preuve de l’attachement du Créateur envers Ses enfants est de leur donner le meilleur pour chacun selon ses mérites et notre preuve à nous réside dans notre attachement aux mitsvoth, à la Torah en notre Amour et notre attachement envers nos semblables et envers Lui.
Caroline Elishéva REBOUH
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