Dans un précédent article nous avons analysé les rapports entre les USA et Israël de 1948 à la fin du mandat du président démocrate, Carter.
Des éléments de convergence – politiques, culturels, religieux, économiques et humains- expliquent le rapprochement américano-israélien. Il y a aussi de nombreux points de divergence comme la situation géopolitique qui confère aux USA un rôle de gendarme du monde alors qu’Israël mène des guerres de survie et de sécurité.
Où en est le duo dans les années 1980 ?
Ronald Reagan est le premier candidat à l’élection présidentielle à faire obtenir moins de 50 % du vote juif que son opposant démocrate.

Le slogan du candidat républicain est America again
Certains conseillers partisans d’Israël ont exprimé tôt leur inquiétude à Ronald Reagan de difficultés potentielles dans les relations américaines-israéliennes à cause de certain nommés liés à des associations ou milieux d’affaires proarabes (par exemple, les Secrétaires Caspar Weinberger et George P. Shultz étaient des officiers dans la Société Bechtel, qui a eu des liens forts avec le lobby arabe aux États-Unis.)
Cependant, le rapport personnel du Président Reagan pour Israël et la compatibilité entre l’Israélien et des perspectives de Reagan sur le terrorisme, la coopération de sécurité et la menace soviétique, ont mené au renforcement considérable dans des relations bilatérales.
Pendant sa présidence, Reagan reçoit des lettres du lobby sioniste AIPAC qui demande une aide de plus en plus forte pour Israël. En 1981, Weinberger et le ministre de la Défense israélien Ariel Sharon ont signé l’Accord de Coopération Stratégique.
Les relations se tendent quand Israël a effectué une attaque aérienne sur le réacteur nucléaire Osirak à Bagdad (1981).

Reagan a suspendu une expédition d’avion militaire en Israël et a durement critiqué l’action. Les relations ont été difficiles pendant la Guerre du Liban 1982, quand les États-Unis ont menacé de prendre des sanction pour arrêter le siège israélien de Beyrouth contre l’OLP qui mène une stratégie terroriste et se sert de boucliers humains .
Les EU ont rappelé à Israël que les armes fournies par les EU devaient être utilisées pour des buts défensifs seulement et les expéditions suspendues de munitions de groupe en Israël.
Pendant la guerre civile libanaise, l’ambassadeur des États-Unis au Moyen-Orient, Morris Draper exige un retrait israélien.

Le premier ministre israélien Menahem Begin affirme qu’Israël maintient l’ordre à Beyrouth et le ministre de la défense Ariel Sharon répond qu’ils luttent contre la terreur :
« Que vous l’ayez pensé ou pas… Quand l’existence et la sécurité sont en jeu, tout est de notre responsabilité, on ne laissera jamais personne d’autre décider pour nous. (…) M. Draper, vous craignez d’être soupçonné d’être de mèche avec nous ? Niez-le et on le niera »
Dans ses mémoires, le secrétaire d’État américain Shultz affirme :
« Les Israéliens ont dit qu’ils entraient dans Beyrouth (…) pour éviter un bain de sang, il s’avère qu’ils l’ont facilité et peut-être même suscité, (…) le résultat brutal aura été que nous sommes partiellement responsables ».
Malgré la critique de certaines actions israéliennes, les États-Unis ont mis un veto à une résolution de Conseil de Sécurité des Nations Unies Soviétique-proposée pour imposer un embargo sur les armes à Israël.
En novembre 1983, les deux pays ont formé un Groupe Militaire Politique Commun, qui respecte deux fois par an, mettre en œuvre la plupart des dispositions (fournitures) de cet accord.
Des exercices militaires communs aériens et de mer ont commencé en juin 1984 et les États-Unis ont construit deux Réserve de Guerre Approvisionnent des installations en Israël pour stocker l’équipement militaire.
Bien que destiné aux forces américaines dans le Moyen-Orient, l’équipement peut être transféré à l’utilisation israélienne si nécessaire.
Pendant le second mandat de Reagan les liens américano-israéliens sont renforcés. Israël « l’allié non-de-l’OTAN majeur », en 1989, reçoit le statut donnant a accès aux systèmes d’armes étendus et des occasions d’offrir sur des contrats de défense américains.
Les États-Unis ont maintenu(entretenu) des subventions en Israël à 3 milliards de $ annuellement et ont mis en œuvre un accord de libre-échange en 1985.
En 1985 Israël et les États-Unis négocient un accord de libre-échange. L’accord est opposé par de nombreuses multinationales américaines. Plusieurs groupes d’affaires américains ainsi que des multinationales comme Monsanto affrontent l’ambassade d’Israël et le lobby américano-israélien AIPAC qui réussissent faire voter l’accord.
Des manifestants israéliens portent des pancartes demandant la libération de Jonathan Pollard à Jérusalem en 2005. (KEVIN FRAYER/AP/SIPA)
En 1985, le FBI interroge un analyste militaire américain, Jonathan Pollard qui se trouve être un espion israélien. Quelques jours plus tard, il tente de fuir avec son épouse, pénètre de force dans l’ambassade israélienne de Washington en réclamant l’asile politique, qui leur sera refusé, les gardes de l’ambassade le refoulant. Ils sont subséquemment appréhendés par le FBI.
Inculpé pour « transfert d’informations classifiées à un pays allié, sans intention de nuire aux États-Unis », il plaide coupable à l’accusation d’espionnage le 4 juin 1986, et se défend en affirmant qu’il voulait simplement contribuer à protéger Israël.
Le secrétaire de la Défense Caspar Weinberger écrit un mémo confidentiel au juge ou il affirme que c’est « une des plus graves affaires d’espionnage de toute l’histoire des États-Unis ». Jonathan Pollard est condamné à la prison à vie le 4 mars 1987.
Le fait que Pollard ait pu fournir des documents secrets auxquels son niveau d’officier ne pouvait lui permettre d’accéder laisse penser qu’une taupe d’un niveau hiérarchique bien supérieur ait pu l’aider. L’affaire Jonathan Pollard commence.
Jonathan Pollard est considéré par beaucoup en Israël, et aussi par la communauté juive américaine, comme un héros national.
Les partisans de sa libération font valoir que sa condamnation était d’une sévérité disproportionnée. Ils estiment également, en reprenant les explications de Jonathan Pollard, que l’espion agissait par fidélité à Israël et non pas pour nuire aux Etats-Unis.
Selon eux, les documents qu’il a remis à Israël portaient sur les pays arabes et l’Union soviétique et non pas sur les « méthodes » des agences de renseignement américaines.
Les Israéliens ont réclamé inlassablement la libération de Jonathan Pollard depuis son emprisonnement en 1985. L’espion avait déjà failli servir de monnaie d’échange à plusieurs reprises.
Dès février 1988, un an après sa condamnation à la prison à perpétuité le 4 mars 1987, la presse américaine évoquait déjà un projet d’échange impliquant Washington, Israël et Moscou.
En octobre 1998, Benjamin Netanyahou, qui effectuait alors son premier mandat de Premier ministre, avait pris le risque de faire capoter la signature des accords israélo-palestiniens de Wye Plantation.
Il avait exigé au dernier moment la libération de l’espion mais le chef de la CIA Georges Tenet avait en réponse menacé de démissionner. Le président américain Bill Clinton avait alors promis de revoir le dossier.
À l’automne 2010, le sujet était revenu sur la table, rapporte « Le Monde ».
« En échange de la poursuite du gel israélien de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, Washington aurait pu envisager la libération de Pollard, en plus de la livraison d’une vingtaine de chasseurs furtifs F35 », explique le quotidien du soir. ( A suivre)
Adaptation par J G
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