Le discours sécuritaire n’est pas générateur d’apartheid ©

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Le discours sécuritaire n’est pas générateur d’apartheid  

La Conférence d’Herzliya du 14 au 16 juin 2016, a permis a de nombreux responsables politiques ou économiques, israéliens et étrangers, de s’exprimer sur les problématiques et les mutations du monde contemporain. Sur le terrain géopolitique international, ont été notamment abordés, le problème du terrorisme et de la radicalisation dans le monde ainsi que les réponses qu’il convient d’apporter (la fin de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie a fait l’objet d’un débat particulier), mais aussi les réseaux sociaux comme catalyseurs des révolutions, ou encore le rôle de l’Europe sur la scène mondiale et dans le Moyen-Orient, voire enfin la nature particulière des conflits au Proche Orient. Sur le plan intérieur israélien, les perspectives de négociations avec les Etats arabes et les Palestiniens ont été évoquées, tout comme le type de coalition à mettre en œuvre contre les puissances hégémoniques comme l’Iran. Au niveau économique, les débats ont porté sur les enjeux de la haute technologie, la concurrence du système bancaire, les perspectives liées à l’exploitation des réserves de gaz, ou encore la lutte contre le boycott. Enfin, les mutations de la société israélienne n’ont pas été oubliées avec la naissance d’un nouvel ordre israélien, l’influence du machisme sur la situation des femmes, ou, enfin, l’influence du discours sécuritaire sur le discours civil.

La question du discours sécuritaire s’est ainsi posée notamment au regard des conséquences sur la société israélienne dans ses relations avec les palestiniens. Les anciens Ministres des Affaires Etrangères que sont Moshe Yaalon et Ehud Barak ont eu des mots très durs à l’endroit du gouvernement israélien lui reprochant de mettre en place une politique digne de celle de l’Afrique du Sud au moment de l’Apartheid, adoptant ainsi les thèses répétées en boucle par les ennemis d’Israël, pour en faire la base d’une argumentation politique.    

Pour, le Ministre de la défense démissionnaire, Moshe Yaalon, aucun danger existentiel ne justifie le discours sécuritaire et la pression extrême exercée sur les citoyens israéliens : « Israël ne fait pas face à une menace existentielle. Il ne faut (donc) pas terroriser les citoyens en laissant entendre que nous sommes menacés par une nouvelle Shoah ». Pour Yaalon, le gouvernement actuel attiserait les passions, la peur entre Juifs et Arabes, entre la droite et la gauche, et entre les différents groupes ethniques pour rester au pouvoir. Les craintes entretenues par le gouvernement permettraient en fait « de faire oublier la corruption, le fossé social, le coût de la vie élevé et les autres défis auxquels le pays fait face ». Il a alors annoncé sa décision de se présenter aux prochaines élections pour corriger ce dévoiement du message politique. En réalité, loin d’éloigner les Israéliens de la réalité contemporaine, le discours sécuritaire, en Israël, n’est qu’une mise en garde de la population sur l’obsession palestinienne de s’en prendre aux Juifs pour détruire Israël.  

Il suffit pour s’en convaincre de reprendre le discours récurrent des Palestiniens, dans les médias, les discours politiques, les messages idéologiques : les Palestiniens se considèrent comme les membres d’un « Etat occupé » (sic) qui doivent résister à l’occupant pour s’en libérer (sic). Lorsque des Palestiniens sont tués lors des attentats qu’ils commettent, la population les loue comme des martyrs, véritables héros de la société palestinienne (sic). Lorsqu’ils brandissent des couteaux ou qu’ils actionnent leurs ceintures explosives, c’est pour libérer la Palestine et Jérusalem de l’occupation sioniste (sic). Il est donc indispensable de rappeler à chaque instant au peuple juif, cette nature particulière de la pensée et de la philosophie palestinienne : les Palestiniens sont moins intéressés par la création d’un Etat palestinien que par la disparition d’Israël.

Pour mémoire, le Hamas n’entend pas perdre le contrôle de la bande de Gaza afin d’imposer son objectif historique fixé dans sa Charte de 1987, à savoir l’éradication de l’entité sioniste. Or, le Hamas fait de plus en plus d’émule au sein de la société palestinienne, y compris en Cisjordanie, dans les territoires de la zone A et B, dirigées par le Fatah. Le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ne peut donc prendre le risque d’organiser des élections, au risque de voir le Hamas prendre le contrôle de la Cisjordanie. De son côté, le Hamas n’organise pas d’élections dans la bande de Gaza dans la mesure où le processus démocratique et l’avis populaire importent moins que la disparition de l’entité sioniste. La population juive d’Israël ne être isolée de cette réalité : le discours sécuritaire est un élément de survie pour le peuple juif en Israël, non destiné à susciter des craintes artificielles pour masquer les dysfonctionnements de la société israélienne.

De même, l’ancien Ministre de la défense Ehoud Barak a eu des propos très durs à l’endroit du gouvernement à qui il reproche de poursuivre un plan secret pour empêcher la création de deux Etats. Sa vision est apocalyptique : l’Etat d’Israël sera un Etat d’apartheid qui devra faire face à une « résistance intérieure » de la population qu’il contrôle et qui s’effondrera après avoir été ostracisé par le monde. Le cas échéant, il deviendra un Etat binational au sein duquel une guerre civile opposera les populations juives et palestiniennes. En attendant, Ehoud Barak avance que les projets de loi d’Israël contiennent des germes du fascisme (même s’il ne s’agit pas du fascisme des années 30 ou 40) et que le plan secret d’Israël consiste dans :

– le contrôle des territoires conquis en 1967.
– l’opposition à la création d’un État palestinien à sa frontière.
– le souhait de voir le monde s’adapter à cette réalité avec les attaques terroristes en Europe pour détourner l’attention.
– une autonomie pour les Palestiniens sans droit à un État.
– la construction d’implantations pour créer une situation irréversible sur le terrain.

Il ne s’agit pas d’un plan secret mais bien de la configuration politique prochaine, conséquence du refus pour les palestiniens de créer un Etat palestinien. D’ailleurs, les palestiniens n’ont d’autre choix que d’empêcher la création d’un Etat palestinien. Le cas échéant, c’est eux qui disparaîtrait : le concept même de « palestinien », (institué par la Charte de l’Olp de 1967), est associé à la destruction d’Israël. Aussi, accepter la création d’un Etat palestinien reviendrait à reconnaître, ipso facto l’existence de l’Etat d’Israël, ce qu’ils ne peuvent accepter dans la mesure où l’essence du palestinien, c’est le rejet de l’entité sioniste.

Les propos de Ehoud Barak sont à rapprocher de ceux du général Yair Golan, le chef d’état major adjoint qui avait déclaré, avant les commémorations du jour de la Shoah : « Une chose m’effraie. C’est de relever les processus nauséabonds qui se sont déroulés en Europe en général et plus particulièrement en Allemagne, il y a 70, 80 et 90 ans. Voir des signes de cela parmi nous en cette année 2016. La Shoah doit inciter à une réflexion fondamentale sur la façon dont on traite ici et maintenant l’étranger, l’orphelin et la veuve. […] Il n’y a rien de plus simple que de haïr l’étranger, rien de plus simple que de susciter les peurs et d’intimider…”».

Bien évidemment, le discours sécuritaire contemporain n’a rien à voir avec une droitisation de la politique en Israël mais juste avec une prise de conscience : les palestiniens ne sont pas un peuple qui entend coexister avec Israël, mais juste l’antithèse de son projet.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach 

4 COMMENTS

  1. Ehud Barak ferait bien de la fermer , il fait partie des généraux nullards qui voient leur passé militaire comme un prélude à une carrière politique qui en fera un chef de gouvernement . Cette posture mentale n’est remarquée qu’en Israël et cela doit cesser car ce parcourt n’est pas appliquée dans aucun pays de la part de hauts gradés militaires , le seul exemple qui s’est réalisé en France est celui du général De Gaulle .
    Ephraïm – Jérusalem .

  2. L’erreur vient des calamiteux accords d’Oslo, qui ont légitimé le terme de Palestiniens pour parler des arabes et surtout légitimité les groupes terroristes de l’olp, en les désignant sous le nom d’autorité palestinienne. Maintenant, à moins d’une dénonciation de ces accords, c’est trop tard !!! Oslo c’était en 1993, ce qui vient avant, pour les moins de 40 ans, c’est de l’histoire et plus de la politique. Je crains fort que l’avenir ne soit sombre pour nous !

  3. Mais pourquoi les gouvernements successifs israëliens en parlant de la Judée Samarie disent la palestine. La palestine c’est le nom qu’Israël avait avant 1948. pourquoi Israël n’a jamais rectifié ce mensonge que les arabes ont mis en place dans les années 60. Les gouvernements israëliens sont entrés de le jeu des arabes. POURQUOI ?

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