
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit voter jeudi sur un projet de résolution proposé par l’Egypte et réclamant qu’Israël cesse ses activités de construction en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, ont affirmé mercredi des diplomates.
Une résolution similaire s’était heurtée au veto des Etats-Unis en 2011 et la probabilité que la proposition égyptienne aboutisse est incertaine.
Le vote à New York est prévu à 15h00 (20h00 GMT) jeudi.
Les Nations unies considèrent la présence juive en Cisjordanie comme illégale au regard du droit international et ont appelé à plusieurs reprises Israël à y mettre fin.
Le projet de résolution exhorte l’Etat hébreu à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est ».
Selon le projet de résolution égyptien, les implantations « mettent gravement en péril la viabilité de la solution à deux Etats », qui ferait coexister Israël avec un Etat palestinien.
Mettre fin aux implantations est « essentiel pour sauver la solution à deux Etats », affirme le projet de résolution, qui appelle à prendre des mesures « immédiatement pour renverser la tendance négative sur le terrain ».
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a appelé les Etats-Unis à bloquer le projet de résolution en utilisant le droit de veto dont ils disposent en tant que membre permanent du Conseil de sécurité.
« Les Etats-Unis doivent opposer leur veto à la résolution anti-israélienne au Conseil de sécurité de l’ONU jeudi », a écrit M. Netanyahu sur Twitter.
L’ambassadeur d’Israël aux Nations unies, Danny Danon, a qualifié le projet de résolution de « sommet de l’hypocrisie » et a estimé que son adoption « ne ferait que récompenser la politique palestinienne d’incitation (à la haine, ndlr) et de terrorisme ».
« Nous nous attendons à ce que notre plus grand allié ne permette pas que cette résolution partiale et anti-israélienne soit adoptée par le Conseil de sécurité », a déclaré le diplomate dans un communiqué.
Dans la foulée de l’élection de Donald Trump en novembre aux Etats-Unis, Israël a relancé un projet de construction de 500 logements à Jérusalem-Est.
Des diplomates aux Nations unies spéculent depuis plusieurs semaines sur un possible changement d’orientation de l’administration du président sortant Barack Obama.
Ils se demandent notamment si, à quelque jours du départ de M. Obama de la Maison Blanche, les Etats-Unis pourraient ne pas mettre leur veto à un tel projet de résolution.
Un texte « équilibré » pour Paris
La France, qui est également membre permanent du Conseil de sécurité, pourrait également soutenir la résolution égyptienne.
La nouvelle ambassadrice de France en Israël, Hélène Le Gal, a déclaré jeudi que le texte était « équilibré » et qu’il correspondait à la position française.
« Le texte est équilibré: les colonies sont considérées comme un obstacle à la paix, tout comme la violence (…) Les colonies sont encouragées par le gouvernement (…) Il y a beaucoup de signaux qui indiquent qu’Israël agit activement à l’encontre de la solution des deux États. C’est la raison de cette résolution », a déclaré Le Gal.
La France a lancé une initiative visant à relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens, avec l’annonce d’un sommet international qui doit se tenir à Paris, bien qu’Israël a déjà annoncé qu’il n’y participera pas, prônant des négociations directes avec les Palestiniens.
Le Gal a déclaré que malgré le déclin d’Israël, le gouvernement français continuerait à travailler à la convocation du sommet.
L’ambassadeur de France aux Nations Unies a annoncé la semaine dernière que la conférence, prévue pour la fin de l’année, a été reportée à janvier parce que les conditions pour des négociations entre Israël et les Palestiniens n’étaient pas réunies.
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