Mais pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups?

Les véritables victimes de l’attentat à la bombe de Gaza

 

smoke rising from the area where the convoy was attacked

Le 13 mars 2018, le convoi du Premier Ministre Rami Hamdallah est entré dans la Bande de Gaza en route pour l’inauguration d’un site d’épuration d’eaux usées. Sur cette route, un engin explosif s’est déclenché à proximité du convoi. Dans cette procession de véhicules se tenait également le chef principal des services de sécurité et de renseignements, Majid Faraj, que certains considèrent comme le probable successeur de Mahmoud Abbas (à commencer par celui-ci). Faraj a également été blessé, bien que ses blessures restent probablement très mineures.

L’Autorité Palestinienne a immédiatement accusé le Hamas de cette attaque. Pourquoi?

Parce que la lutte intestine entre le Fatah et le Hamas implique aussi des considérations économiques. Le premier Ministre Hamdallah représente les intérêts économiques de Ramallah. Le Hamas veut garder ces intérêts à bonne distance de Gaza de façon à conserver son monopole économique sur Gaza.

Rien de bénin dans le souffle de la bombe, même trop imprécise : cela aurait pu être pire… 

Concernant Majid Faraj, il est évident de comprendre pourquoi il a été visé. Faraj vient juste de rentrer d’une visite médicale prolongée aux Etats-Unis, mais son voyage avait clairement des implications politiques. Le Hamas s’inquiète que Faraj puisse prévoir avec les Américains de les chasser de Gaza.

Concernant les luttes internes pour la succession, cela pourrait marcher dans les deux sens : ils veulent assassiner Majid Faraj, mais il a miraculeusement survécu. La question qui en découle consiste à savoir si, en réalité, cela n’a pas fait progresser sa candidature. Est-ce que cela va lui améliorer un avantage de départ, ou est-ce que cela aura l’effet opposé?

Il comprendra qu’à ce point, autant le Fatah que le Hamas sont opposés à sa candidature à devenir l’héritier de Mahmoud Abbas, et que la lutte politique s’est transformée en procédés violents. Il est très possible que la prochaine attaque contre lui puisse survenir à Ramallah, plutôt qu’à Gaza (où il devrait ne plus remettre les pieds avant longtemps).

En ce qui concerne le processus interne de « réconciliation » palestinienne, il n’a, en l’occurrence jamais existé et n’aura jamais lieu : ce n’est qu’une fake-news pour chancelleries… Du début jusqu’à la fin!

 Adaptation : Marc Brzustowski

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