Comprendre la violence gratuite au regard du sentiment d’impunité.

Cet article interroge le juriste, le politique et la société civile sur les causes de la vague d’actes criminels “gratuits” ou désintéressés, qui se multiplient depuis 10 ans (violences raciales, violences faites aux femmes, violences interethniques…).On peut y trouver des causes médico-psychiatriques, ou des causes sociales. Je réfute ces causes, et j’y vois essentiellement une perte de connaissances élémentaires, un affaiblissement catastrophique de la capacité de réflexion des nouveaux criminels. Et partant une déficience des acquis scolaires minimaux, ainsi qu’un aveu de responsabilité des mouvements sociologiques “permissifs”.

Une nouvelle notion cognitive est élaborée : la notion d’a-conscience, qui décrit l’état de l’individu responsable psychiquement et pénalement mais qui ne dispose pas des acquis sociaux suffisants pour anticiper les conséquences de son acte.

L’idée phare soutenue par l’article est que la violence gratuite trouve sa cause dans le sentiment d’impunité que ressent le délinquant potentiel. Sentiment d’impunité renforcé par de nombreux indicateurs sociétaux.

L’article conclut sur des pistes de réflexion pour endiguer ce fléau.

———————-

Comprendre la violence gratuite au regard du sentiment d’impunité.

La violence gratuite est un phénomène nouveau auquel se trouve confrontée la société moderne. C’est un phénomène mondial, qui frappe indistinctement tous les pays du Monde, et qui mérite d’être analysé, sur le plan sociologique comme sur le plan juridique.

Pour une plus grande pertinence, il importe d’écarter de l’analyse la violence gratuite « collective » ou grégaire, liée aux mouvements de foule, (incendie de véhicules, pillage en queue de manifestation, lynchage…), pour se concentrer uniquement sur la violence gratuite commise par un seul individu.

En France, deux faits-divers criminels ont marqué les mois de mars et avril 2012, en pleine période électorale : Les meurtres raciaux perpétrés par Mohammed Mérah à Montauban et Toulouse, et ceux perpétrés en région parisienne. Ils raisonnent en échos à une liste inquiétante d’autres actes de violence gratuite, tels la torture mortelle de Ilan Halimi en février 2006 parce que juif «1», ou l’immolation vivante de la jeune Sohane pour un regard de trop «2» …

Ces meurtres – ces crimes – ont été précédés d’une campagne d’actes de violence irraisonnée, dont l’immolation criminelle de Sherazade par deux jeunes pakistanais le 13 novembre 2005 dans le quartier du Champy, à Noisy le Grand (93), et dans un temps concomitant, l’agression au vitriol d’une femme à Ricamarie (Loire) dans un bus, ou l’agression violente de femmes au volant de leurs véhicules au « Pavé Neuf ».

Ces meurtres – ces crimes – interrogent tant par leur violence que par leur « gratuité », si tant est qu’un meurtre puisse être « gratuit ». Gratuité car à bien y réfléchir, ces deux criminels n’ont pas revendiqué leur geste, et n’ont tiré aucun profit matériel de ces actes. Hormis la satisfaction érotomaniaque du geste criminel, qui fût très probablement immortalisé en vidéo par leurs auteurs. Sorte d’esthétique propre à certains serial-killers.

Si la réprobation de la société est unanime face à de tels actes, les causes de ce comportement restent douteuses. Et à bien considérer, faut-il vraiment y chercher une cause ? Aucune « cause » ne justifierait d’aller tuer des innocents, simplement parce qu’ils sont militaires, ou de type africain, ou encore juifs…. Aucun motif ne justifie de brûler vive une jeune fille. Comme l’explique le scorpion à la grenouille lui faisant traverser une rivière, alors qu’il vient de la piquer à mi-chemin de la traversée, ce n’est certainement pas parce qu’il y trouve un intérêt, mais … plutôt car ce comportement correspond à sa nature.

Autant le préciser tout de suite, je ne suis pas déterministe. Loin de moi de penser que la nature d’un sérial-killer soit de tuer. Certains parviennent à se dominer. Et la nature de l’Homme n’est pas d’obéir aveuglement et bestialement à ses pulsions primaires. La nature de l’Homme est précisément de dépasser ses pulsions, et de les transcender en un objectif supposément vertueux. Pour reprendre Montaigne, « tout bon, il a fait tout bon » «3» .

I – Motivation de l’acte de violence gratuite :

Aussi quel peut être le moteur d’un acte de violence « gratuite », si ce n’est la vision du geste ? Le plaisir d’assouvir sa pulsion sadique ? Je laisse les psychiatres répondre à cette question. Le crime sans cause trouve nécessairement une cause psychiatrique. Il est certainement l’expression d’un désordre mental. Du moins, cela rassure la société de s’en persuader. Et en cela, tout crime porte en soi un germe du péché « originel ». Tout crime serait – par essence – un crime porté contre l’Humanité, en ce qu’elle a de plus sacré : Le fondement de l’être humain, sa capacité de résister à la pulsion mortifère.

J’entrevois pour ma part un autre moteur, que je souhaite explorer. Et ce moteur de l’acte criminel irraisonné m’effraie encore plus que le moteur de la folie. C’est celui de l’impunité.

Le sentiment d’impunité comme moteur criminel : incitation à « Tuer le Mandarin ».

L’idée n’est pas neuve. Elle est attribuée – en France – à Jean-Jacques Rousseau «4» , qui veut croire à l’idée d’une conscience universelle. Conscience universelle qui n’est orientée qu’en raison de la certitude de l’absence d’impunité que ressent l’individu face au projet de son acte.

S’il peut tuer, par la pensée ou d’un seul geste, un Mandarin à des milliers de kilomètres de là, en ayant la certitude de n’être jamais soupçonné, l’Homme honnête cèdera t’il à l’invitation de Rousseau ? Quel bénéfice en retirerait-il ? C’est l’invitation à transgresser qui crée la pulsion criminelle, et qui entraîne chez l’individu testé le besoin de confronter sa pulsion au niveau d’impunité dont il jouirait s’il y donnait libre cours.

Au sens psychanalytique, Freud a usé de cette métaphore pour explorer les mystères de la motivation du comportement humain «5».

Au même moment, le philosophe Alain (Emile-Auguste Chartier) faisait ce constat cruel sur la société dans laquelle il évoluait (Alain a été gravement blessé au pied sous les drapeaux, se faisant broyer le pied par les rayons d’une roue de chariot), que

« Chacun, à toute minute, tue le mandarin ; et la société est une merveilleuse machine qui permet aux bonnes gens d’être cruels sans le savoir.«6» ».

Celui pour qui « penser c’est vouloir » vivait déjà son temps comme un temps de cruauté cynique totalement gratuite. Et si la société de l’époque tuait à l’unisson le Mandarin sans le savoir, dans le charnier de la « Grande Guerre » c’est que le sentiment d’impunité devait être terriblement répandu.

Avant lui, Châteaubriand «7» et Balzac «8» avaient travaillé ce thème, sous l’angle du profit possible. Mais leurs assassins, aussi puissant et garanti de l’impunité qu’ils puissent être, auraient trouvé dans leurs gestes une motivation rationnelle. Il s’agissait de profiter du crime. Tout en supportant les conséquences que l’acte impuni engendrerait sur la conscience du scélérat.

Je suis plus proche de cette vision. Et la criminologie moderne l’est également, qui considère que ce n’est pas tant la rigueur de la peine qui limite le criminel, que la certitude de la sanction ; donc l’absence de sentiment d’impunité.

Il est intéressant de noter que le sentiment d’impunité est en revanche bien pris en considération par le législateur dans ses réformes du code de la route, et que c’est l’une des raisons qui a conduit les différents Présidents de la République à ne plus recourir à une amnistie universelle des délits routiers, ayant constaté une multiplication des comportements routiers délictueux dans l’année qui précède des élections présidentielles.

Toutefois, aussi étrange que cela puisse paraître, la motivation des décisions criminelles par le sentiment d’impunité que pouvait avoir le criminel n’apparaît que très rarement dans la jurisprudence française. A ma connaissance, seules 4 décisions de la Chambre Criminelle de la Cour de Cassation reprennent littéralement cette motivation. Ces décisions, qui emportent le rejet des recours contre les décisions des cours d’appel, visent des décisions où les Cours d’Appel ont retenu et qualifié le comportement du délinquant et l’ont considéré comme renforcé dans son action par un sentiment d’impunité, sentiment venant accroitre leur responsabilité.

Le plus ancien arrêt retenant le sentiment d’impunité, et probablement le plus explicite, est rendu par la Cour de Cassation en 1996, sur pourvoi d’un arrêt de la Cour d’Appel d’Aix en Provence 13ème chambre du 14 juin 1995, en matière de non-représentation d’enfant. Dans cet arrêt la Cour de Cassation reprends expressément le raisonnement selon lequel le sentiment d’impunité (suscité par la grâce présidentielle) aurait renforcé la détermination de la mère prévenue de n’avoir pas représenté son enfant à son ex-époux divorcé.«9»

Jugé (Crim, 25 septembre 1996, 95-84182) que sa détermination apparaît même, paradoxalement, avoir été renforcée non seulement par les décisions ultérieures du juge des enfants, mais aussi par le sentiment d’impunité que la grâce présidentielle du 13 décembre 1993 a pu susciter de sa part, en conséquence, il y a lieu à confirmation du jugement déféré;

En 1999, dans le cadre d’une falsification de document administratif commise par un professionnel (en l’espèce, l’identification d’un animal pour donner une régularité apparente à une transaction commerciale sur un animal dépourvu de toute origine connue), la Cour d’Appel de Toulouse retenait le 19 février 1998 l’intention frauduleuse et réfutant la bonne foi plaidée par le défendeur au vu du caractère grossier de la falsification, qui «témoigne seulement du sentiment d’impunité qui était celui du prévenu » ; La Cour de Cassation rejette le pourvoi, considérant que la Cour d’Appel a parfaitement caractérisé les éléments constitutifs du délit, tant matériels qu’intentionnel. Reconnaissance implicite de ce que le sentiment d’impunité peut être une part de l’élément intentionnel. «10»

En 2001, la Chambre Criminelle rejetait le pourvoi formé contre un arrêt de la Cour d’Appel de Bastia qui constatait le délit de favoritisme commis par un élu municipal. La Cour d’Appel de Bastia avait prononcé une peine d’inéligibilité de 2 ans à titre de peine principale, retenant comme cause déclenchant l’acte délictuel « le sentiment d’impunité (qui) avait pu naître d’une certaine carence de l’Etat ». En rejetant le pourvoi, la Cour de Cassation valide, implicitement mais nécessairement, ce critère moral parmi les motifs entraînant reconnaissance de culpabilité.«11»

Enfin, accordant cassation sur un moyen secondaire, la Cour de Cassation s’est prononcée le 16 février 2011, sur un pourvoi formé contre un arrêt rendu en matière d’abus sexuel sur un mineur, dans lequel la Cour d’Appel avait statué en ce sens :

« que, depuis l’année 2000, le prévenu connaissait les accusations portées sur lui par Angélique et ne pouvait en ignorer les conséquences judiciaires ; qu’il est donc surprenant qu’il ne se soit pas prévenu des conséquences de ces accusations en demandant à ce que la jeune Angélique lui soit retirée ; que, dès lors, animé d’un sentiment d’impunité et d’une autorité certaine au sein de sa famille, l’on comprend mieux que M. X… ait campé sur ses positions qui ont consisté à tenir des propos outranciers sur Angélique en rien corroborés par ses éducateurs et les autres personnes qui l’ont côtoyée ; »

La Cour de Cassation a considéré

« que les énonciations de l’arrêt attaqué (selon lesquels le délinquant a commis ses actes fort d’un sentiment d’impunité –ndla-) mettent la Cour de cassation en mesure de s’assurer que la cour d’appel, a, sans insuffisance ni contradiction caractérisé en tous leurs éléments tant intentionnel que matériels, les infractions dont elle a déclaré le prévenu coupable «12» ;

A titre de comparaison, il est intéressant de constater que le droit de la responsabilité civile est plus prompt à prendre en considération le comportement du responsable. Ainsi d’une situation où une association de chasse a été reconnue responsable pour faute, par défaut d’organisation, d’un coup de feu malheureux qui a blessé une pouliche présente sur le territoire de chasse, après avoir pris en compte le fait que plusieurs incidents identiques étaient intervenus au préalable, sans que l’ACCA n’ait procédé au moindre contrôle de ses chasseurs «13» : Cassation, Civ II, 5 mars 1997 – 94-22212.
Jugé :

« l’arrêt retient que … de nombreux incidents étaient précédemment survenus, ayant entraîné la blessure d’un bovin et l’intervention des gendarmes, alors que les gardes de l’ACCA n’avaient jamais, quant à eux, dressé de procès-verbal à un membre de l’association dont le président avait écrit à M. X… pour lui conseiller de mettre à l’abri ses chevaux les jours de chasse, les dirigeants de l’association, incapables d’exercer leur rôle de contrôle et de surveillance, préférant ainsi mettre en garde les habitants du secteur plutôt que de sanctionner les manquements aux règles de la chasse ; que le président de l’ACCA qui n’a pas fait respecter le règlement intérieur de cette association et qui a laissé se développer un sentiment d’impunité pour les chasseurs favorisant le non-respect des règles de chasse ;

Théorie de l’A-Conscience :

La conscience agit comme frein naturel – l’absence de conscience comme fil conducteur. Depuis le meurtre d’Abel par Caïn, et le poids de cet acte sur son auteur, la conscience et le remords sont indissociablement associés en tant que freins naturels à tout acte de transgression majeure.

Victor Hugo le représente bien «14». Cet œil d’Abel, frère jumeau de Caïn, représente la prise de conscience par Caïn de son acte. Et le poids de sa culpabilité, qu’il va fuir jusque dans sa propre tombe.

Au même titre que le sang sur les mains de Lady Macbeth «15» …

Encore faut-il qu’il y ait une conscience dans l’individu. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » affirmait Rabelais «16» . Cette réflexion peut être transposée au crime. Rien n’est pire que le crime commis sans intérêt, sans « conscience » au sens du remords possible.

Il m’est arrivé de défendre des jeunes délinquants, arrêtés pour vol de sac à l’arrachée… tout cela pour récolter un butin maximal de quelques euros. Car si le contenant et son contenu a de la valeur pour son propriétaire, il n’a de valeur de revente que ce qui est immédiatement monnayable : le contenu du porte-monnaie, qui – carte bleu oblige – est de plus en plus faible. Ainsi, me suis-je entendu défendre des adolescents qui avaient retiré 3 €uros en moyenne de chacune de leurs rapines !«17» 3 euros, pour s’acheter un jean de marque à 120 €. Calcul vertigineux du nombre de victimes nécessaires pour parvenir à leurs fins. A ce niveau d’absence de réflexion, il est possible de considérer ces actes délictueux comme dénués de toute réflexion, de toute conscience morale, voire même de toute intelligence. Car évidemment il n’y avait aucun remords. Pas même celui d’avoir été arrêté. Juste un sentiment inquiétant de considérer leur acte comme naturel. Alors que s’ils avaient travaillé ne serait-ce qu’une heure par jour ils eussent gagnés 3 fois plus, sans prise de risque ! Et auraient atteint leur objectif (pantalon à 120 €) en 12 jours… Laurent Voulzy le chantait mieux que je ne l’écris «18» .

Auraient-ils eu un minimum de culture qu’ils auraient pu se revendiquer d’un quelconque mouvement anarchiste, et reprendre pour motif la définition emblématique donnée par Proudhon à la Propriété : « La propriété c’est le vol ».«19»

André Gide également s’interroge sur l’acte gratuit : Dans « Les Caves du Vatican », il met en scène Lafcadio, personnage épris de la « mystique de l’acte gratuit », et qui sera capable avec la même absence de conscience morale, de sauver la vie de deux jeunes enfants et, de tuer Amédée Fleurissoire sans mobile et de sang froid. Construction dramatique destinée à illustrer la folie de l’engagement intellectuel mystique extrême. Déjà, une dénonciation des dangers de l’extrémisme ! «20»

La nécessité d’une conscience du geste est également affirmée en ce qu’elle permet de prendre conscience de la gravité du crime. La conscience étant un thème très cher à Sartre, on repensera avec intérêt aux affres vécus par Goetz dans « Le Diable et le Bon Dieu », dans un univers où si le mal absolu n’a aucune règle, pas plus que le bien absolu il ne parvient à s’affranchir de la conscience.«21»

Dostoïewsky ne disait rien de plus dans Crime et Châtiment «22» . La question qu’il pose au monde étant de savoir si un meurtre peut être moralement tolérable s’il conduit à une amélioration de la condition humaine ? Si tel est le cas, alors l’auteur du meurtre n’est plus un criminel mais un « surhomme ». Et son geste ne porte plus à conséquence. Mais c’est sans compter sur la capacité de remords de l’être humain.

La violence sans conscience ?

Ce préambule était nécessaire pour poser le débat. Car la littérature nous avait habitués à des actes pensés, voulus, et raisonnés. Il n’y a guère que très peu de situations où la mort est donnée sans raison. Les seuls cas de figure où la société occidentale, issue de la civilisation gréco-romaine et judéo-chrétienne, peut concevoir une violence gratuite, se trouvent être des situations de destruction de la civilisation au sens commun. Situations où le monde connu tomberait aux mains des « barbares » (peuplades venant historiquement de l’Est de l’Europe, et ayant simplement un autre référentiel social que le notre). Situations que notre civilisation policée a rencontré à plusieurs reprises en la personne de chefs guerriers bien particuliers, tels Gengis Khan est ses cohortes mogoles, ou Alexandre le Grand… et bien plus tard avec le fascisme et le nazisme, sous la coupe d’Hitler, Mussolini, Franco…

La violence gratuite ne s’explique alors que par la réponse : « parce que je le peux ». Réponse cynique par excellence, par allusion à l’explication donnée par la Déesse Kâli aux hommes, lorsqu’après avoir promis de ne pas détruire le monde, elle en vint à le détruire malgré sa parole. L’explication de l’insondable étant irrationnel : « parce que je le peux » exclut toute autre raison que la simple capacité d’accomplir l’acte. Sans toutefois annihiler l’intention criminelle.

En comparaison de l’omnipotence irraisonnée et incontrôlée de la déesse Kâli, qui invite à vivre chaque jour comme le dernier, la négociation entre Abraham et D.ieu pour sauver les villes de Sodome et Gomorrhe est emblématique de notre conception de la violence destructrice et du motif qui l’autorise. Les villes de Sodome et Gomorrhe tiennent leur notoriété de leur comportement « antinaturel » ou « contre nature », à une époque et dans un lieu où aucune règle ne définissait encore la transgression, ce qui en dit long sur la dépravation de ces habitants. Dans le référentiel juridique de l’époque, les villes de Sodome et Gomorrhe étaient licites. Mais elles violaient le « droit naturel ». L’histoire sainte explique que de dessin de D.ieu était d’éradiquer ces villes et leurs habitants, au vu de leurs comportements. Expression de la toute puissance divine, et d’une explication raisonnée (est-elle acceptable en droit, c’est une autre question). Echo minoré du déluge et de la destruction du monde.

Face à ce dessein, exprimé à Abraham pour qu’il puisse s’éloigner de la ville et en fasse sortir son neveu Loth et sa femme Idith, Abraham aurait pu se soumettre à la toute puissance divine. Les mœurs locales n’y voyaient rien à redire. Un dieu donne, il reprend. Quel homme peut vouloir y faire obstacle ? Néanmoins Abraham va négocier la survie de la ville avec D.ieu, âme par âme. Jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il n’y avait pas 10 âmes à sauver dans ces villes.

Je vois en ce geste l’un des gestes fondateurs de notre civilisation, qui n’accepte pas la toute puissance, et exige, avant chaque expression du pouvoir, une explication, un jugement, un contrôle sociétal «23». Le contrôle des motifs, le contrôle de légalité avant la lettre !
En écho, le prophète Jonas allant prévenir Ninive de sa destruction prochaine, parviendra à provoquer la rédemption de la ville et l’abandon du projet divin de destruction de la ville. Ces deux symboles opposés – Sodome & Gomorrhe contre Ninive – viennent plaider la capacité de rédemption de l’individu, rédemption liée à la conscience de leurs actes – donc à la possibilité qu’ils ont de se repentir.«24»

Il fallut plus de 3500 ans pour construire notre civilisation, issue du meilleur de 5 modèles humanistes (civilisation Hébraïque, civilisation Grecque, civilisation Romaine, civilisation Chrétienne, civilisation des Lumières et de la Renaissance) contre d’autres modèles de civilisation où la violence gratuite était – sinon autorisée –du moins acceptable et acceptée au regard du statut et du pouvoir de l’auteur de l’acte.

Il ne fallut que 3 ans à l’Allemagne nazie pour anéantir ce long édifice de civilisation. Sans réelle explication si ce n’est une haine irrationnelle de certaines populations. Essentiellement le juif, mais aussi le tsigane, l’homosexuel… l’humain atypique, l’Etre libre.

Depuis que la civilisation occidentale s’est retrouvée confrontée à la possibilité de l’indicible violence gratuite, cette violence est descendue dans la société. Elle est passée de la potestas du « chef » à celle du « petit chef » du « Gang des Barbares ». Puis à celle de l’individu lui-même. Mohammed Mérah est de ceux-ci, qui ont mis en scène une logique, une esthétique de la violence gratuite. Etait-il violent à la naissance ? Etait-ce sa nature ? Certainement pas. 10 ans plus tôt, en mars 2002, ce n’était qu’un jeune collégien français, dans un établissement public normal. Avec des enseignants ordinaires.

Trop ordinaires ? Certainement puisque Mohammed Merah n’a pas su retenir leurs enseignements. Ni dans les classes de français, à l’occasion du bac français, ni dans l’année de philosophie.

Echec du modèle scolaire français?

Le cas Merah est-il l’échec d’un système éducatif devenu trop permissif ? Certains le pensent, qui rappellent que Mohamed Merah n’est pas un enfant de la violence, ni un enfant défavorisé. Il a bénéficié d’une formation normale. Tout le préambule présenté avec une apparence d’érudition ne doit pas faire illusion. Il ne s’agit que du standard d’instruction enseigné dans un cursus scolaire mené jusqu’au bac dans le cadre des écoles, collèges et lycées laïques de la République française. Un minimum d’histoire, d’instruction religieuse, une dose – pas toujours suffisante – de littérature française et un brin de philosophie. Ce dont tout jeune vivant en France peut et doit pouvoir bénéficier, sur le budget de l’Etat et des Collectivités Territoriales, aux bons soins de l’Enseignement National.

Bien sûr, le sujet m’interpelle, et j’y ai réfléchi avant d’écrire ces lignes. Mais le plus important, c’est que cette réflexion est nécessairement accessible à tous les lycéens. De même qu’elle devrait être le bien commun de l’Humanité. Mais hélas, ce savoir s’étiole, et la compréhension de ces idées ne traverse plus les générations. Or ce savoir est transmis par l’Enseignement National. Il est donc normal de s’interroger sur la responsabilité des professeurs des collèges et lycées dans cette ankylose de la conscience collective.

Il y a 10 ans, Mohamed Merrah avait 14 ans. Il était scolarisé en France. Elève sage et sans problèmes particuliers. Je réfute le fait que faire partie d’une minorité visible « majoritaire » puisse être considéré comme un problème ou un handicap, du moins dans la vie scolaire.

Il y a 10 ans, était publié un ouvrage collectif qui a été très mal reçu par toute la classe politique, ainsi que par la majorité des institutionnels, pétris de bons sentiments. Les territoires perdus de la république, antisémitisme, racisme et sexisme en milieu scolaire«25», essai réalisé avec la collaboration de nombreux professeurs d’enseignement secondaire, avait le courage de montrer une réalité dérangeante de l’état de déchéance morale des lieux d’enseignement publics dans certaines villes de France.

Cet ouvrage constitue un témoignage sans précédent de la réalité de la violence perpétrée en milieu scolaire. Sa force vient de la qualité des co-auteurs, tous professeurs de collèges et lycées de banlieues « difficiles », qui vivent au quotidien la confrontation de deux cultures et de deux modes de pensée opposés, dont l’antagonisme exacerbé par des extrémistes a pour effet d’annihiler toute capacité de transfert éducatif. Ce qui donne précisément des enfants sans repère. Des adultes sans conscience. Et statistiquement des criminels sans remords.

Il y a 10 ans, un amoureux éconduit mettait le feu à une jeune fille vivante.
Il y a 6 ans, deux amoureux éconduits faisaient de même. Et d’autres hommes agressaient au vitriol des jeunes femmes dans les transports en commun.
Il y a 6 ans, des jeunes du « Gang des Barbares » s’en prenaient à un jeune juif, parce que juif, obéissant aux thèmes récurrents que la propagande antisémite vomit à flots numériques : Tous les Juifs ont de l’argent. Pour avoir de l’argent, il suffit d’en capturer un. Tel le lutin qui, une fois capturé, remet à son geôlier son chaudron de pièces d’Or. Sur la seule foi d’une propagande haineuse et éculée, Ilan Halimi était mort avant d’être capturé.

Ces « Barbares » modernes avaient pourtant reçu une éducation normale, dans les collèges et lycées de la République. Comment ont-ils pu élaborer un raisonnement tellement erroné ? Comment n’ont-ils pas pu, pour les moins violents d’entre eux, comprendre qu’un tel comportement ne pouvait conduire qu’à la prison – pour eux – et à la mort pour leur proie ? Ces jeunes auraient-ils été victimes, collectivement, d’une défaillance cognitive majeure qui les empêcha d’anticiper la portée de leurs actes ? Faut-il rechercher le « phénomène de groupe » propre aux débordements spontanés ? Ce serait faire peu de cas du fait que ce comportement s’est déroulé sur 22 jours pendant lesquels les barbares tortionnaires sont tous rentrés chez eux, dans leurs familles. Ont coupé le lien grégaire qui les unissait. Se sont – pour certains – confrontés à leur conscience ou à ce qui a pu en tenir lieu.

Quel est donc le reliquat culturel de l’éducation minimale fournie gratuitement à tous les jeunes de France, financée par les deniers publics ?

On aurait pu espérer que cette formation – souvent auto-qualifiée de meilleure du monde – aurait permis de former les esprits à un raisonnement sans faille. Ou du moins à un raisonnement logique. Nous sommes bien dans la patrie de la « Raison », de « l’Esprit ». Dans la patrie de Descartes, des lumières, …
Faut-il considérer que ces « barbares » autoproclamés, ces criminels sans conscience (faut-il inventer le concept cognitif d’« a-conscience » ?) soient les déchets nécessaires de notre système éducatif ? Le taux d’échec minimum qu’un système évolué doit accepter ? Je ne peux m’y résoudre. Jamais l’échec scolaire n’avait jusqu’à présent abouti à un tel délitement de la conscience humaine et du bon sens ! La méthode cartésienne qui nous est enseignée dès l’école primaire et qui fait la force de notre mode de raisonnement face à la méthode anglo-saxonne, plus intuitive, ne crée pas que des génies. Elle forme aussi simplement des « honnêtes hommes », et même parfois hélas des illettrés, qui ne cèdent pas pour autant à leurs pulsions primaires, qui parviennent à ordonner suffisamment leurs pulsions et leurs esprits pour avoir un comportement sociétal normal, fussent-ils dénués de diplôme.

Si ce n’est pas l’échec qui crée le délinquant, qu’est-ce donc ? La société ? Plutôt le fait que notre société a renoncé à défendre ses valeurs. L’abandon de nos valeurs fondatrices permet aux valeurs négatives, valeurs haineuses et a-culturelles, de s’imposer chez des esprits faibles, des esprits vierges de toute conscience sociale.

C’est parce que la société en son ensemble, tous corps constitués confondus, a « laissé faire » les jeunes délinquants depuis plus de 20 ans ;
C’est parce que la société, tous corps constitués, a refusé de condamner les comportements violents qui apparaissaient dans les années 90 ;
C’est parce que la société, tous corps constitués, a considéré que le jeune délinquant de banlieue était nécessairement défavorisé et n’étais pas responsable de son état ;
Que nous sommes arrivés à cette cécité mentale collective constituée en mode de défense cognitif face à un phénomène de montée de la violence asociale en milieu scolaire. Processus bien connu de « dissonance cognitive », qui a fait que, pour éviter de se trouver en conflit ouvert avec un comportement qui n’était pas ouvertement dangereux initialement, la conscience collective a modifié ses repères et ses valeurs, pour en arriver à accepter le comportement irritant, même si cette acceptation reste à la marge, au seuil de tolérance.
Chaque fois que le seuil de tolérance a baissé, ce fut une défaite de la pensée cartésienne, et de notre civilisation, au profit de l’irrationnel et de la barbarie.
A tel point qu’on en arriva à la nécessité d’imposer la « tolérance Zéro », avec les tollés habituels des humanistes de gauche, comme s’il était aberrant d’interdire les comportements irrespectueux !

Au point que des jeunes adultes n’ayant aucun problème comportemental, psychiatrique ou social, se muent en criminels mystiques ou en barbares sans remords.

La théorie de l’esprit : Dr Simon Baron Cohen

Au sens médical et cognitif, plusieurs spécialistes de la conscience ont détaillé des situations pathologiques véritables, où l’individu est incapable d’interpréter les états mentaux des autres, incapable d’imaginer leurs intentions, leurs ressentis (donc leur souffrance) ou l’implicite qui se cache derrière un comportement social normal. Ainsi de l’autisme qui empêche le patient d’avoir tout contact oculaire, de mettre en place un tissus de connaissance sociale, qui le prive de compétences sociales et l’empêchent d’interpréter ce que pensent les autres.

Déficit éducationnel, absence de remords, absence de conscience de l’acte

La tentation est grande de qualifier les criminels dénués de conscience d’autrui d’une pathologie psychiatrique ou médicale. Cette requalification des criminels sociaux rassure la société. Si le monstre est pathologique, c’est que personne ne pouvait intervenir. C’est qu’il est anormal. C’est que la société n’est pas responsable. Elle ne l’a pas engendré.

Je réfute cette vision lénifiante, qui passe outre le libre arbitre du criminel, et en fait automatiquement un individu pathologique. La plupart de ces criminels sont dotés de compétences sociales normales. Voire évoluées. Le schizophrène ou l’autiste sont des victimes de leur propre comportement. S’il leur arrive de faire des victimes, il n’y a pas eu volonté ni discernement.

Dans le cas qui m’intéresse de violence gratuite, il n’y a pas de « conscience ». Néanmoins il y a volonté au sens juridique et médical. L’acte a été commis en pleine connaissance de cause, et rien n’a aboli le discernement de l’auteur animé par son désir de tuer.

Dans ces situations, l’enquête de personnalité prévue à l’article 81 al.6 du Code de Procédure Pénale «26» s’impose, pour déterminer la capacité du prévenu de comprendre la portée de ses actes. Pour les cas qu’il m’a été donné de rencontrer, nous avions toujours à faire à des individus dotés d’une intelligence normale, et d’un entendement pénal suffisant.

Rien, si ce n’est qu’il est possible de douter de l’existence et de l’étendue du discernement et de la conscience de certains délinquants qui accomplissent leurs actes sans y réfléchir. J’entends sans avoir réfléchi aux conséquences de leurs actes. Peut-être sans les avoir toutes voulues.

La victime va-t-elle souffrir ? Peut-elle mourir ? Y a-t-il des témoins ? Vais-je être arrêté ? Serais-je condamné ? Privé de liberté ? A toutes ces questions, posées à postériori lors des interrogatoires, point de réponse, si ce n’est un improbable « je n’y ai pas pensé », lorsqu’il ne s’agit pas purement et simplement d’une dénégation irraisonnée. Il apparaitrait difficile à chacun d’entre nous de contester un acte commis sous une caméra de surveillance. Et pourtant c’est le lot commun des délinquants déférés devant le juge d’instruction. Comme si la chanson « N’avoue jamais, jamais jamais »«27» passait en boucle dans les cellules. Peut-être faut-il aussi remettre en cause les méthodes d’instruction criminelle, tellement concentrées sur la culture de l’aveu, que le prévenu semble persuadé pouvoir sauver son innocence perdue en niant l’évidence !
Pour être honnête, cette dénégation initiale est également une caractéristique de l’Humain, qui spontanément ne parvient pas à reconnaître son erreur. Que celui qui n’a pas reconnu avoir dépassé une vitesse limite, que celui qui n’a pas pesté contre l’injustice du radar automatique… me jettent la première pierre ! Nous avons tous une phase de déni en nous, liée au fait qu’il faut faire son deuil de notre liberté. Ordre logique : déni, abattement puis acceptation.

L’état d’A-conscience (morale et sociale)

Le déni que commettent ces délinquants que je qualifie d’a-conscients par différence avec inconscience n’est pas un déni pathologique. Aucune défaillance corporelle ou mentale dans leur être. La défaillance est essentiellement discursive, intellectuelle et comportementale.

Défaillance discursive par manque du mot – par manque cruel de base de vocabulaire. Ces délinquants sous-doués, sous-formés, à l’apparence clinique proche de l’hypomanie «28» , présentent souvent une caractéristique récurrente : ils souffrent d’une carence en vocabulaire phénoménale. Or, le mot crée l’idée. Il la développe et permet de l’exprimer. Le linguiste Claude Hagège a régulièrement alerté son lectorat, professionnels de l’éducation, politiques… de ce que le vocabulaire des jeunes s’appauvrissait terriblement. Si un canidé possède 200 mots de vocabulaire passif, un enfant de 2 ans en possède 1200 en moyenne et un adulte normalement éduqué devrait en utiliser couramment plus de 70.000 ! «29» Mais le « jeune délinquant » issu de cette « banlieue défavorisée » atteint avec une grande difficulté les 700 mots de vocabulaire. Sans compter une syntaxe cacochyme, et une grammaire inexistante.«30»

Comment ne pas être frappé par cette perte de compétence linguistique, qui entraîne de-facto une décadence intellectuelle par défaut d’utilisation ? De la forme naît l’idée ! affirmait Flaubert. Mais l’idée née aussi de la diversité des mots auxquels on peut recourir pour l’exprimer. « Imposer sa langue c’est imposer sa pensée ». (Claude Hagège) «31»

Défaillance intellectuelle par manque de repères et d’expérience – Autre caractéristique frappante chez ces délinquants : une faiblesse dans les apprentissages essentiels. Bien sûr, savoir que les Sabines furent un jour enlevées par les Romains n’empêche pas d’être délinquant. Mais cela permet d’anticiper la volonté farouche des Sabins de récupérer leurs femmes (pour les tuer eux-mêmes si elles avaient été déshonorées). Et cela permet de relativiser les œillades que votre sœur fait à un garçon d’une citée voisine, ou d’une ethnie différente !

Cette défaillance intellectuelle qui empêche le jeune délinquant des banlieues de concevoir à l’avance à quel point son geste est déplacé, illégal, dangereux, risqué, va souvent de paire avec une difficulté de formalisation et de conception de plans évolués. La plupart des opérations préméditées ont été faites devant des caméras de surveillance. Et ce n’est qu’après avoir payé pour apprendre, en passant par la case prison, que le délinquant acquiert un minimum d’expérience qui lui permettra de survivre à son prochain larcin – à sa prochaine vilenie.

A tel point que le grand banditisme lyonnais fait régulièrement subir un mauvais quart d’heure aux jeunes délinquants sans scrupules ni cervelle. Pour leur apprendre la vie. Pour bien créer le distinguo entre l’aristocratie criminelle, et la « racaille » des prisons.

Défaillance comportementale – Là encore, le manque de capacité à se projeter vers l’autre, l’a-conscience, conduisant à des comportements proprement aberrants. Comme celui d’adopter un comportement suspect, lorsqu’on est délinquant – tel ces jeunes en possession de produits stupéfiants, qui se cachent sous une cagoule en pleine journée, les mains dans les poches du survêtement, à raser les murs et regarder derrière eux, ce qui les désigne immanquablement aux Brigades de Répression du Banditisme. Mais aussi à adopter des comportements délinquants aberrants, tels ces comportements d’ultra-violence inspirés de bandes dessinées d’Astérix, où l’on peut voire le petit héros gaulois sauter à pieds joints sur la tête d’un romain. Si le dessin d’Uderzo est comique, un personnage de bande-dessinée pouvant tout encaisser, la réalité est très différente. J’ai vu le résultat physique de tels piétinements, lors de lynchages ou d’attaques inter-bandes. Les os du crâne ne sont pas conçus pour cette violence et les victimes se relèvent rarement. Les traumatismes causés par ces sauts que plusieurs témoins ont relevé sont effrayants, mortels pour la plupart. Laissant toujours des séquelles. Il est loin le temps des combats « à la loyale » entre les Capulet et les Montaigu à Vérone «32» , ou entre les Jets et les Sharks, dans le West Side de New-York «33» . Deux combats de « gangs » emblématiques d’une période révolue, où l’honneur, l’amour, la haine étaient codifiés. Le temps est plutôt à Orange Mécanique «34» au quotidien. A la violence gratuite pour le plaisir esthétique de celle-ci.

Importance du modèle télévisuel – Il semble qu’il y a un rôle d’exemple très important dans le seul modèle qui s’impose à ces jeunes délinquants, le modèle télévisuel. Rien n’existe, rien ne vaut, s’il n’est vu à la Télévision. Ainsi, les participants du Gang des Barbares avoueront-t’ils avoir eu l’idée de capturer une personne pour lui soutirer de l’argent après avoir vu le film « L’appât » «35» . Déjà à la sortie d’Orange Mécanique en Angleterre, les chroniqueurs judiciaires avaient-ils pu observer des phénomènes d’imitation de cette ultraviolence, et des criminels avaient avoués avoir imité les héros néfastes du film. «36» Plus récemment, la médiatisation télégénique de Mohamed Merrah évoque cruellement la prédiction d’Andy Warholl. Tout le monde peut avoir son ¼ d’heure de « gloire » télévisuelle. Fût-ce post-mortem. Et si certaines chaînes étrangères (Al Jazeera) n’ont pas accepté de diffuser les vidéos des massacres tournés par Merah, cela n’empêche pas qu’il y a une certitude absolue que ces vidéos referont surface sur Internet un jour.

Quelles solutions pour l’avenir ?

Tout n’est pas perdu. La situation peut être amendée. L’éducation tardive reste possible. Je n’ai pas prétention à donner des leçons en matière d’éducation ou de politique éducative, non plus qu’en matière de criminologie.

Je constate seulement que ces comportements de criminalité a-consciente ne sont pas arrivés par hasard dans notre société à partir des années 2000. La société leur a fait un lit merveilleux, en refusant de « stigmatiser » des comportements déviants et asociaux. La société implique une volonté de vivre ensemble, ainsi qu’une adhésion volontaire minimale aux règles usuelles.

Le délinquant n’est pas nécessairement asocial. Le délinquant conscient connaît les risques de ses actes ; il les accepte dès le début. En cela, quelque soit son crime ou délit, il n’est pas dangereux pour la société, puisqu’il en constitue un rouage, au même titre que le policier, le magistrat, l’avocat ou le ministre. Il est autant dans la société que sa victime. Comprenez bien ! Le délinquant est dangereux pour la victime, mais l’atteinte à l’ordre publique est telle que l’opinion publique s’empare du fait et le condamne à l’unanimité, ressoudant les lèvres de la plaie que le délinquant a pu lui infliger.

Mais le délinquant a-conscient est dangereusement a-social également. Il est donc nécessaire de parvenir à détecter les prémisses de la dérive a-consciente et a-sociale. Tout en ayant à l’esprit que notre société ne peut pas préempter ni prévenir un comportement « futur ». Il faut au moins un début d’exécution de passage à l’acte ou de tentative pour pouvoir appréhender, juger et sanctionner. «37»

En revanche, il faut rendre l’a-conscient conscient et social. Il faut réveiller sa conscience. Par quel moyen ? J’ai la faiblesse de penser qu’une solution honorable serait d’améliorer les élucidations des petits délits mineurs, et d’en accélérer la sanction réelle. Eviter le sentiment d’impunité à tout prix. Rendre l’acte délictueux périlleux. Faire en sorte que le petit délinquant, dès son premier geste, ressente la crainte du châtiment, et le soulagement du repentir actif.

D’autres solutions sont envisageables. Elles supposent nécessairement d’en finir avec l’évangélisme « gauchiste » dominant. Un délinquant reste et doit rester un délinquant. Son statut social défavorisé ne doit jamais être une excuse. De même que par politesse on évite de s’exclamer sur la réussite prodigieuse d’un enfant défavorisé, alors que c’est précisément toute sa force d’avoir su dépasser sa condition, il faut arrêter de rabaisser le jeune délinquant d’une banlieue défavorisée à son seul statut d’habitant de la mauvaise banlieue.

L’origine ethnique du délinquant ne doit pas non-plus être ignorée si elle peut expliquer culturellement les faits commis. Notamment pour ce qui est des actes de violence sexistes ou racistes. A ce sujet les discours politiques appelant à ne pas stigmatiser une population immigrée, qu’on entend depuis plus de 10 ans, n’ont eu qu’un effet sur cette délinquance : la rendre invisible par un effet de cécité mentale collective ! Et s’il faut affirmer haut et fort qu’un étranger n’est pas un délinquant potentiel, il faut également avoir à l’esprit que le droit pénal est – aussi – culturel et sociologique. Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà, affirmait Blaise Pascal dans ses Pensées «38» . Affirmation sans-cesse vérifiée et qui trouve sa traduction en droit processuel français dans les articles 113-6 et 113-7 du Code Pénal qui distinguent selon que les délits ont été commis en France ou à l’étranger, et que la victime est ou n’est pas française. Ainsi selon l’art. 113-7 CP, la loi pénale s’applique à tout Français pour les crimes commis hors du territoire de la République, mais ne s’applique qu’aux délits qui seraient également punis par la législation du pays où ils ont été commis. Et l’article 113-7 fait application de la loi pénale à toute personne, quelle que soit sa nationalité, pour tout crime ou délit commis hors du territoire de la République dont la victime est de nationalité française.

Comment mieux exprimer que la nationalité ou l’origine ethnique peut prédisposer à des comportements sociaux différentiés ?

– L’excision est interdite dans les pays occidentaux, en ce qu’elle constitue une mutilation intolérable. La plupart des pays d’Afrique l’ont pénalisée également, mais la pratique y reste tolérée. Et sociologiquement, les familles d’Afrique sub-saharienne ont toujours du mal à préserver leurs filles de cette coutume. Y compris en France.

– L’immolation des jeunes-filles flétries reste pratique courante dans de nombreux pays, dont certaines régions Indiennes, ou certaines régions musulmanes. Ce qui explique – mais n’excuse pas – l’immolation de Sohane…

Ne pas prendre en compte l’origine ethnique des délinquants revient à faire fi de leur personnalité, à violer les principes essentiels du droit pénal, qui supposent une personnalisation de la sanction, et, pour y parvenir, une enquête de personnalité.

Sans-doute faudrait-t-il imposer aux étrangers nouveaux immigrants un apprentissage sérieux des valeurs minimales de notre société ? Ce fut une proposition du président Nicolas Sarkozy pour sa candidature à une réélection. Proposition qui fût immédiatement conspuée par la gauche bien-pensante, et taxée de fascisme.

Mais la nationalité, l’origine ethnique, ne sont pas l’alpha et l’oméga de la criminalistique. D’autres éléments concourent au comportement délinquant a-conscient : son éducation en dehors des normes françaises, lorsqu’il sera confronté à la norme française, ou son absence d’éducation familiale notamment. Mais également le danger de l’imitation du modèle médiatique véhiculé par les films violents. Sans-doute faut-il imposer une pause aux émissions télévisuelles qui diffusent au quotidien des séries policières mettant en scène des morts les plus abjectes et abominables qu’il soit.

En définitive, je pense qu’il faut remettre en avant le rôle indispensable du libre-arbitre. L’Homme est et doit rester libre de ses choix. Il naît libre de choisir entre le bien et le mal. Son choix l’implique. Il aura un mérite accru à choisir le bien si le mal l’a tiraillé. Mais il n’aura aucune excuse pour avoir choisi le mal.

Enfin, il faut insister sur la progressivité réelle des peines. Il est difficile de faire comprendre à un délinquant accidentel (délinquance en col blanc) qu’il est plus sévèrement puni pour un délit économique sans conséquences sociales réelles, qu’un délinquant crapuleux ou qu’un trafiquant de stupéfiants.

Mais plus que tout, la promptitude de la réaction judiciaire est l’élément clef du système. Une sanction qui interviendrait 3 ans après les faits n’a plus aucune vertu pédagogique pour son auteur, et très peu de vertu curative pour la victime.

Il faut insister également sur la place qui doit être donnée à la réparation du préjudice et à la protection de la victime. Car le contentieux pénal repose d’abord sur une infraction. Le délinquant est nécessairement au centre du débat, mais la victime doit avoir sa place institutionnelle.

Force de l’exemple – Faut-il des nouvelles lois ? Certainement pas. Au contraire ! Il faut surtout que ces lois soient appliquées. Et que l’exemple soit donné. Dans certains pays, essentiellement anglo-saxons, le « banc d’infamie » est vu comme une solution efficace pour lutter contre la récidive et marquer les esprits. Peut-être faut-il plus largement publier les décisions judiciaires, du moins leur résultat, et faire connaître le nom des coupables plus largement. C’est une bien étrange loi qui – au nom du droit à l’oubli numérique – a interdit de publier les jugements avec les noms des protagonistes, alors même que les jugements sont rendus en audience publique.

C’est une interrogation légitime que je pose. L’objectif étant d’éveiller la conscience du délinquant « a-conscient » et donc d’éviter un délit ou un crime qui peut être évité.

Très probablement également, les grands corps de l’Etat, Enseignement National et Justice, devront se remettre en cause. Car une grande partie du comportement d’un individu se forge – ou devrait se forger – au contact des professeurs qui doivent nous apporter, outre leur savoir, un exemple moral indispensable. La Justice reste le dernier endroit où le délinquant peut récupérer le minimum éducatif qui lui a fait défaut et l’a entraîné devant céans. Force est de constater que ces transmissions sont de moins en moins universelles.

Ariel DAHAN

Avocat au barreau de Paris

– 1 Ilan Halimi a été enlevé et torturé par la « Bande des Barbares ». Il est mort le 13 février 2006 à Ste Geneviève des Bois. Les protagonistes ont été condamnés en première instance par la Cour d’Assises de Paris le 11 juillet 2009 à des peines criminelles allant de perpétuité assortie de 22 ans de période de sûreté à 6 mois de prison avec sursis, pour les complices les moins impliqués. La jeune fille chargée de faire l’appât, condamnée à une peine de prison ferme, a séduit le directeur de sa prison, générant un nouveau scandale.
– 2 Sohane Benziane, 17 ans, a été brûlée vive le 4/10/2002 par Jamal Derrar & Tony Rocca. La motivation de ce geste reste ambigüe : violence sexiste ou règlement de compte ? La Cour d’Assises de Créteil a condamné Jamal Derrar à 25 ans de réclusion criminelle et Tony Rocca à 8 ans pour complicité.
– 3 Montaigne (Michel Eyquem de), Essais, Livre III, Chap. XIII, De l’Expérience, §°Nil actum credens cum quid superesset agendum, Ed°1595
– 4 L’expression de « tuer le mandarin » et l’idée qu’elle sous-tend apparaît la première foi dans Balzac, qui l’attribue à JJ. Rousseau.
– 5 Freud (Sigmund), essai : Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort, 1915, traduction Dr.S Jankélévitch 1915, Ed° Payot 1968
– 6 Alain (Emile-Auguste Chartier) Propos sur le bonheur –1925 – Rappelons-nous qu’Alain, blessé de guerre pendant la 1ère Guerre Mondiale, se faisant broyer le pied par les rayons d’une roue de chariot, conserve un souvenir désabusé de la capacité de violence des Hommes.
– 7 Chateaubriand (François-René de), Génie du christianisme, 1802, 1ère partie, Livre VI, Chapitre II : Du remords et de la conscience,. : « O conscience ! ne serais-tu qu’un fantôme de l’imagination, ou la peur des châtiments des hommes ? je m’interroge ; je me fais cette question : « Si tu pouvais par un seul désir, tuer un homme à la Chine et hériter de sa fortune en Europe, avec la conviction surnaturelle qu’on n’en saurait jamais rien, consentirais-tu à former ce désir ? ».
– 8 Balzac (Honoré de), roman, Le Père Goriot, 1835, discussion entre Rastignac et Bianchon au Luxenbourg :
« -… As-tu lu Rousseau ? – Oui. – Te souviens-tu de ce passage où il demande à son lecteur ce qu’il ferait au cas où il pourrait s’enrichir en tuant à la Chine par sa seule volonté un vieux mandarin, sans bouger de Paris ?. ». Nota : Ces propos n’ont jamais été écrits par Rousseau.
– 9 Cour de Cassation, Chambre criminelle, 25 septembre 1996, 95-84.182, Inédit
– 10 Cour de Cassation, Chambre criminelle, 30 juin 1999, 98-83169, inédit
– 11 Cour de Cassation, Chambre criminelle, 24 octobre 2001, 01-81.039, Inédit
– 12 Cour de cassation, Chambre criminelle, 16 février 2011, 10-85.722, Inédit
– 13 Cour de Cassation, 2ème Chambre civile, 5 mars 1997, 94-22212, BC II n° 67 – Bonnet (Patrick) et Mucchielli (Pierre) conseillers référendaires à la Cour de cassation, Etude «Responsabilité délictuelle et quasi délictuelle» – http://www.courdecassation.fr/publications_cour_26/rapport_annuel_36/rapport_1997_76/deuxieme_partie _etudes_documents_78/mm._patrick_5711.html
– 14 Hugo (Victor), poème, La Légende des Siècles ; 1ère Partie « La Conscience », vers 68 (final) « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn »
– 15 Dans Macbeth, William Shakespeare présente le personnage principal, Lady Macbeth, définitivement bouleversée par la vision qu’elle a de la tâche de sang sur ses mains. Du sang du crime qu’elle vient de commettre, et qu’elle ne parvient pas à laver. Sentiment essentiellement psychologique puisqu’hormis elle, personne ne voit de sang sur ses mains.
– 16 Rabelais (François), roman, Gargantua, Ch. 8, , « En somme, que je voie en toi un abîme de science … Mais – parce que, selon le sage Salomon, Sagesse n’entre pas en âme malveillante et que Science sans Conscience n’est que ruine de l’âme, tu dois servir, aimer et craindre Dieu …»
– 17 Anecdote véritable, qui n’emporte aucune dénonciation. Les professionnels de la délinquance des mineurs et jeunes majeurs en racontent bien plus. Il suffit de se poster dans le hall d’attente du Juge des Enfants à Bobigny, première juridiction de France en matière de délinquance infantile. Tout aussi utilement peut-on se faire un avis en assistant aux audiences de comparution immédiate – audience de délits tellement stupides qu’on a parfois du mal à les envisager.
– 18 Voulzy (Laurent), chanson Rock-Collection, Avril 1977, RCA, Paroles d’Alain Souchon. Extrait des paroles : « … Si j’avais bossé un peu je m’s’rais payé une guitare… » – affirmation philosophique plus profonde qu’il n’y paraît : le travail considéré comme moyen d’atteindre un objectif de bien-être à court terme.
– 19 Proudhon (Pierre Joseph), Qu’est-ce que la Propriété, Chapitre Premier, 1840, : « Si j’avais à répondre à la question suivante : Qu’est-ce que l’esclavage ?et que d’un seul mot je répondisse : C’est l’assassinat, ma pensée serait d’abord comprise. Je n’aurais pas besoin d’un long discours pour montrer que le pouvoir d’ôter à l’homme la pensée, la volonté, la personnalité, est un pouvoir de vie et de mort, et que faire un homme esclave, c’est l’assassinat. Pourquoi donc à cette autre demande : Qu’est-ce que la propriété ?ne puis-je répondre de même : C’est le vol, sans avoir la certitude de n’être pas entendu, bien que cette seconde proposition ne soit que la première transformée ? » – Si cette affirmation le fait passer pour l’un des fondateurs du mouvement anarchiste révolutionnaire du 19ème siècle, il ne faut pas oublier qu’il ajoute « La propriété c’est la liberté », faisant écho à cette idée neuve imposée par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.
– 20 Gide (André), roman Les Caves du Vatican, 1914
– 21 Sartre (Jean-Paul), théatre, Le Diable et le Bon Dieu, (pièce en 3 actes, 7 juin 1951) Jean Paul Sartre présente le pari osé de montrer que faire le bien absolu n’est pas plus difficile que de faire le mal absolu. Goetz, autocrate tortionnaire, ayant décidé de raser la ville par simple envie de faire le Mal et de défier Dieu, accepte de renoncer au mal pour prouver (à sa conscience ?) que faire le Bien est plus facile que faire le Mal. Après s’être donné cœurs et âme dans une conversion vers le bien absolu, il voit ses actes dévoyés et apporter plus de malheur que ses actes néfastes. Confronté à sa conscience nouvellement née, il sombre dans la folie, jusqu’à ce que son partenaire au pari du bien contre le mal le retrouve et l’incite à reprendre le chemin de la guerre et du « mal », mais cette fois dans un but d’intérêt général.
– 22 Dostoïewsky (Fiodor MIkhaÏlovitch), roman, Crime et Châtiment 1866, Raskolnikov vit sa culpabilité d’avoir tué une prêteuse sur gage et attends un châtiment qu’il sait être autant inéluctable que justifié. L’essentiel de son châtiment étant auto-infligé par son angoisse d’être découvert et arrêté, et son remords.
– 22 La Bible, Genèse, XVIII, v. 17 à 33 – moment de marchandage extraordinaire entre un homme et son D.ieu, à 5 âmes justes près. S’il y avait eu ne fut-ce que 10 hommes justes dans la ville, D.ieu aurait accepté de la sauver. Négociation qu’on devine âpre, où personne n’a renoncé à ses positions. Où personne n’a perdu. D.ieu avait décidé de détruire Sodome & Gomorrhe. Il se devait d’en informer Abraham au préalable : « 18:17 Yahvé s’était dit: Vais-je cacher à Abraham ce que je vais faire,-18:18 alors qu’Abraham deviendra une nation grande et puissante et que par lui se béniront toutes les nations de la terre? » D.ieu sait qu’il n’y a personne à sauver. Pas même 10 justes. Mais Abraham tente tout pour sauver la ville. Par humanité et non par intérêt. Il n’abandonne que lorsqu’il comprend qu’il n’y a même pas 10 hommes justes dans cette ville. Cet abandon n’est pas un renoncement, mais la reconnaissance que le dessein divin initial était juste et mesuré. Quel que soit le sort de cette négociation, l’apport le plus important pour notre civilisation fut que cette négociation ait eu lieu.
– 24 La Bible, Les prophètes, Jonas, 3 ; « 1-La parole de l’Eternel fut adressée à Jonas une seconde fois, en ces mots : 2-Lève toi, va à Ninive, la grande ville, et proclames-y la publication que je t’ordonne ! (…) 4- Jonas fit d‘abord dans la ville une journée de marche ; il criait et disait : Encore quarante jours, et Ninive est détruite ! »
– 25 Brenner (Emmanuel), Essai collectif :Les territoires perdus de la république, antisémitisme, racisme et sexisme en milieu scolaire, sous la direction d’Emmanuel Brenner, édition Mille et une nuits, 3/09/2002,
Cet ouvrage constitue un témoignage sans précédent de la réalité de la violence perpétrée en milieu scolaire. Il témoigne « de la décrépitude des valeurs qui fondent la République et assurent l’intégration des nouveaux citoyens autour d’un consensus minimal alors que s’affirment à nouveau l’antisémitisme, le racisme, le sexisme, l’irrespect et un climat de violence larvée marqué par la peur de nombreux adultes (et leur embarras) devant l’offensive islamiste. » (citation de l’Editeur)
– 26 Code de Procédure Pénale : Art.81 al.6 : « Le juge d’instruction procède ou fait procéder, soit par des officiers de police judiciaire, conformément à l’alinéa 4, soit par tout personne habilitée … »>Article original dans des conditions déterminées par le Conseil d’Etat, à une enquête sur la personnalité … »>Article original des personnes mises en examen, ainsi que sur leur situation matérielle, familiale ou sociale.»
– 27 Mardel (Guy), chanson N’avoue Jamais, 1965 (Vogue) – Paroles de Françoise Dorin –Eurovision 1965.
– 28 Hypomanie : Trouble de l’humeur, épisode maniaque atténué, alternée avec un épisode dépressif. Alternance entre excitation intellectuelle contrôlée, instabilité, troubles de l’attention, fuite des idées, excitation psychomotrice, augmentation de l’estime de soi. L’Hypomanie n’altère pas le discernement.
– 29 Loi de Zipf & Mandelbrot sur la distribution du vocabulaire passif
– 30 Goudailler J.-P., « Les mots de la fracture linguistique », in La Revue des 2 mondes, Mars 1996.
– 31 Hagège (Claude), In l’Express, 28 mars 2012, interview de Michel Feltin-Palas
– 32 Shakespeare (William), théatre, Roméo et Juliette, 1597
– 33 West-Side Story, comédie musicale, Broadway 1958, A. Laurents, S. Sondheim, L. Bernstein
– 344 Kubrick (Stanley), film Orange Mécanique,1971. Si le thème principal d’Orange Mécanique est la violence gratuite, le contre-thème que représente le lavage de cerveau est un corolaire nécessaire : le libre arbitre. Citation du film : « Quand un Homme cesse de choisir, il cesse d’être un Homme ».
– 35 Tavernier (Bertrand) film L’Appât, 1995, histoire tirée d’un fait divers. Des adolescents assassinent froidement des hommes pour financer leur « rêve » de fortune.
– 36 « ‘Clockwork Orange’ link with boy’s crime », The Times, 4 juillet 1973
– 37 Sur ce point, la loi sur la rétention de sûreté, en ce qu’elle permet de maintenir indéfiniment en prison un délinquant dangereux à l’issue de sa peine, s’il refuse de se soumettre à un traitement médical, m’apparaît comme une infamie scélérate. Mieux vaut prévoir une sanction pénale de perpétuité réelle, plutôt que d’autoriser un arbitraire, fût-il contrôlé judiciairement et médicalement. Code de Procédure Pénale, Art. 706-53-13, issu de la loi du 25 février 2008 amendée par la décision du Conseil Constitutionnel du 21 février 2008.
– 38 Pascal (Blaise) Pensées, n° 294 ; Citation « Plaisante justice qu’une rivière bornée. Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. ».

Mots clefs:
a-conscience, cause, citoyenneté, conscience, civilisation, éducation, exemple, impunité, justice, libre arbitre, répression, sanction, violence

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

7 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
marman68

Voici quelques passages du coran, car il y en a d’autres, alors après les gouvernements disent pourquoi tant de violence :
sourate 31 verset61= tuer tout ce qui n’est pas musulmans
sourate 44 verset 4= tuez les afin de faire un grand carnage
sourate 9 verset 29 = tuez tous les hommes qui ne croient pas en allah des musulmans, alors rien qu’avec ces quelques passages, car il y en a beaucoup d’autres, cela en dit long sur leur religion et leurs intentions envers nous et toutes les autres religions, car c’est leur coran, qui leurs dictent de nous tuer et de nous assassiner, et les gouvernements y compris la france disent oui et amen CAR BIEN ENTENDU ILS SONT D’ACCORD.
La Parole de Dieu est pour: l’Amour la Tolérence et la Paix.
Le coran : c’est quelques versets à l’appui, prouvent qu’ils sont : pour La Guerre, l’Intolérence et La Haine.

marman68

Ils n’ont pour ambition que de nous voler notre liberté, et de tuer, d’assassiner tous ce qui n’est pas musulmans

marman68

Ils veulent nous imposer la charia en france et le problème c’est que tout ou pratiquement tous les pays sont d’accord, bientôt ce sera la charia ou la mort pour l’europe, et les pays européens sont en train de dire oui et amen, la charia est une religion : Ou c’est la loi, Ou c’est la mort, bientôt on pourra dire merçi à monsieur hollande.
Car je pense que nous sommes encore en guerre, oui la france est un pays qui est en guerre, et c’est l’islam qui nous déclare la guerre de l’intérieur, oui ils ont déclaré la guerre à la france, nique la police, nique ta race, nique la france, nique tout, les voitures brûlées les bus incendiés, les chauffeurs de bus et de trams assassinés ect ect… et maintenant la charia qu’ils veulent imposés au monde. L’islam est une religion qui a déclaré la guerre à la Paix Alors oui je le redis: Ils nous ont déclaré la guerre, et quand on est en guerre eh bien il faut se défendre ( à commencer par interdire la charia en france ) qui n’est autres qu’une religion d’intolérence et de meurtres. à tous ce qui n’est pas musulmans.
Si la police ne suffit pas pour arrêter cette guerre, il faut faire intervenir les crs, et si les crs ne suffisent pas, alors il faut faire intervenir l’armée, car la guerre est-elle finit ( pas si sûr ), car les musulmans seront en paix quand le monde sera islamisé. LISEZ LE CORAN , ET VOUS VOUS RENDREZ COMPTE QUE J’AI RAISON.Et si vous insistez je pourrez vous rappeler les sourates qui en parlent. Moi je suis né dans un pays libre, ou des personnes ont payer très très chère pour cette liberté, jusqu’a donner leurs vies, alors il ne faudrait pas que l’on se fasse voler cette liberté au nom d’une religion, et ça quel quelle soit. Car la charia et la loi islamique, n’a pour ambition que de nous voler cette liberté.

marman68

Les gens qui sont les plus violents ce sont les musulmans, et si la violence est de plus en plus violente c’est grâce à eux surtout quand ils ce cachent en dessous de leurs capuchon, ils violent, il volent, il tuent, et ensuite ils viennent nous chanter le refrain de la religion tolérente, et tout ça bien sûr ne l’oublions pas, tout ça ce passe avec la bénédiction du gouvernement français .

marman68

Il faut que la violence soit punit par la loi, sinon vous pourrez faire des pieds et des mains, elle restera non seulement gratuite, mais aussi de plus en plus violente, et si une personne violente est vraiment à soigner alors soigner là, mais il faut la soigner à partir de la prison, il ne faut pas que la personne ressorte libre du tribunal sous des prétextes bidons, soit de l’avocat soit du psy, car une fois cette personne dehors elle repratiquera la violence, et ca vous le savez très très bien n’y a t-il pas assez de meurtres pour que vous la laissiez dehors, et ne venez pas avec vos mots savants
nous bourrez le mou, car en faisant ça vous laissez place à une violence de plus en plus violente, ne parlez pas de cause sociale, ou de cause psy, ça c’est trop façile, et en plus les gens violent le savent, alors mettez les en prison et soignez les à partir de la prison, et ne les laisser pas ressortir pour leur donner l’occasion de recommencer .

Nick

Bonjour et felicitations pour vos articles extras .
Pour ce qui a trait a la violence « gratuite » , j’ai quelques reserves, venant d’un pays Arabe moi-meme, je connais bien la mentalite de ces … gens la. Premierement, l’impunite est un moteur de cette violence, mais elle n’est aucunement gratuite : ces barbares apliquent la violence d’une maniere premeditee, avec intention et volonte de faire mal a la communaute qu’ils visent …. non, il n’y a aucune gratuite dans leurs gestes ni desinteressement dans leurs actes …. les chemises brunes naziz appliquaient eux aussi une violence terrifiante contre les juifs, mais pas du tout gratuitement, mais avec l’intention de commettre un acte justifie et legitime et meme utile ! votre proposition disant que ces gens-la sont en deficit de connaissance est egalement erronnee. …car les terroristes les plus violent et les plus enrages sont souvent des gens TRES eduques (Docteurs et autres) . Leur foi justifie a leur yeux les actes affreux qu’ils commettent , toujours au nom de Dieu et de leur religion retrograde ! S’ils sont aveugles, c’est seulement par leur croyance biaisee dans leur Coran !

marman68

Cela ne sert à rien de faire un document de trois voire quatre pages, LA VIOLENCE DEVIENT GRATUITE PARCE QU’ELLE N’EST PAS PUNIE, et vous pourrez même nous écrire des romans sur le sujet : LES FAITS SONT LA, et a ce que je sache c’est la violence qui conduit au meurtre .
La violence n’est pas punie, et si ça continue comme ça c’est le meurtre qui ne sera plus puni,
Exemple : Un meurtre un assassinat est commis, et c’est tout de suite les psy qui entre en jeu : oui mais…. vous comprenez…., son enfance difficile…. sa maman malade….., son papa au chomage………. vous comprenez monsieur le juge LE PAU…..VRE….. C’est pas d’sa faute, c’est la faute à la société . Pour l’instant il n’y à que les victimes qui payent, et combien de temps celà va t-il encore duré, mais ca durera tant que l’on aura un gouvernement laxiste et m’enfoutiste, car pour l’instant les seuls à payer sont ceux qui ont perdu : un fils, une fille, un frère, une soeur, ect….. ect…..
Si la violence n’est pas punie elle ne s’arrêtera JAMAIS .