Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut voir, ni pire sourd que celui qui ne vent entendre.

La guerre a ramené dans le discours en Israël et dans le monde avec l’option d’un État palestinien, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, tout en ignorant le fait qu’il s’agit d’une continuation de la conception d’avant le 7 octobre.

Le prêt à penser, les solutions toutes faites, les Yaka Fokon voilà ce que l’on propose avec obstination, avec véhémence et acharnement sans regarder un instant la réalité dans sa complexité. La fainéantise de la pensée, associé à un romantisme qui oublie l’essentiel de la paix, exige au préalable la volonté des parties, et surtout les dispositions intellectuelles et morales des parties à la paix.

Après le massacre du 7 octobre, la communauté internationale et les médias israéliens et internationaux ont commencé à débattre de la question du lendemain : que faire de Gaza ? La réponse automatique – tant de la part des hommes politiques et d’une partie de la société israélienne que des États-Unis et des pays d’Europe occidentale – est une administration de l’Autorité palestinienne qui sera liée, même si au départ pas géographiquement, à sa gestion dans les zones A et B en Judée et Samarie. De cette façon, pour eux, l’opportunité sera de créer un État palestinien et achever la solution à deux États. Il s’agit d’une proposition dangereuse qui témoigne d’une perception naïve et endommagée laissée le 6 octobre.

Premièrement, il suffit de regarder la réalité en Judée-Samarie pour comprendre que l’Autorité palestinienne n’est pas capable de gérer une entité étatique, encore moins une entité qui lutte pour la paix et une vie partagée aux côtés d’Israël. Au lieu de cela, elle lutte pour la vie plutôt que pour l’État d’Israël. Les faits sont bien connus : l’Autorité palestinienne ne cesse d’inciter contre Israël et le peuple juif à travers ses systèmes éducatifs et culturels, et encourage et soutient même le meurtre de Juifs en versant des allocations aux familles de terroristes.

L’un des graves échecs de perception qui ont conduit aux massacres du 7 octobre réside dans le fait que les responsables du gouvernement et de l’establishment de la sécurité ont refusé d’écouter ce que le Hamas a déclaré publiquement concernant ses intentions de détruire l’État d’Israël et ont ignoré les mesures qu’il a réellement prises. Armement, entraînement, etc. Ignorer les déclarations et les actions explicites des responsables de l’Autorité palestinienne conduirait à la même catastrophe.

En outre, le manque de gouvernance et de capacités de gouvernance de l’Autorité palestinienne entraîne des risques pour la sécurité. Sans la présence sécuritaire israélienne en Judée-Samarie, il est très probable que l’Autorité palestinienne se serait rapidement effondrée compte tenu du large soutien de son opinion publique au Hamas. Il est également impossible d’ignorer les centres terroristes indépendants qui se sont développés sur son territoire, notamment dans le nord de la Samarie. À cela, il faut ajouter les leçons de l’histoire : Gaza sous le régime de l’AP présentait des similitudes avec celle du Hamas en ce qui concerne le niveau de haine envers Israël et l’encouragement du terrorisme. Les tirs de roquettes, si je me souviens bien, ont commencé des années avant que le Hamas ne prenne le pouvoir dans la bande de Gaza et que de nombreuses attaques meurtrières aient été menées dans la colonie juive de Gaza.

Le soutien au contrôle de Gaza par l’Autorité palestinienne et à la création d’un État palestinien est justifié par des préoccupations compréhensibles quant au maintien du caractère juif et démocratique de l’État d’Israël. C’est-à-dire depuis la création d’un État binational. Ceux qui soutiennent cette proposition s’inquiètent de la perte de la majorité juive et du lourd fardeau sécuritaire et économique que représente la responsabilité de millions de Palestiniens. Mais il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Ces scénarios d’horreur ne sont pas liés à la réalité et dépendent, entre autres, des changements démographiques que provoquera la guerre (immigration juive, immigration palestinienne).

Et de toute façon, tout cela est éclipsé par les problèmes de sécurité. Le scénario d’horreur d’une invasion des colonies israéliennes en Judée et Samarie n’est pas imaginaire, comme en témoignent les résultats d’une enquête récente qui a montré que 82 % des Palestiniens de Cisjordanie justifient les massacres. Il faut donc faire preuve de modestie et de sens pratique et comprendre que parfois il n’y a pas de solutions magiques. Mieux vaut laisser le temps suivre son cours jusqu’à ce qu’une opportunité se présente.

Il est clair que la pression internationale sur Israël pour qu’il fasse des concessions et des retraits dans les territoires de Judée et de Samarie se poursuivra. D’ici là, les faits établis sur le terrain à Gaza obligeront les acteurs impliqués – les États-Unis, l’Égypte, l’Arabie Saoudite, le Qatar et d’autres États du Golfe – à trouver des solutions provisoires créatives, et celles-ci prendront peut-être une forme différente après l’élection présidentielle américaine, élections l’année prochaine.

En attendant, Israël devrait continuer à adhérer à une politique qui oscille entre la construction silencieuse et le développement en coulisses en Judée-Samarie et les compromis et gestes tactiques envers l’administration américaine. En fin de compte, le temps pourrait jouer en faveur d’Israël. L’histoire a prouvé que les solutions irréfléchies et hâtives qui incluent le terme « maintenant » finissent par échouer et mettent en danger la sécurité du pays et de ses citoyens.

Le paramètre démographique, que la gauche a toujours agité pour faire peur à Israël s’est avéré être totalement mensonger. En 76 ans, presque les Juifs continuent de représenter près de 75% de la population en Israël hors territoires et la alyah qui s’annonce va conforter la situation. La population palestinienne quant à elle connait une décroissance surtout à Gaza du fait d’une émigration silencieuse, mais réelle. Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement, quand le seul choix est la dictature d’une mafia qui privilégie ses intérêts personnels. La combativité de la mafia du Hamas ne s’explique que par le risque de règlements de comptes internes après la défaite. La vengeance sera aussi sauvage que lors du massacre du 7 octobre. La haine est une pulsion savamment inculquée, qui fabrique des monstres prêts à tout contre n’importe quel ennemi compris parmi les siens. Il ne faut surtout pas oublier que l’un des objectifs du 7 octobre était aussi de décapiter l’autorité palestinienne pour la remplacer par le Hamas de Yahya Sinwar.

Omer Dostri est docteur en sciences politiques dans le domaine militaire et de la sécurité nationale, chercheur à l' »Institut de Jérusalem pour la stratégie et la défense » et au mouvement « Sécurityistes ».

 

 

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