Nous sommes troublés et déconcertés par l’argumentation défensive de nos envoyés à la Cour de Justice de La Haye. Doit-on accepter d’entrer dans la logique de cette accusation inique de ‘génocide’ ?

Le fait génocidaire n’est-il pas flagrant, et Israël n’en est-il pas la victime ? Pourquoi alors accepter le rôle d’accusé ?

Le 7 octobre a vu le déchaînement brutal d’une guerre d’extermination contre la population d’Israël, à une échelle et avec une barbarie qu’on n’avait pas vue depuis la Shoah : bébés décapités, femmes éventrées, enfants assassinés dans leur lit, familles brûlées vives, viols et meurtres systématiques, corps démembrés et défigurés… Et, les tueurs défilent avec leurs trophées sous les acclamations de la population gazaouie… Et, des dirigeants du Hamas promettent de répéter ce type d’opération jusqu’à l’éradication d’Israël. Que faut-il de plus ?

Déclencher une guerre totale contre ces envahisseurs et supprimer cette menace existentielle était évidemment une nécessité. N’importe quel pays aurait fait la même chose, sous peine de disparaître.

Oui, mais, dit-on, il y a trop de morts, surtout des civils, et on retourne contre Israël l’accusation de massacre !

Quels sont les faits ? Tsahal se bat contre une armée de 30.000 terroristes surentraînés et suréquipés, qui se sont fortifiés jusque sous terre dans une zone densément peuplée, qui prennent systématiquement les habitants comme boucliers humains, et qui tirent des missiles par milliers sur le territoire d’Israël ! Dans ces conditions extrêmes, Tsahal réussit à réduire le nombre des morts civils à 2 ou 3 par terroriste tué, une performance qu’aucune autre armée ne pourrait lui disputer…

Mais, c’est une hécatombe. Alors faut-il arrêter la guerre ? ‒ Oui bien sûr, et il suffirait que le Hamas capitule et dépose les armes pour que tout soit fini. Mais ces gens disent eux-mêmes qu’ils aiment la mort, et ils ne savent que continuer de tuer et de détruire jusqu’au bout. Israël doit-il renoncer à vaincre un tel ennemi, et lui offrir l’avantage de sa nuisance ? La question elle-même est ridicule !

Cependant, nos accusateurs Sud Africains vont plus loin, et c’est là le fond du problème :

« Nous reconnaissons la Nakba des Palestiniens, lors de laquelle ils ont été expulsés de chez eux. Des dizaines d’années ont passé depuis pendant lesquelles Israël a commis un génocide. L’Afrique du Sud dénonce l’apartheid pratiqué depuis 75 ans »[1]

Autrement dit, Israël n’a pas le droit de se défendre parce que c’est un pays d’occupation, dont l’existence même dénie les droits du soi-disant peuple palestinien. Israël est intrinsèquement ‘génocidaire’, et voué à la destruction… Cette démarche consistant à transformer les assassins en victimes pour justifier le génocide n’est certes pas nouvelle, mais elle doit encore être démasquée.

D’abord, sur le plan légal. Pays d’occupation ? L’État d’Israël est membre de l’ONU depuis le 11 mai 1949, par confirmation de la décision de la SDN de juillet 1922, qui fonde le droit du peuple juif à établir son foyer national sur sa terre natale. Faire valoir devant une cour de justice internationale que l’État d’Israël est intrinsèquement illégitime et génocidaire est donc inepte sur le plan légal.

Mais, le mécanisme est profond : de même que nos accusateurs inversent la réalité en présentant les victimes du 7 octobre comme coupables de massacre et de génocide, de même ils inversent l’Histoire en présentant le soi-disant ‘peuple palestinien’ comme héritier légitime de la Terre d’Israël, et victime des usurpateurs juifs, ce qui est précisément la théorie fondatrice des autorités en place à Ramallah et à Gaza. Qu’en est-il dans les faits ?

Là aussi, ces affirmations sont établies sur un énorme mensonge, au mépris des faits, de la logique, de la vraisemblance et du bon sens. L’histoire juive en Terre d’Israël remonte à plus de trois millénaires, et elle constitue la base de toute la civilisation monothéiste, occidentale et orientale. Pourtant, le narratif ‘palestinien’ nie en bloc cette réalité historique, ainsi que l’existence du Temple de Jérusalem, contre toute vraisemblance et toute évidence. Ce narratif est commun à toutes les factions ‘palestiniennes’. Il invente aussi la fiction d’une ascendance antique des occupants arabes actuels, alors que dans leur grande majorité, ils sont venus des pays voisins au vingtième siècle, en même temps pour mettre en échec le projet sioniste, et pour profiter des opportunités économiques qu’il avait créées.

Ce rassemblement hétéroclite ne trouve son unité que dans son hostilité au sionisme, et il n’a été fédéré sous une forme pseudo-nationale qu’avec la création de l’OLP en 1964, à l’initiative du KGB[2]. C’est ce ‘peuple’-là qu’Israël est accusé de vouloir faire disparaître !… La réalité est qu’il n’y a jamais eu de nation palestinienne dans l’Histoire, mais seulement un soulèvement arabe récent pour s’opposer à la création de l’état juif. Écoutons Yasser Arafat en 1970 :

« La question des frontières de la Palestine ne nous intéresse pas… D’un point de vue arabe, nous ne devons pas parler de frontières… La Palestine n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, notre nation est la nation arabe, qui s’étend depuis l’océan Atlantique jusqu’à la Mer Rouge et au-delà… »[3]

Écoutons encore un des dirigeants de l’OLP, Mohassein Zahir, en 1977 :

« En fait, il n’y a point de peuple palestinien. La revendication pour une identité palestinienne séparée n’est exprimée que pour des raisons tactiques. L’érection d’un État palestinien serait un instrument au service du combat contre Israël et pour l’unité arabe. »[4]

Betsalel Smotrich était loin d’avoir tort quand il a déclaré à Paris que « le peuple palestinien n’existe pas », et par conséquent la notion de ‘génocide’ est dénué de sens ici. En revanche, il y a bien une guerre entre l’État hébreu et le nationalisme arabe, qui dure depuis la fondation de l’État d’Israël, et qui depuis le début se caractérise par les objectifs génocidaires des Arabes. Le mot d’ordre de « rejeter les Juifs à la mer » de 1948 et de 1967 a été laissé de côté après l’échec des aventures militaires arabes. Il a été remplacé à l’ère d’Oslo par « l’État palestinien ‒ instrument de combat contre Israël et pour l’unité arabe », comme le dit Mohassein Zahir. Mais, l’objectif génocidaire revient maintenant au grand jour, affirmé et mis en pratique par l’islamisme radical, et partagé hypocritement par ceux qu’on pourrait appeler les ‘terroristes modérés’ de Ramallah. Pourtant, Israël est accusé de génocide !

Face au mensonge et à l’inversion de la réalité, face à l’hypocrisie antisémite des Occidentaux bien-pensants, face aux attaques sanglantes des terroristes, et face aux menaces stratégiques de l’Iran et de ses sbires, l’État d’Israël a le droit et le devoir de combattre et de vaincre ses ennemis, de la manière à la fois héroïque et morale qui est la sienne depuis toujours. Les accusations de génocide proférées contre lui sont tellement déplacées qu’elles ne méritent que la sévérité et le mépris.

C’est ce message qu’on aurait aimé entendre des envoyés de l’État d’Israël à La Haye, plutôt que d’inutiles tentatives de justification.

 

[1] Texte de l’accusation présenté à la CIJ le 11 janvier 2024.

[2] Voir : ‘Comment le peuple palestinien fut inventé’, David Horowitz et Guy Millière, 2011.

[3] Cité dans : ‘Le retour d’Israël et l’Espérance du monde’, Abraham Livni, 1984.

[4] Interview au journal hollandais ‘Trud’, cité dans ibid.

  Opinion – Par Menahem BREGEGERE – Jérusalem, le 15 janvier 2024

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