La guerre a atteint Riyad, alors que de violents combats se poursuivent au Yémen

Dans la nuit du 19 septembre, la capitale saoudienne Riyad a été le théâtre de deux explosions distinctes, provoquant la mise en place de deux alertes aériennes successives, également déclenchées dans la ville voisine d’Al-Harj. Ces événements marquent la première alerte de ce type à Riyad depuis le regain de tensions avec les Houthis yéménites en juillet dernier. Les autorités saoudiennes n’ont pas encore précisé la nature des menaces, ni confirmé si des cibles avaient été interceptées ou s’il y avait des victimes.

La situation reste tendue dans la région, avec des alertes similaires ayant été émises la veille dans sept autres villes saoudiennes, notamment Djeddah, Taif et Jizan. Ces alertes ont été levées après vérification, mais témoignent de la persistance des attaques ou menaces dans le royaume. Cette montée des tensions survient peu après une déclaration du porte-parole militaire des Houthis, Yahya Sari, qui accuse l’Arabie Saoudite de crimes dans la capitale yéménite Sana’a et promet des représailles, sans toutefois détailler ses intentions.

Depuis juillet, les Houthis ont intensifié leurs frappes contre le territoire saoudien et ses navires, en réaction à un blocus maritime imposé par Riyad. Leur offensive a culminé début septembre avec la prise du port de Mocha et la quasi-totalité de la côte yéménite sur la mer Rouge, incluant des zones stratégiques proches du détroit de Bab-el-Mandeb. En réponse, l’aviation saoudienne mène des raids ciblés sur les positions houthis au Yémen, tandis que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts yéménites, notamment dans les provinces de Marib et Taiz.

Par ailleurs, la dimension internationale du conflit se précise avec l’implication croissante du Pakistan et de la Turquie, liés à Riyad par un accord de défense tripartite signé en août. Le Pakistan a confirmé la présence de ses forces en Arabie Saoudite et son engagement « sans condition » à défendre le royaume. La Turquie, pour sa part, se limite à un soutien diplomatique, le traité devant encore être ratifié par son parlement. Israël, quant à lui, recommande la prudence et privilégie une action coordonnée au sein d’une coalition régionale plutôt qu’une intervention directe contre les Houthis.

Cette nouvelle série d’attaques à Riyad souligne la fragilité de la sécurité dans la région et la complexité d’un conflit qui mêle enjeux locaux et rivalités internationales. La situation reste volatile, avec un risque accru d’escalade et des conséquences potentielles sur la stabilité du Golfe et au-delà. Les prochaines semaines seront déterminantes pour la gestion de cette crise, notamment en ce qui concerne l’application des accords de défense et les réponses diplomatiques à venir.

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