Fin de l’ère UNIFIL : quel avenir pour le sud Liban

La mission de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (UNIFIL), active depuis près de cinquante ans, est programmée pour cesser ses opérations normales fin 2026, ouvrant un débat crucial sur la sécurité dans le sud du Liban. Cette force internationale, déployée pour surveiller la frontière avec Israël et soutenir l’armée libanaise, pourrait être remplacée par une coalition multinationale sous l’impulsion de la France et de l’Italie, tandis que Beyrouth tente de prolonger la présence onusienne pour éviter un vide sécuritaire. L’enjeu principal reste la capacité du Liban à assurer seul la stabilité dans une zone marquée par la présence armée du Hezbollah et les tensions persistantes avec Israël.

Depuis sa création en 1978, suite à l’intervention israélienne dans le sud libanais, UNIFIL avait pour mission initiale de confirmer le retrait israélien et d’aider à restaurer l’autorité de l’État libanais. Cette mission s’est intensifiée après la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, avec la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU imposant une zone démilitarisée entre la ligne bleue et la rivière Litani. Cependant, le Hezbollah a maintenu et renforcé ses infrastructures militaires dans cette région, défiant la mission de l’ONU. UNIFIL, en tant que force de maintien de la paix, n’a jamais eu pour mandat de désarmer le Hezbollah, responsabilité qui revient à l’État libanais. Cette situation a généré des critiques sur l’efficacité de la mission, qui se limite à observer, documenter les violations et soutenir l’armée libanaise, tout en servant de canal de communication entre Israël et le Liban, deux pays techniquement en guerre.

L’avenir de la sécurité dans le sud libanais repose désormais sur la capacité de l’armée libanaise, qui fait face à des défis majeurs en termes de ressources et d’équipement. Le gouvernement libanais, tout en affirmant la nécessité de désarmer le Hezbollah, souhaite éviter un conflit interne. Israël, de son côté, exige des garanties contre la reconstitution des capacités militaires du Hezbollah. Un cadre négocié en juin, sous médiation américaine, prévoyait un retrait israélien progressif en échange du désarmement du Hezbollah et du déploiement des forces libanaises, mais ce processus est au point mort. La mission successeur d’UNIFIL, envisagée comme une force d’entraînement et de conseil, pourrait ne pas assurer les mêmes fonctions de patrouille et de surveillance, ce qui soulève des inquiétudes quant à la persistance des tensions et des risques d’escalade.

Les discussions prévues à Paris, réunissant les présidents libanais et jordanien avec le président français, seront déterminantes pour définir le cadre post-UNIFIL. La France soutient une possible extension limitée de la mission, mais l’opposition d’Israël et des États-Unis complique la prolongation. L’ordre et la sécurité dans le sud du Liban dépendent désormais d’un équilibre fragile entre le renforcement de l’armée libanaise, la gestion du Hezbollah et les exigences sécuritaires israéliennes. La fin d’UNIFIL ne signifie pas seulement le retrait des casques bleus, mais aussi la disparition d’une présence internationale clé dans une région où les conflits latents restent une menace constante.

La fin programmée d’UNIFIL ouvre une période d’incertitude pour la sécurité au Liban et la stabilité régionale. Le succès d’une transition vers une nouvelle forme de présence internationale ou le renforcement de l’armée libanaise est crucial pour éviter une recrudescence des hostilités entre Israël et le Hezbollah. Le défi reste de taille : faire du Liban un État pleinement souverain et capable de garantir la paix sur sa frontière sud, sans que cette ambition ne dégénère en conflit ouvert.

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