Israéliens impliqués dans une fraude internationale de 3 milliards
Les autorités turques ont démantelé un réseau international de fraude à l’investissement, orchestré depuis la Turquie et présumé dirigé par des citoyens israéliens. L’enquête, pilotée par le bureau du procureur d’Istanbul en collaboration avec le ministère de l’Intérieur turc, les services de renseignement, la police cybercriminelle et Interpol, a abouti à l’arrestation de 191 suspects, dont neuf Israéliens. Ce réseau aurait escroqué des victimes à travers le monde pour un montant dépassant les 3 milliards de dollars.
Les procureurs turcs ont qualifié cette organisation de vaste et structurée, dirigée par des « barons de la fraude » israéliens. Ces derniers auraient nommé des gestionnaires dans plusieurs pays pour créer des sociétés écrans et des centres de services, servant de façade aux opérations frauduleuses. L’enquête a révélé que les entreprises impliquées se présentaient comme des centres de services, de conseil ou de tourisme, utilisant des plateformes telles qu’Inefex, Quantum AI, Algo Education et Exentral-Int. Par le biais de publicités sur les réseaux sociaux et moteurs de recherche, le réseau promettait des rendements élevés sur des investissements en devises étrangères et cryptomonnaies.
Le mode opératoire consistait à attirer les investisseurs avec de petites sommes avant de les inciter à transférer des montants plus importants. Les victimes étaient ensuite manipulées via des systèmes de gestion client et des représentants multilingues, convaincus de la légitimité des gains affichés, souvent fictifs. Lorsque les investisseurs tentaient de retirer leurs fonds, ils se voyaient opposer des blocages de comptes nécessitant des paiements supplémentaires pour lever les restrictions. Les fonds collectés n’étaient pas réellement investis, mais transférés vers des comptes bancaires et portefeuilles cryptographiques contrôlés par le réseau.
L’enquête a également souligné la discrétion extrême du réseau, avec des employés soumis à des tests polygraphiques, interdits d’utiliser leur téléphone au bureau et même de parler hébreu sur leur lieu de travail. Les suspects évitaient délibérément de cibler les citoyens israéliens et américains, concentrant leurs activités sur d’autres pays, notamment les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Russie et plusieurs pays européens et asiatiques. Les autorités turques ont saisi des biens d’une valeur estimée à 1,5 milliard de lires turques, incluant véhicules, propriétés et comptes financiers, et poursuivent les recherches pour interpeller d’autres suspects.
Cette affaire met en lumière les défis posés par la fraude financière transnationale et la complexité des réseaux criminels exploitant les technologies modernes. Elle souligne également l’importance de la coopération internationale dans la lutte contre ces délits, impliquant les autorités judiciaires, policières et de renseignement. La dimension israélienne de cette organisation, bien que mise en avant par les procureurs turcs, reste à préciser dans le cadre des procédures en cours.
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