Accueil International La crise irano-saoudienne a t-elle du bon pour Israël? ©

La crise irano-saoudienne a t-elle du bon pour Israël? ©

On peut faire des parallèles entre la façon dont cette crise peut affecter Israël et la façon dont la crise entre Moscou et Ankara découlant de l'action turque visant à abattre un avion russe a impacté Israël.

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 L’Iran, l’Arabie Saoudite, vus de l’angle de tir israélien

Jérusalem, lundi, observait étroitement la rupture rapide des relations entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, sachant pertinemment que les répercussions de cette crise se feront sûrement ressentir en Israël.

Yaakov Amidror, l’ancien chef du Conseil de Sécurité Nationale et, avant cela, des renseignements militaires, a déclaré au Jerusalem Post qu’il peut y avoir  deux conséquences immédiats pour Israël : 

La première, dit-il, est que la crise va prolonger la guerre civile en Syrie, où l’Iran et l’Arabie Saoudite soutiennent des forces antagonistes et la seconde est que la crise avec Riyad signifie que Téhéran aura un front supplémentaire et des points de frictions à prendre en compte, lorsque l’Iran devra prendre des décisions, y compris celles ayant trait à Israël.

Faisant référence aux tentatives de négocier un terme à la crise syrienne, Amidror, qui est à présent, chercheur principal au Centre Begin-Sadat d’études stratégiques à l’Université Bar-Ilan, déclare : « Quiconque pense qu’il sera en mesure d’apporter le calme en Syrie ne sait dans quel monde il vit. Il est évident qu’il y a tant d’huile qui a été déversée sur le feu actuellement que je ne sais pas de combien de temps on aura besoin pour l’éteindre ».

Il a éludé la question consistant à savoir si la poursuite de la guerre en Syrie est bonne ou mauvaise pour Israël, en disant que cela dépend de la façon dont on envisage la situation à la frontière Nord d’Israël.

Il y a ceux qui pensent que la situation actuelle en Syrie est mauvaise pour Israël puisque le chaos en Syrie offre une ouverture à divers éléments hostiles à Israël pour opérer directement sur les frontières du pays.

D’autres, cependant, maintiennent que le fait que le Hezbollah et l’Iran soient empêtrés dans le conflit syrien, non seulement, les affaiblit, mais les empêchent aussi de se focaliser sur Israël. Cette école de pensée soutient aussi que le guerre a supprimé la menace conventionnelle que représentait la Syrie pour Israël dans un avenir prévisible.

La deuxième retombée de la crise diplomatique entre l’Iran et l’Arabie Saoudite est que les Iraniens devront, maintenant, prendre en compte un autre point de friction dans leurs prises de décisions, dit-il.

Aucun pays n’a une énergie infinie, dit-il, et l’Iran – quand il prendra ses décisions – devra prendra en considération son conflit considérable avec l’Arabie Saoudite.

« Ils seront occupés à d’autres choses » selon lui.

« Cela ne signifie pas qu’ils ne feront rien [contre Israël]. Cela ne veut pas dire, par exemple, que cela influencera le Hezbollah [soutenu par l’Iran], et qu’il ne mènera pas d’attaque de vengeance contre Israël. Mais cela veut dire qu’à chaque fois qu’il se passera quelque chose, il y aura quelqu’un en Iran qui dira qu’ils ont d’autres problèmes auxquels penser ; nous ne seront pas le seul problème sur lequel ils concentreront toute leur énergie ».

« Le simple fait qu’ils ont une autre source de friction n’est pas mauvais en soi pour Israël », déclare Amidror, ajoutant qu’on peut faire des parallèles entre la façon dont cette crise peut affecter Israël et la façon dont la crise entre Moscou et Ankara découlant de l’action turque visant à abattre un avion russe a impacté Israël.

Sans aller jusqu’à dire que la crise avec Moscou a conduit au récent assouplissement de la position du Président turc Recep Tayyip Erdogan envers Israël, il a affirmé que c’était un des facteurs qui a conduit à un changement de ton, parce que la Turquie doit considérer d’autres sources potentielles de friction.

La même chose va probablement se produire avec les Iraniens, selon lui.

Amidror a ajouté qu’un autre résultat probable du conflit actuel sera que « Quand l’Arabie Saoudite regarde autour d’elle et se demande où sont ses alliés, ils ne trouvent pas une liste aussi longue que cela ».

Interrogé pour savoir si, en conséquence de cela, il peut imaginer un scénario où l’Arabie Saoudite se tournerait vers Israël pour lui demander de l’aide en matière de renseignements ou de logistique, afin de faire face à la menace iranienne, Amidror déclare qu’il « n’a rien d’intelligent » à dire en la matière.

Il affirme, en revanche, qu’il ne voit pas comment la crise irano-saoudienne actuelle pourrait avoir le moindre impact sur le processus diplomatique avec les Palestiniens.

Le Premier Ministre Benjamin Netanyahu a déclaré, par le passé, que la convergence d’intérêts entre Israël et les Etats arabes modérés de la région pourrait – en faisant en sorte qu’ils fassent pression sur les Palestinens pour qu’ils adoptent des positions plus flexibles – avoir un impact positif sur les efforts de paix avec les Palestiniens.

« Il existe un énorme écart entre les sentiments de la rue arabe concernant la question palestinienne et la compréhension des dirigeants arabes de ce problème. Ce que comprennent les dirigeants de tous les pays arabes est que le problème palestinien n’a aucun impact sur la situation réelle au Moyen-Orient et dans tous les pays du Moyen-Orient, excepté peut-être,pour la Jordanie, où une plus grande partie de la population est palestinienne », explique t-il.

« Mais excepté pour la Jordanie, il n’y a pas un seul Etat qui pense que ce que nous faisons ou pas avec les Palestiniens influencera son destin, sa situation, ses problèmes, apportera des solutions qui lui sont appropriées et que cela changera quoi que ce soit aux sentiments de la rue », dit-il. « La conséquence est qu’il existera toujours un écart entre ce que les dirigeants peuvent faire en public et ce qu’ils peuvent faire avec Israël sous les radars (loin des regards) ».

jpost.com

Adaptation : Marc Brzustowski.

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