Judaïsme unifié de la Torah ; il nous a menti
La formation du prochain gouvernement israélien connaît un tournant majeur avec la décision de Yahadout HaTorah, parti ultra-orthodoxe, de ne pas recommander Benjamin Netanyahu comme Premier ministre. Cette décision, qui marque un changement notable dans les relations entre le parti et Netanyahu, résulte de tensions internes et d’interventions de figures religieuses influentes.
Depuis les élections législatives, Netanyahu et ses alliés ont exercé des pressions répétées sur Yahadout HaTorah pour obtenir leur soutien. Le président du parti, Yaakov Asher, avait initialement été convaincu de recommander Netanyahu, considérant cela comme un geste symbolique sans engagement ferme, tout en maintenant des négociations parallèles avec d’autres acteurs politiques, notamment Gadi Eisenkot.
Cependant, cette dynamique a été bouleversée par l’intervention du rabbin Dov Lando, leader spirituel de Degel HaTorah, qui a fermement rejeté l’idée de soutenir Netanyahu. Selon lui, le Premier ministre aurait trompé le parti lors de son précédent mandat, rendant toute recommandation impossible. Cette opposition a été déterminante, conduisant Yahadout HaTorah à se présenter sans candidat recommandé lors des consultations présidentielles.
Parallèlement, Meir Porush et Elyakim Stark, représentants de la faction Humat Torah au sein du parti, avaient reçu des directives initiales des rabbins pour soutenir Netanyahu. Une conversation entre le rabbin Lando et les rabbins a toutefois annulé cette consigne, renforçant la position collective de ne pas appuyer Netanyahu.
La décision a été communiquée au président Isaac Herzog, avec l’explication que le parti suit strictement les instructions des rabbins, sans s’engager envers aucun bloc politique pour l’instant. Cette posture reflète aussi des divisions internes, illustrées par l’absence de Meir Porush lors des consultations, perçu par certains comme un acteur clé dans les négociations futures.
Le refus de Yahadout HaTorah de soutenir Netanyahu traduit un changement stratégique, motivé notamment par des préoccupations liées au statut des étudiants en yeshiva et à la question du service militaire des ultra-orthodoxes. Le parti cherche à préserver ses intérêts spécifiques, notamment en matière de loi sur l’exemption du service militaire, un enjeu central dans les discussions gouvernementales.
Cette position ouvre la porte à une possible collaboration avec le bloc de changement dirigé par Eisenkot, bien que des divergences subsistent, notamment sur la nature de cet appui et sur les modalités d’intégration au gouvernement. La position d’Avigdor Lieberman, chef d’Israël Beiteinu, qui ne rejette pas une coopération sous conditions, complique davantage le paysage politique.
En somme, Yahadout HaTorah adopte une posture prudente et stratégique, refusant de s’engager prématurément, tout en maintenant la pression sur les futurs partenaires pour garantir la protection de ses intérêts religieux et sociaux. Cette décision pourrait influencer significativement la composition et la stabilité du prochain gouvernement israélien.
Jforum.fr
![]() |
![]() |





































