Israël face à une escalade de la guerre menée par l’Iran

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Photo : un F-35 de l’armée de l’air israélienne. (Source image : Israël Air Force / Wikimedia Commons)

Israël face à une escalade de la guerre par procuration que l’Iran mène contre lui

par Con Coughlin  •  2 septembre 2019

  • Qu’Israël juge nécessaire d’attaquer des cibles aussi éloignées de ses frontières immédiates, sa traditionnelle zone d’opérations militaires, témoigne de l’escalade alarmante de la menace que l’Iran fait peser sur la sécurité de ce pays.

  • Plus tôt cette semaine, au Liban, un drone israélien aurait bombardé une base palestinienne financée par l’Iran. Des avions de guerre israéliens auraient également bombardé des bases militaires iraniennes à la périphérie de Damas, la capitale syrienne.
  • Il serait inacceptable que Washington s’asseye à la même table que les Iraniens au moment où l’Iran menace la sécurité de son plus proche allié au Moyen-Orient.

Des responsables militaires américains ont reconnu que des avions de combat israéliens avaient mené une attaque contre une base militaire iranienne en Irak, confirmant ainsi l’ampleur alarmante prise ces dernières semaines par ce qu’il est convenu d’appeler la guerre par procuration que Téhéran mène contre Jérusalem.

Selon des responsables des service de sécurité israéliens qui ont requis l’anonymat, la base militaire située dans la province de Salaheddin, au nord de l’Irak, a été prise pour cible, car elle servait à assembler des missiles iraniens de moyenne portée capables de frapper Israël.

La menace a été jugée si importante que l’Etat major a décidé un audacieux raid de bombardement qui a obligé les avions de combat furtifs F-35 à pénétrer l’espace aérien saoudien. Il est difficile de savoir si les Saoudiens, qui s’opposent à l’ingérence de l’Iran en Irak mais n’ont pas de relations diplomatiques avec Israël, ont autorisé les avions de combat israéliens à pénétrer leur espace aérien.

L’attaque a eu lieu le 19 juillet. La base militaire ciblée était sous le contrôle d’un groupe de milices locales chiites appelées Forces de mobilisation populaires, toutes parrainées par l’Iran. A l’issue des bombardements, deux officiers du corps des Gardiens de la révolution islamique, ainsi que plusieurs combattants du Hezbollah, milice libanaise soutenue par l’Iran, ont été tués.

À ce jour, Jérusalem n’a pas revendiqué l’attaque. Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, y a lourdement fait allusion en divers épisodes de la campagne qu’il mène actuellement en vue de sa réélection le 17 septembre. « Nous allons approfondir nos racines et frapper nos ennemis » aurait déclaré Netanyahu, lors d’une réunion de planification qui a eu lieu à Jérusalem en début de semaine.

L’ampleur de l’intervention israélienne a été confirmée par les États-Unis, qui comptent 5 000 soldats basés en Irak.

Exceptée l’opération Babylone, nom de code du raid mené en 1981 contre le réacteur nucléaire Osirak construit par le dictateur irakien Saddam Hussein dans le cadre de sa tentative d’acquérir des armes nucléaires, c’est la première fois que des avions de guerre israéliens attaquent des cibles en Irak.

Qu’Israël ait jugé nécessaire d’attaquer des objectifs aussi éloignées de ses frontières immédiates, sa traditionnelle zone d’opérations militaires, témoigne de la menace alarmante que l’Iran fait peser sur sa sécurité.

Le raid irakien a eu lieu également à un moment où Israël mène des opérations anti-iraniennes sur un front très élargi. La semaine dernière, au Liban, un drone israélien a bombardé une base palestinienne financée par l’Iran. Des avions de guerre israéliens auraient également bombardé des bases militaires iraniennes à la périphérie de la capitale syrienne, Damas.

L’intensification de l’activité militaire israélienne est le reflet de la hausse constante des menaces que l’Iran fait peser sur l’État juif et des risques qu’Israël est prêt à prendre pour assurer la sécurité de ses citoyens.

Ces péripéties militaires mettent à mal l’idée émise au récent sommet du G7 à Biarritz que l’Iran est engagé dans des pourparlers secrets en vue de reprendre les négociations sur son accord nucléaire.

Les rumeurs d’une avancée diplomatique entre Washington et Téhéran ont surgi à l’arrivée-surprise à Biarritz du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. Ce dernier avait apparemment été invité par le président français Emmanuel Macron.

L’événement a amené Donald Trump à suggérer qu’il était prêt à rencontrer son homologue iranien, le président Hassan Rouhani, si les circonstances le permettaient.

Mais la perspective d’une telle réunion s’est rapidement éloignée. Le dirigeant iranien s’est empressé de déclarer qu’une telle rencontre n’aurait lieu que si Washington mettait fin aux sanctions qui punissent son pays, préalable auquel personne de l’administration Trump ne saurait souscrire.

L’idée que Washington s’assoit à la même table que les Iraniens au moment où l’Iran menace la sécurité de son plus proche allié au Moyen-Orient serait déraisonnable.

La réalité est qu’aucun dialogue constructif sur le nucléaire iranien ne peut s’engager entre Washington et Téhéran tant que l’Iran reste fidèle à sa très ancienne stratégie de destruction totale de l’État juif.

Con Coughlin est le rédacteur en chef de la Défense et des Affaires étrangères du Daily Telegraph et Distinguished Senior Fellow du Gatestone Institute.

fr.gatestoneinstitute.org

8 COMMENTS

  1. Macron et merkel continuent à faire les sourds et les aveugles. Du moment qu’ils font des affaires avec ces terroristes. DEGUEULASSE
    ROSA

  2. The Islamic (SuShi) world can best be judged at the UN. All the Islamic states systematically vote against Israel. IL has NO friends out there. The rest is meaningless.

  3. Il y a des points curieux dans cette affaire, en supposant la véracité des faits relatés.
    -d’abord les iraniens établissent des bases militaires à ciel ouvert, manifestement non protégées des attaques de la Force aérienne Israélienne, ce qui fait qu’Israël peut les anéantir à souhait et témoigne d’une faible réflexion stratégique et tactique.
    -ensuite, une fois qu’Israël a détruit leurs bases, les iraniens ne contre-attaquent pas en bombardant Israël.

    Conclusion: non seulement la stratégie iranienne d’attaquer Israël à partir du Liban, Syrie et Irak est manifestement nulle, mais de plus les iraniens ne répondent même-pas aux gifles qu’Israël leur donne, ce qui prouve qu’ils ne sont même-pas capables de se défendre face aux attaques Juives. Il y a des pays qui auraient déclenché la guerre totale pour un seul tué, donc parler de “menace iranienne” et d’ “escalade de guerre” me paraît un peu exagéré.

    • Personne n’Est dupe si les iraniens laissent faire c’est que cette base n’est sûrement pas opérationnelle il est dangereux de sous estimer son ennemi ces cibles faciles ne sont que des leurres.
      Ces mollahs veulent notre destruction il ne faut pas minorer la menace Restons le doigt sur le bouton ou la gâchette à minima.

      • @Shelomo
        Je suis le premier à affirmer l’importance de ne jamais sous-estimer l’ennemi, mais de là à prétendre qu’il s’agirait d’un leurre quand l’Iran ne réplique pas à la mort de ses soldats sous les bombardements israéliens en Syrie, non! Si les iraniens avaient une force aérienne capable de bombarder Israël, ils l’auraient fait depuis déjà des années. Donc s’ils ne répliquent pas quand ils perdent des hommes sous les bombardements israéliens, ce n’est pas pour leurrer l’ennemi au prix fort, c’est parce qu’ils font dans leur froc. A l’idée même d’attaquer Israël de face, ils commencent à pâlir et ont les clochettes qui leurs remontent jusqu’à la gorge. D’autres peuples auraient déjà déclenché un carnage de guerre totale pour le moindre de ses soldats tué. Cela fait plusieurs décennies que les mollahs font du bruit avec la langue, mais où sont les actes? Grandes gueules et pissent pas loin? Il ne faudrait-pas non plus délirer dans la surestimation des iraniens. Ils ont une telle fierté qu’à la moindre pichenette de Trump ils vont pleurer auprès de toute la communauté internationale. Quels vaillants guerriers!

        • En aucun cas je souhaite les valoriser mais je me souviens de ce que ces barbares ont fait lors de la guerre avec l’irak.
          Je dis que la meilleure façon de les vaincre c’est de les estimer à leur juste valeur de nuisance.

          • @Shelomo
            “leur juste valeur de nuisance”‘ n’est pour le moment toujours pas évidente, car à la moindre pichenette ils courent pleurer dans le gilet de Macron, Merkel, Poutine, et tutti-quanti. Si vous appelez cela des guerriers, moi je les qualifie de tocards ayant la paille-au-cul.

            Les Juifs ne parlent-pas, ni n’annoncent ce qu’ils vont faire, ils agissent. Les iraniens font du bruit depuis des décennies, annoncent au Monde entier qu’ils lancent des missiles à longue portée, qu’ils vont désintégrer la planète, mais nous attendons toujours les actes annoncés.

            La seule chose qui compte ici est que les choses soient faites. Ce que retiendra l’Histoire ne sont pas les menaces et annonces des iraniens, ce seront les choses tangibles qu’ils auront laissées derrière-eux. Et n’hésitez-pas à me préciser quelles choses tangibles ces forts en gueule ont-ils réalisées contre Israël depuis plusieurs décennies?

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